LESUEUR Jean-François (1760-1837) Musicien.

La figure de Napoléon a tendance à faire de l'ombre aux autres personnages de son époque. Cette rubrique est destinée à leur faire une place.
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La Bédoyère
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LESUEUR Jean-François (1760-1837) Musicien.

Message par La Bédoyère » 29 juil. 2008 21:32

Jean-François Le Sueur (ou Lesueur), musicien officiel de l'Empire, vit le jour le 15 février 1760 dans le village de Drucat-Plessiel, près d'Abbeville dans la Somme. Il est issu d'un famille de paysans pauvres.

Remarqué par ses dons exceptionnels pour la musique, le jeune Jean-François bénéficie de l'enseignement gratuit dispensé par l'Eglise dans les maîtrises des cathédrales d'Abbeville de 1767 à 1770 et d'Amiens de 1770 à 1776. Après une année d'étude passée au collège des Jésuites d'Amiens, il est ma^tre de chapelle à Sées en 1778, à Dijon en 1779, au Mans en 1782 et à tours en 1783.

Après avoir adressé un de ses oratorios à Grétry, celui-ci lui répond : "Venez à Paris, votre place est parmi les grands compositeurs".

Il sa fait connaîtrre du public parisien en faisant exécuter en 1782-1783 quelques une de ses oeuvres au Concert spirituel (concert, autorisé par l'Eglise, organisé aux Tuileries pendant la fermeture des théâtres au moment des fêtes religieuses).

Sur la recommandation de Grétry, Gossec et françois Philidor, il est appelé, en 1784, Paris où il est nommé à la tête de la maîtrise des Saints Innocents. En 1786, il remporte le concours de maître de chapelle de Notre-Dame de Paris qui est la plus prestigieuse après celle de Versailles.

Ses messes et oratorios attirent l'attention, mais tout en créant la contreverse. il a ses idées sur la musique d'église qu'il développe dans ses deux ouvrages de 1787 "Essai de musique sacrée" et "Exposés d'une Musique une, imitative et particulière à chaque Solennité". Face aux critiques du châpitre de Notre-Dame, il abandonne sa fonction de maître de chapelle de la cathédrale de Paris pour revenir à la vie laïque à l'automne 1787.

Sous la Révolution, il compose des hymnes joués lors des grandes fêtes patriotiques. La protection de son ami Bochard de Champigny lui permet de s'orienter vers le théâtre.

Il obtient un très grand succès pour ses trois premières oeuvres "La Caverne" en 1798, "Paul et Virginie" en 1794 et "Télémaque" en 1796.

L'année 1795 voit sa nommination d'inspecteur membre du Comité d'Enseignement du Consevatoire de Musique.

En 1800, le premier Consul le remarque pour son Chant du Premier vendémiaire exécuté aux Invalides et qui est une oeuvre gigantesque (quatre orchestres et quatre choeurs répartis dans l'église). berlioz reprendra cette disposition, dans cette même église, pour son Requiem, le 5 décembre 1837, pour les funérailles du général Damrémont.

Victime d'une cabale en 1802, il perd son poste d'inspecteur de l'Enseignement au Conservatoire de la Musique et ses ennemis tentent de lui fermer l'accès du Grand Opéra de Paris, pour ses deux nouvelles oeuvres : Ossian et La Mort d'Adam.

Après la signature du Concordat, le premier Consul fait réouvrir une chapelle au palais des Tuileries et dont la maîtrise est assurée par le compositeur napollitain Giovanni Païsiello
(1741-1816), très apprécié de Bonaparte. Face l'hostilité des compositeurs français et d'une intrigue montée par Méhul (1763-1817), Païsiello retourne à Naples. il laissait à Paris deux oeuvres : la Messe Solennel et un Te Deum composés pour le sacre de l'Empereur, le 2 décembre 1804.

Lesueur est choisi pour lui succéder. il compose, en vue du couronnement de Napoléon une Marche du Sacre. lors de cette cérémonie, les oeuvres de trois compositeurs sont jouées : Païsiello (Messe Solennelle et Te Deum), Lesueur (Marche du Sacre, Unxerunt, Salomonen, Acciagere Gladio, le Judicablt et le Veni Sancti Spiritus) et l'abbé Roze avec son Vivat, vivat in aeternum.

