Note sur l'autopsie adressée le 12-sept-1823 à Hudson Lowe

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bbea53
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Note sur l'autopsie adressée le 12-sept-1823 à Hudson Lowe

Message par bbea53 » 23 févr. 2007 20:52

par le chirurgien militaire Anglais Henry--(British Museum,Add.Mss,t;202-14,fol.200-201--

En contradiction avec l'existence agitée et le caractère du défunt,la figure avait une expression remarquablement calme et qui suggérait la douceur,l'aménité.Les traits étaient réguliers et furent même trouvés beaux .On ne toucha pas à la tête.Elle était grosse et devait avoir été disproportionnée même dans sa jeunesse .Le front était large et uni ;les organes de la combativité,de la philogéniture et de la causalité fortement accusés.
Le corps était chargé de graisse.Il y en avait un pouce et plus sur le sternum,dont l'os affleure en général;un pouce et demi,peut-être deux pouces à l'abdomen.
La peau parut extrêmement blanche et délicate;les bras et les mains aussi. Somme toute ,le corps entier était frêle et féminin d'aspect.Le système pileux existait à peine:les cheveux étaient fins et soyeux.Le pubis ressemblait beaucoup au mont de Vénus chez les femmes.Les muscles de la poitrine étaient peu développés,les épaules étroites et les hanches larges .
Deux cicatrices furent observées dans le dos,petites.Une troisième se voyait à la jambe gauche,prés de la cheville,et encore une marque laissée par un cautère ,au bras gauche,dans le voisinage de l'épaule.Les cicatrices du dos provenaient probablement de furoncles ou de petits ulcères,mais celle de la jambe semblait avoir été occasionnée par une blessure.
Le thorax ayant été ouvert,on constata une lègère adhérence,entre la plèvre viscérale gauche et la plèvre costale correspondante ;on trouva quatre onces environ d'un liquide rougeâtre dans la cavité gauche,et presque huit dans la cavité droite . Les poumons étaient parfaitement sains.Le péricarde,complètement normal,contenait une once de liquide.Le coeur était petit,mais proportionné au corps,tout au moins quand celui-ci n'était pas encore empâté et bouffi.Une épaisse couche de graisse recouvrait l'organe;ses oreillettes et ses ventricules étaient sains,mais la partie musculeuse des ventricules semblait un peu plus pâle que d'habitude.
On explora l'abdomen.L'épiploon était gras.Quand on mit à nu l'estomac ,on vit que la surface supérieure adhérait sur une grande étendue à la concavité du lobe gauche du foie.La séparation opérée---non sans beaucoup de diffilculté---la nature et la gravité de la maladie qui avait provoqué le décès éclatèrent aux yeux.Toute la surface interne de l'estomac montrait un amas d'ulcérations cancéreuses ou de squirres en rapide évolution vers le cancer.Le pylore était le foyer du mal rongeur;un trou s'y trouvait,dans lequel celui qui écrit ces lignes introduisit le doigt.Le foie ,par son adhérence,fermait ce trou;sans cette circonstance ,la mort serait survenue dès la perforation.Il n'y avait pas trace que le foie eût souffert de son contact avec les matières qui passaient par le canal alimentaire.Un fluide pareil à du marc de café remplissait l'estomac,dont les importantes fonctions ne pouvaient plus être accomplies que par une mince portion indemne,un anneau qui entourait l'extrémité cardiaque,tout près de l'entrée de l'oesophage.
On avait affirmé avec tant d'assurance que le défunt souffrait d'une hypertrophie et d'une inflammation chronique du foie,que presque tout le monde s'attendait à ce que ce viscère fût trouvé malade aussi .Quand donc on l'examina ensuite ,les visages exprimèrent une attention anxieuse .M .Antommarchi fit une incision,il croyait voir jaillir un flot de pus de l'abcés qu'on imaginait;mais il n'y avait aucun abcès,pas d'inflammation non plus,pas d'enflure .Le foie était du volume ordinaire et parfaitement sain dans sa contexture interne.Une adhésion légère unissait la face convexe de son lobe gauche au diaphragme;elle semblait une conséquence et la continuation de l'adhérence observée entre le foie et l'estomac.
La vésicule biliaire était de la dimension et de la structure habituelle;elle ne contenait pas de calculs,mais seulement de la bile ,en quantité ordinaire et de composition normale,selon toute apparence .
La rate ,le pancréas et les intestins étaient sains.Les reins étaient enfouis dans une épaisse couche de graisse.Le rein gauche était d'un tiers plus gros que le droit;cette particularité semblait de naissance.La vessie était petite et contenait quelques graviers .Le pénis et les testicules étaient trés petits aussi ,et tout le système génital paraissait expliquer l'absence de désir sexuel et la chasteté qu'on disait avoir été particuliers au défunt .
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Frédéric Staps
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Re: Note sur l'autopsie adressée le 12-sept-1823 à Hudson Lo

