18 MAI 1804 (28 FLOREAL AN XII)

Pour parler ici des habitudes de l'homme Napoléon, de ses préférences et de ses aversions, mais aussi de ses proches, des familiers, des contemporains, des militaires.
Pour aborder les habitudes, les grands évènements, le mode de vie...
Pour poser vos questions sur la période du Premier Empire.
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18 MAI 1804 (28 FLOREAL AN XII)

Message par La Bédoyère » 18 mai 2008 19:18

Cette journée est celle du 204ème anniversaire du senatus consulte qui confère le titre d'empereur héréditaire des Français à Napoléon Bonaparte.


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Message par CC » 18 mai 2008 19:32

Un grand moment mais que tout le monde ne considère pas comme étant le meilleur.
Cela l'a mis sur la pente vers le "sommet" d'où Napoléon n'a plus écouté les conseils de personne et n'a même plus écouté son coeur, se retranchant derrière "la raison d'état".

"Il n'est qu'un homme comme les autres" dira Beethoven en rayant sa dédicace de la 3e symphonie - la très belle symphonie héroïque.
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Message par La Bédoyère » 18 mai 2008 20:38

Non CC,

En 1804 nous n'en sommes pas encore là. Le régime est jeune. Joséphine est l'impératrice!

C'est à partir de 1809 que cela change.
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Message par CC » 18 mai 2008 20:48

C'est cependant en 1804 que Beethoven barre Bonaparte de sa dédicace.

Et c'est bien alors qu'il commence à monter cette pente qui lui sera fatale.

Comme tu le dis: nous n'en sommes pas encore là.
Mais on en est à l'installation.
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Message par La Bédoyère » 18 mai 2008 21:04

CC, comtesse d'Anderlecht!

Beethoven ne représente pas tout le monde!
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Message par CC » 18 mai 2008 21:06

:lol: Exact! ;)
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Message par Frédéric Staps » 18 mai 2008 21:44

La Bédoyère a écrit :Beethoven ne représente pas tout le monde!
Tout le monde n'est en effet pas aussi lucide. :(
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Message par La Bédoyère » 19 mai 2008 5:19

Bonjour Pierre,

Mais non Pierre, en 1804, c'est encore la paix...ce n'est qu'un an plus tard que la troisième Coalition va ouvrir les hostilités.

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Message par Frédéric Staps » 19 mai 2008 5:29

En 1804, Napoléon prépare sa guerre d'invasion contre l'Angleterre. On ne peut pas dire que c'est la paix.
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Message par Surcouf35 » 19 mai 2008 14:48

Absolument, rompant par la même le traité d'Amiens - même siu les Anglais l'y ont un peu aidé...- Il n'empêche que la phrase de Beethoven est hautement réaliste effectivement : En se faisant sacré empereur, Napoléon entre dans la cour d'où il voulait déloger la canaille...Nous aurons bientôt des en-tête au nom de "A sa majesté impériale, Tsar de toutes les Russies, Monsieur mon Frère"...Désolant...
Ce senatus consult est l'arrêt de mort de la révolution...
La parole a été donnée à l'homme afin de masquer sa pensée et le regard afin de dissimuler ses paroles
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Message par Frédéric Staps » 19 mai 2008 17:32

Dans son dernier roman, Le Comte de Saint-Hermine, Alexandre Dumas met dans la bouche de Fouché des paroles qui reflètent sans doute assez bien sa pensée :
Prenez garde, avait dit son ministre de la Police, si vous rétablissez la royauté, vous aurez travaillé pour les Bourbons, qui remonteront un jour ou l'autre sur le trône que vous aurez relevé. Personne n'oserait prophétiser par quelle série de chances, d'événements, de cataclysmes il faudra passer pour atteindre un pareil résultat ; mis il ne faut que de l'intelligence pour juger combien ces chances seront longtemps à redouter pour vous et votre successeur. L'ancien régime, et vous y allez grand train, sinon pour le fond, du moins pour la forme, l'occupation du trône ne sera plus qu'une question de famille, et non plus une question de gouvernement. S'il faut que la France renonce à la liberté conquise pour rentrer sous le bon plaisir monarchique, pourquoi ne préférerait-elle pas l'ancienne race de ses rois qui lui a donné Henri IV et Louis XIV, tandis que vous ne lui aurez donné, vous, que le despotisme du sabre ?
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Message par CC » 19 mai 2008 17:45

