Jean-Baptiste GUINDEY (1785-1813) Lieutenant de cavalerie

La figure de Napoléon a tendance à faire de l'ombre aux autres personnages de son époque. Cette rubrique est destinée à leur faire une place.
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La Bédoyère
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Jean-Baptiste GUINDEY (1785-1813) Lieutenant de cavalerie

Message par La Bédoyère » 31 juil. 2008 22:05

Jean-Baptiste Guindey naît le 12 avril 1785 à Laruns, département des Pyrénées-Atlantique, aux environs de Pau.

Son père Pierre Guindey, commis de Marine à Bordeaux, était l'époux de Jeanne Boutigue.

Il reçoit une bonne éducation. En 1800, ses parents l'envoient à Toulouse où il étudie trois ans.

Mais il est attiré par la carrière militaire et le 30 mai 1803, à l'âge de 18 ans, il s'engage au 10ème régiment de hussards, commandé par le fameux colonel Lasalle. Un chanson de l'époque disait :

"Vous-vous être aimé des belles ?
Engagez-vous dans les Hussards."

Le 11 novembre 1803, Guindey est nommé brigadier à Bayonne.

Le début de l'année 1804 voit son régiment rejoindre le Camp de Boulogne où se prépare activement l'invasion de l'Angleterre. Le 10ème régiment de hussards change de colonel puisque le 1er février 1805, Lasalle est nommé général de brigade. il est remplacé par le colonel Beaumont, ancien aide de camp de Murat.

Le 27 août 1805, compte tenu des menaces de la Troisième coalition contre la France, le 10ème régiment de hussards rejoint le 5ème corps d'armée du maréchal Lannes. La Grande Armée se dirige vers l'Autriche. Le 8 octobre 1805, Guindey combat à Holsheim, près de Wertingen. Il eut son cheval tué par un boulet.

Le 2 décembre 1805, il est présent à Austerlitz. Au cours d'une charge du 10ème régiment de hussards, il est grièvement blessé et son cheval est tué. Après son évacuation, il est soigné à l'hôpital de Sélestat.

La paix de Presbourg, signée le 26 décembre 1805, le 10ème régiment de hussards reste en Allemagne et a un nouveau chef, le colonel Briche.

Le 1er août 1806, Guindey est nommé maréchal des logis et rejoint son régiment en partance pour la Prusse.

Le 10 octobre 1806, à Saafeld, le 5ème corps d'armée du maréchal Lannes se heurte à l'infanterie prussienne du prince Frédéric-Christian-Louis-Ferdinand de Prusse, partisan de la reine Louise de Prusse, il ne porte pas la France dans son coeur. Après une vigoureuse attaque française, les Prussiens se retirent en fuyant. Le prince de Prusse est poursuivi par des hussards. "Rendez-Vous, général, ou vous êtes mort !" lui crie Jean-Baptiste Guindey.
Brave, le prince de Prusse, bien que parlant le français, répond en allemand : "Sieger oder Tod !" ("La Victoire ou la Mort !"). Il pare une attaque et blesse Guindey à la joue droite. Guindey le touche au visage et au bras. Le prince de Prusse blesse de nouveau Guindey au visage.
Furieux et en sang, Guindey lui porte un coup au front, un coup sur le haut de la tête et un coup qui lui fracture l'occipital.
Le prince Louis-Ferdinand de Prusse glisse de son cheval et von Nortitz, son aide de camp le reçoit dans ses bras. ses ordonnances tentent de tuer Guindey, mais celui-ci est secouru par un hussard du 10ème régiment qui arrive au galop.
Une grande émotion se manifeste dans les rangs ennemis.
Guindey remet au maréchal Lannes le sabre et les décorations du prince de Prusse et se fait soigner. Il se remet de ses blessures pendant une quinzaine de jours.

La mort du prince Louis-Ferdinand de Prusse est connue de toute l'armée française et donne lieu une chanson :

"C'est le prince Louis-Ferdinand,
Ah, l'imprudent !
Un hussard, bon là !
lui dit : "N'allez pas si vite
ou bien, sinon ça,
Je vous la donne à la papa."

Le 14 octobre 1806, Guindey est nommé maréchal des logis chef au 10ème hussards.

A la bataille de Pultusk, le 26 décembre 1806, il est blessé d'un coup de sabre à la main gauche. Il est nommé sous-lieutenant le 20 avril 1807 et il est décoré de la Légion d'honneur...à 22 ans.

Le 21 décembre 1808, devant Saragosse, il reçoit un coup de feu qui le blesse grièvement.

Le 6 juillet 1809, il est blessé à Wagram et a deux chevaux tués sous lui.

Le 11 septembre 1809, il est nommé lieutenant au 8ème hussards.

Il entre dans la Garde Impériale et il est nommé lieutenant en second aux grenadiers à cheval le 24 juin 1811, lieutenant en second sous-adjudant major le 6 décembre 1811.

Il participe à la campagne de Russie.

Il est nommé lieutenant en premier sous-adjudant major le 9 février 1813.

Il est officier de la Légion d'honneur le 14 septembre 1813.

La cavalerie de la Garde Impériale est engagée à Hanau, les 29 et 30 octobre 1813.

Guindey trouve une mort glorieuse dans cette bataille, le 29 octobre 1813, à l'âge de 28 ans.

Un monument, élevé le 17 septembre 1903, lui est dédié à Laruns, sa ville natale.
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CC
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Message par CC » 01 août 2008 16:06

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Joséphine
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Message par Joséphine » 01 août 2008 16:22

Quelle belle vie au service de l'Empereur! Et des exploits! Vous imaginez? Sur le champ de bataille, tuer le prince de Prusse en combat singulier! C'est pas courant ça; c'est même peut-être le seul acte de cette portée durant toutes les guerres.
Et finalement il a trouvé la mort dans un autre combat, toujours au service de l'Empereur. C'est beau.
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