Napoléon était-il trop gentil?

Pour parler ici des habitudes de l'homme Napoléon, de ses préférences et de ses aversions, mais aussi de ses proches, des familiers, des contemporains, des militaires.
Pour aborder les habitudes, les grands évènements, le mode de vie...
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CC
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Napoléon était-il trop gentil?

Message par CC » 13 mars 2007 18:38

Non non, je ne suis pas Régis! :wink:

Mais voyez plutôt:
Taine a écrit :«Quelle contrainte insupportable il exerce, de quel poids accablant son arbitraire pèse sur les dévouements les mieux éprouvés et sur les caractères les plus assouplis, avec quel excès il foule et froisse toutes les volontés, jusqu'à quel point il comprime et il étouffe la respiration de la créature humaine!"
Arthur-Lévy a écrit : Tout au contraire, ce fut la grande lacune du caractère de Napoléon dans son rôle de chef, ce fut la cause, sinon initiale, du moins efficiente, de ses plus grands revers, que de n'avoir pas su toujours imposer une inflexible autorité à son entourage immédiat, que de n'avoir pas eu le courage de briser brutalement les résistances sourdes ou avouées de ceux qu'il avait gorgés de richesses et d'honneur que de n'avoir su ni froisser, ni fouler, ni comprimer, ni étouffer.

Deux explications opposées pour expliquer la même chute.

A votre avis: trop gentil ou trop méchant?

_______________________

Perso, sans utiliser les termes de "gentil" ou "méchant", j'ai quand même comme une vague impression que Napoléon ne devait pas trop laisser respirer son entourage. :|
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bbea53
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Message par bbea53 » 13 mars 2007 19:38

A votre avis: trop gentil ou trop méchant? CC

A mon humble avis ,ni gentil ni méchant .

Un homme d'état tel que Napoleon ne pouvait pas être gentil ni méchant ,du moins ces qualificatifs ne correspondent pas à la réalité . Ils conviendrait plutôt de parler de générosité et de rigueur impitoyable .
Même si un livre est paru avec un titre aussi modérateur que "les clémences de Napoleon " ne nous y trompons pas .Napoleon était un chef d'état ,avec tout ce que cela entend !

Impitoyable en Egypte ,Italie ,et génèreux parfois avec ses prisonniers de guerre comme aprés le 2 Décembre 1805 .
Impitoyable encore quand pour SA "raison d'état" on assassine le duc d'Enghien et qu'on exécute Staps ,en faisant croire qu'il aurait été épargné s'il s'était repenti .

Mais "dictateur" dans son entourage militaire ou civil !
La défaite de Waterloo est en fait une conséquence de ce caractère "étouffant"
Les officiers n'étant pas habitués à l'initiative ,exécutant toujours les ordres impériaux sans donner leur avis ont été dépassés pour les manoeuvres de guerre en 1815 !
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 13 mars 2007 21:36

En fait, ces deux explications ne sont pas si opposées qu'on pourrait le croire au premier abord.
Taine parle-t-il des opposants, des ennemis ou des Français ordinaires ? Ce n'est pas tout à fait clair. Il est certain toutefois qu'il ne parle pas des proches de Napoléon. A l'inverse, Arthur-Lévy parle de la faiblesse de Napoléon à l'égard de son entourage.
Or qu'un chef d'Etat autoritaire ait des complaisances coupables à l'égard de ses proches, c'est quelque chose d'extrêmement classique. C'est même une des dérives habituelles des dictatures.
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CC
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Message par CC » 15 mars 2007 13:03

Il n'est pas précisé de qui parlait Taine ni à quel propos ce passage a été écrit.
Arthur-Lévy s'oppose à cette affirmation sans situer la citation dans son contexte d'origine. :(

D'après le contexte du chapitre et le développement de Levy, il s'agit de définir la raison des divers retournements de veste.
Selon Taine, c'est parce que Napoléon était trop contraignant et qu'il étouffait son entourage.
Selon Levy, c'est parce que Napoléon n'a pas été assez autoritaire et qu'il a de ce fait laissé s'épanouir les résitances qui ont fini par prendre trop d'ampleur.
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Message par Frédéric Staps » 15 mars 2007 19:02

On attribuera les considérations ridicules d'Arthur-Lévy au fait qu'ayant écrit avant la Seconde Guerre mondiale, il n'était pas vraiment capable de mesurer jusqu'à quel degré d'horreur l'abus d'autorité pouvait mener.
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Message par Joséphine » 18 mars 2007 11:08

Moi je pense qu'il y a eu de tout temps des abus d'autorité, il n'a pas été besoin d'attendre l'époque que certains d'entre nous ont connue pour découvrir cela. Donc, je ne vois pas en quoi ce que dit d'Arthur-Lévy est ridicule.
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Message par Frédéric Staps » 18 mars 2007 12:45

En fait, les propos d'Arthur-Lévy ne sont pas ridicules mais imbéciles. J'ai employé un euphémisme "politiquement correct" pour me conformer aux règles en vigueur sur les forums.
L'époque où il écrit est celle qui va voir triompher dans divers pays des régimes autoritaires dont le fascisme en Italie et le nazisme en Allemagne (mais on trouve également des mêmes courants de pensée dans les pays "démocratiques" comme la France, la Belgique, les Etats-Unis ou l'Angleterre). En affirmant que Napoléon aurait dû se montrer plus autoritaire et plus brutal afin d'éviter ses plus grands revers, Arthur-Lévy regrette dans une certaine mesure qu'il ne se soit pas montré aussi brutal que Mussolini ou Hitler. :rouge:
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Message par CC » 18 mars 2007 13:17

Voilà un jugement sans appel :diable:
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 18 mars 2007 20:15

Bien souvent, sur les forums napoléoniens, les jugements sans appel concernent ceux qui ont le mauvais goût de dire qu'il pourrait exister des points communs entre Napoléon et Hitler.
Il me semble donc que l'on peut porter un jugement sans appel concernant quelqu'un qui estime que Napoléon aurait bien fait en se montrant aussi brutal qu'Hitler. :roll:
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Message par CC » 18 mars 2007 20:44

C'est vous qui parlez d'Hitler, Pierre, pas Arthur-Levy.

On peut être autoritaire sans tomber dans cet excès. :wink:
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Message par Frédéric Staps » 18 mars 2007 20:56

Forcément. Arthur-Lévy (qui devait sans doute être d'origine juive) ne pouvait pas parler d'Hitler dans un livre dont l'une des premières éditions date de 1893.
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