Je ne sais si Fouché réellement dit cela - peut-être que oui. Mais en tout cas, c'est judicieux en plus d'être visionnaire.

l'occupation du trône ne sera plus qu'une question de famille, et non plus une question de gouvernement

C'est la logique pourtant - et ça n'a frappé personne (hormis peut-être Fouché). :|
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Message par La Bédoyère » 19 mai 2008 19:15

Bonsoir tout le monde!

Fouché a, en tout cas, bien profité de l'Empire...le titre de duc d'Otrante est toujours porté par une branche suédoise de la descendance de Fouché qui fait partie de l'actuelle haute aristocratie suédoise.

La guerre avec l'Angleterre était inévitable...La Grande Bretagne luttait contre la France au cours de la Révolution, pourquoi cela aurait-il changé?

Il n'y a pas en 1804, ce qui sera peut-être l'une des raisons du déclin de l'Empire, cette certitude pour Napoléon d'être invincible...A partir de 1809, il se sent par contre invincible.

Lors du début de la campagne de 1805, les Coalisés considèrent l'armée française comme une armée de va nu pieds, ils ont la même vision que sous la Révolution...le régime impérial est encore fragile.

Par ailleurs, les dirigeants du Directoire représentent-ils vraiment la Révolution ou la République? Voilà une question.

Chacun a sa vision. A titre personnel la Révolution est morte le 9 Thermidor. Que se passe-t-il ensuite? Un pouvoir se qualifiant de républicain et qui cherche son équiibre entre sa droite et sa gauche, avec une seule obsession : garder les biens nationaux à tout prix!

Robespierre représente la Révolution, mais non pas Barras, Tallien et cie.

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Message par Frédéric Staps » 19 mai 2008 20:11

La Bédoyère a écrit :Fouché a, en tout cas, bien profité de l'Empire...le titre de duc d'Otrante est toujours porté par une branche suédoise de la descendance de Fouché qui fait partie de l'actuelle haute aristocratie suédoise.
J'ai mentionné que c'était dans la bouche de Fouché que Dumas avait mis ces paroles, mais je ne suis absolument pas certain qu'il les ait vraiment prononcées. A moins que quelqu'un puisse confirmer par une autre source que Fouché a vraiment dit cela à Napoléon, je pencherais plutôt pour l'hypothèse que Dumas s'est amusé à mettre dans la bouche du méchant de son histoire ses propres réflexions. C'est le genre de pied de nez à ses lecteurs que seul le romancier peut se permettre et j'imagine bien Dumas se donnant ce plaisir. (Et puis ayant lu ce passage du roman dans le train ce matin, je n'ai pas résisté au plaisir de le citer le jour même où je l'avais lu.)
La Bédoyère a écrit :La guerre avec l'Angleterre était inévitable...
Dans la mesure où la seule paix acceptable pour Napoléon était une paix victorieuse, la guerre était sans doute inévitable puisqu'il n'a jamais réussi à vaincre l'Angleterre et donc à lui dicter des conditions de paix drastiques comme il l'a fait avec les autres pays européens.
La Bédoyère a écrit :La Grande Bretagne luttait contre la France au cours de la Révolution, pourquoi cela aurait-il changé?
Waterloo met fin à la dernière guerre entre la France et la Grande-Bretagne. Désormais, quand ces deux pays participeront tous les deux à une guerre, ils seront alliés. Pourquoi ? Qu'est-ce qui a changé ? A part que la France a à partir de cette date renoncé aux conquêtes en Europe ?
La Bédoyère a écrit :Il n'y a pas en 1804, ce qui sera peut-être l'une des raisons du déclin de l'Empire, cette certitude pour Napoléon d'être invincible...
C'était pourtant l'époque où il était invaincu.
La Bédoyère a écrit :A partir de 1809, il se sent par contre invincible.
Et c'est plus ou moins à partir de cette date qu'il connaît ses premiers revers.
La Bédoyère a écrit :Lors du début de la campagne de 1805, les Coalisés considèrent l'armée française comme une armée de va nu pieds, ils ont la même vision que sous la Révolution...
Vous êtes sûr ?
La Bédoyère a écrit :Par ailleurs, les dirigeants du Directoire représentent-ils vraiment la Révolution ou la République? Voilà une question.
Pendant tout un temps, Bonaparte a été le meilleur soutien du Directoire. C'est lui qui le sauve le 13-Vendémiaire. C'est encore lui qui soutient le coup d'Etat du 18-Fructidor.
La Bédoyère a écrit :Robespierre représente la Révolution, mais non pas Barras, Tallien et cie.
A partir d'un certain moment, la Révolution se transforme en une bagarre pour garder ou conquérir le pouvoir. C'est sous Robespierre que ce déchaînement de violence connaît sa plus forte intensité. Faut-il vraiment regretter que les Thermidoriens aient réduit (sans vraiment la faire disparaître complètement) cette violence ?
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Message par La Bédoyère » 19 mai 2008 21:01