Message par Frédéric Staps » 23 févr. 2007 23:46

bbea53 a écrit :tout le système génital paraissait expliquer l'absence de désir sexuel et la chasteté qu'on disait avoir été particuliers au défunt .
Chasteté très particulière en effet. Le mot n'aurait-il pas le même sens en anglais qu'en français ?
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CC
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Message par CC » 24 févr. 2007 10:00

Merci, BBea, pour ce texte bien plus complet que celui dont je disposais!

:fleur:
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Joséphine
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Message par Joséphine » 24 févr. 2007 11:25

La grandeur d'un sexe au repos n'a rien à voir avec l'envie sexuelle!
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bbea53
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Message par bbea53 » 24 févr. 2007 13:01

Chasteté très particulière en effet. Le mot n'aurait-il pas le même sens en anglais qu'en français ?
Pierre

On peut se demander pourquelle raison Henry conclut à cet état de "chasteté" .Peut-être veut on nous faire penser que Napoleon n'a pas eu autant de contact si intime (avec la Montholon ? ) et de ce fait qu'il n'y a pas eu de "confidences d'oreillers ".?

N'oublions pas que la note du chirurgien anglais a été établie 2 ans aprés la mort de Napoleon ,et surtout sur la demande de Hudson Lowe soucieux de dégager sa responsabilité ,car toutes les publications qui se firent sur la captivité eurent le don de l'inquiéter .
Notamment lorsque O'Méara écrit aux lords de l'Amirauté le 28 Octobre 1818 aprés sa disgrace :

(..) Récemment médecin de Napoleon,je crois de mon devoir de déclarer ce qui suit :Il souffre du foie,tous les jours davantage .C'est une affection qui occasionne une grande mortalité à Sainte-Hélène,comme le prouve le nombre de décès survenus dans le 66e régiment dans la milice de l'île,et dans l'escadre;le vaisseau de Sa Majesté le Conqueror a perdu un sixième environ de son équipage,dont la moitié pendant les huit derniers mois.J'estime que Napoleon est menacé dans sa vie sous un tel climat,surtout si on continue contre lui de mauvais procédés et des vexations auxquels ses souffrances physiques le rendent encore plus sensible...(..)


Le 19 juin 1821,après la mort de l'Empereur qui n'est pas encore connue à Londres O'Méara écrit à lord Bathurst ,ministre des colonies ,une émouvante lettre :

"j'ai su par plusieurs personnes respectables arrivées de Sainte-Hélène,qu'il y était de notoriétè publique que Napoleon se trouvait dans un état grave ,et que sa fin ,à moins de prompts secours ,ne pouvait plus être éloignées .Ces renseignements m'ont été confirmés par le vénèrable écclésiastique que ses infirmités ont obligé à quitter Longwood,qu'on a tenu pendant huit jours sur le Flamen et qu'on a forcé ensuite à passer sur le continent,sans lui permettre de descendre à terre (O'Meara fait allusion à l'abbé Buonavita,parti de Sainte-Hélène le 17 Mars 1821,au moment où Napoleon s'alitait pour ne plus se relever )

Lorsque O'Méara apprend la mort de l'Empereur ,celui-ci écrit dans la journal le Morning Chronicle:

"Je ne veux pas me prononcer catégoriquement sur cette mort,sur sa cause immédiate,mais j'affirme ,sans hésitation ,qu'elle a été hâtée par le sort fait à Napoleon ,par sa relégation dans un climat tropical,par des vexations étudiées,des mortifications mesquines et sans nombre qu'une âme comme la sienne était seule capable de supporter si longtemps,et par ce dérangement enfin des organes digestifs que l'anxièté morale ne manque jamais de produire.Telle est mon opinion. Elle n'est pas le résultat de l'indignation du moment ; elle est ancienne.A deux reprises, je l'ai exprimée,publiée,dans un langage qui ne pouvait pas ne pas être compris .