Grâce la protection de Napoléon, il peut faire jouer à l'Opéra (devenu l'Académie impériale de Musique) son opéra Ossian ou les Bardes. Cette oeuvre connut un grand succès et fut interprétée plus de cent fois jusqu'à la Restauration. depuis la fin du XVIIIème siècle la légende d'Ossian, héros et barde écossais, est un immense succès. Elle souleva l'enthousiasme de Goethe, Châteaubriand, Mme de Staël et Napoléon.

Le 13 juillet 1804, Napoléon assiste une représentation de cet opéra de Lesueur. La duchesse d'Abrantès, grande mélomane, qui assistait à cette représentation, écrit au sujet du décor : " Je n'ai jamais rien vu qui m'ai fait tant d'impression que la magnifique décoration des Bardes". et sur le spectacle : "On se trouvait au milieu d'un monde nuageux, entouré de vapeurs qui entouraient d'elles-mêmes des malais d'or suspendus dans les airs. Ces colonnes servant d'appui à des groupes de jeunes filles dont dont les voiles blancs, les blondes chevelures, se mariant aux vaporeux nuages."
A l'entracte , Lesueur est complimenté par Napoléon. A la suite de cette représentation, il reçoit la Légion d'honneur, une gratification de 18000 francs et une tabatière portant l'inscription : "L'Empereur des Français à l'auteur des Bardes" .

Le 3 juin 1806, il épouse Mlle Jamart de Courchamps, fille d'un directeur de l'Enregistrement et des domaines. Le contrat de mariage porte la signature de l'Empereur et de l'Impératrice. Cette faveur ne fut jamais accordée à un autre artiste.

En 1807, c'est la représentation de l'Inauguration du temple de la Victoire, célébrant les victoires de Napoléon, puis le Triomphe de Trajan qui comportait des défilés militaires, des chevaux.

En 1809, c'est La Mort d'Adam.

Lesueur fut le compositeur de la plupart des cérémonies impériales.

Il devînt membre de l'Institut en 1815.

La Restauration ne compromet pas sa carrière et il devînt surintendant et compositeur de la musique du roi (1815-1830), professeur de composition au Conservatoire (1817) en remplacement de Méhul.

Charles Gounod (1818-1893) et Hector berlioz (1803-1869) furent ses élèves. Douze grands prix de Rome sont sortis de son école.

Lesueur sut reconnaître la valeur d'Hector Berlioz. En 1835, Berlioz compose une oeuvre napoléonienne la Cantate du Cinq Mai qui sera jouée, en 1840, pour le retour des cendres de Napoléon.

Jean-François Lesueur meurt à Paris le 6 octobre 1837, à l'âge de 77 ans. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise, dans la 11ème division.
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Message par cavalier jacobin » 30 juil. 2008 13:39

merci :paix:
Un historien s'appuie sur ses recherches pour délivrer ses résultats, quitte à briser quelques clichés.

http://www.associationsuchet.com
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La Bédoyère
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Message par La Bédoyère » 30 juil. 2008 17:50

Mais de rien Cavalier Jacobin :paix:
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Message par CC » 01 août 2008 14:53

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Message par CC » 01 août 2008 14:55

A l'entracte, Lesueur est complimenté par Napoléon. A la suite de cette représentation, il reçoit la Légion d'honneur, une gratification de 18000 francs et une tabatière portant l'inscription : "L'Empereur des Français à l'auteur des Bardes».

Le 3 juin 1806, il épouse Mlle Jamart de Courchamps, fille d'un directeur de l'Enregistrement et des domaines. Le contrat de mariage porte la signature de l'Empereur et de l'Impératrice. Cette faveur ne fut jamais accordée à un autre artiste.


Bravo l'Artiste!


:fleur:
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Joséphine
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Message par Joséphine » 01 août 2008 16:23

C'est très joli, la Messe du Sacre.
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