Je suis heureux que le nom de Dumas apparaisse...c'est lui qui m'a fait aimer l'Histoire, j'ai envers lui une dette éternelle...et de plus j'admire son père, le général, qui a été victime de ce que vous savez (sujet hyper brûlant abordé à plusieurs reprises...)

remarquez bien que Fouché aurait pu parler ainsi...il était assez cynique, mais je n'arrive pas à le détester complètement (il a tenté d'aider Ney avant son arrestation...)

Je suis d'accord avec vous sur le principe de paix victorieuse pour Napoléon. Mais l'Angleterre veut pouvoir assurer la liberté de son commerce, et ses activités commerciales dépendaient non seulement de la maîtrise des mers, mais également de la tranquillité du continent. Donc avec ce pays c'était une guerre au finish! C'était donc une guerre à mort!

Justement la plus célèbre des alliances franco-anglaises : la guerre de Crimée...La Russie, par son envie de contrôler les lieux saints et de pénétrer en Méditerranée a inquiété la Grande Bretagne et la France.

En 1804, nous sommes à quatre ans de Marengo, bataille gagnée de justesse, la campagne de 1805 ne peut être perdue, l'Empire n'est pas encore solide...

1809 : difficile campagne d'Autriche : Essling lourde bataille, coûteuse, Wagram, deux jours de combats..., les Autrichiens 1809 se sont améliorés depuis Austerlitz. Napoléon gagne.

Mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise, il se sent important, malgré le guêpier espagnol, l'Europe lui obéit...Et là, personnellement, je trouve que c'est la période de la "grosse tête"...à partir de 1813, nous le retrouvons jusqu'à Waterloo celui qui joue tout sur une bataille...le général en chef de la première campagne d'Italie, d'Austerlitz...mais le pays est fatigué.

Oui, les puissances monarchiques n'avaient que mépris pour l'armée française de 1805, l'état major austro russe était sûr de lui à Austerlitz, et ce malgré les erreurs précédentes comme Ulm.

Oui, bien sûr Bonaparte comme les autres généraux ont servi le Directoire, tout en sachant ce régime discrédité.

La Terreur n'st pas imputable au seul Robespierre. Son principal organe, le Comité de Salut Public était un centre de décision collégial. Lorsque Girondins, Hébertistes et Dantonistes sont décrétés d'accusartion c'est ce Comité qui en prend la décision...donc Robespierre, mais aussi Barére, Billaud-Varenne, Carnot, Lindet, Couthon, Saint-Just,etc...et de plus une partie non négligeable des Thermidoriens sont....des terroristes : Collot d'Herbois, Tallie, Fouché...

Robespierre avait une vision idéalisée de la Révolution, ses adversaires,eux-mêmes, le reconnaissaient comme l'Incorruptible...Mais peut-être que dans sa quête de vertu, il soit devenu sanguinaire, mais c'est un point qui concerne plus la psychiâtrie.

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