On peut donc imaginer que Hudson Lowe,aprés les dires d'un confesseur religieux , pour se préserver d'éventuelles confidences "dîtes sur l'oreiller"ait voulu écarter les témoignages de "maîtresses" de l'Empereur et en la circontance Mme de Montholon en laissant croire, par l'intermédiaire du rapport commandé au chirurgien Henry ,que l'Empereur ne pouvait avoir de relation intime suite à l'autopsie révèlant un petit sexe et par conséquent le "clan français "racontait n'importe quoi sagissant de la vie amoureuse de Napoleon à Sainte-Hélène .

Je suis consciente que mon explication est tirée un peu par les cheveux ! :( .

La grandeur d'un sexe au repos n'a rien à voir avec l'envie sexuelle!Joséphine

Bien sûr .Le fait d'avoir un sexe réduit ,n'est pas un aveu de chasteté continue ,vous connaissez le dicton Chére Joséphine ,"il vaut mieux une petite qui frétille .... etc etc :oops:
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CC
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Message par CC » 24 févr. 2007 21:48

BBea a écrit :Je suis consciente que mon explication est tirée un peu par les cheveux !
Je trouve que ça se tient parfaitement au contraire!

Lowe devait se défendre. Après avoir régné en maître absolu sur son île et avoir gardé le prisonnier le plus important de la planète, voilà qu'il se trouvait remis en cause et qu'on aurait pu l'accuser de ne pas avoir agi comme il l'aurait fallu!

Il devait aussi réentendre les paroles de Napoléon lui disant:

Dans cinq cents ans le nom de Napoléon brillera et ceux de Bathurst, de Castlereagh et le vôtre ne seront connus que par la honte et l'injustice de leur conduite envers moi.

:fleur:
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 25 févr. 2007 10:29

Pour ma part, je reste sceptique. Ce passage de la note sur l'autopsie du chirurgien Henry me semble devoir rentrer simplement dans la catégorie des "sottises et autres erreurs de jugement" et rien de plus.
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bbea53
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Message par bbea53 » 25 févr. 2007 11:57

Henry me semble devoir rentrer simplement dans la catégorie des "sottises et autres erreurs de jugement" et rien de plus. Pierre

Et" rentrer" en plus dans la catégorie des "omissions malhonnettes " car dans le "procés-verbal officiel de l'autopsie du 6 Mai 1821", signé par les Docteurs et chirurgiens ,Thomas Shorrt,Arnott ,Charles Mitchell,Francis Burton ,Mathew Livingstone , une note d'Hudson Lowe révèle qu'un changement de texte a été effectué(British Museum,additional manuscripts.t.20157,fol.20) :

le texte initial

"Le foie était peut-être un peu plus gros qu'il n'est ordinaire "

a été remplacé par :

"Le foie était uni au diaphragme.....il ne représentait rien de malsain "

Ceux qui fait dire à l'historien Frémeaux en 1910 :

"Aucun de ces documents ne mérite une confiance entière.Le procés-verbal officiel,calculé,il semble bien,pour donner la conviction que ni le climat,ni le traitement de Sainte-Hélène ne peuvent avoir contribué à la mort ,est d'une brièveté déconcertante;on y sent le désir de n'attirer l'attention que sur le seul cancer de l'estomac,et on aura la preuve qu'une importante omission y a été commise en ce qui regarde le foie ."

On peut se demander pourquoi dans son rapport commandé 2 ans après ,le chirurgien Henry parle des organes génitaux de Napoleon et d'une chasteté? (qui fait aussi partie des mystères de Sainte-Hélène ).

Les Anglais veulent -ils faire croire que la chasteté est un gage de longue ou de courte vie ?
Notre amie Joséphine va sans doute nous éclairer :D
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 25 févr. 2007 21:04

L'historien Frémeaux (il a toutefois l'excuse d'écrire en 1910) oublie comme la majorité des auteurs qui ont écrit sur ce sujet que la médecine de 1821 n'a pas grand-chose à voir avec la médecine actuelle. A cette époque, elle n'a pas encore beaucoup évolué depuis le temps de Molière. Les découvertes de Pasteur ne surviendront que 40, 50 voire 60 ans plus tard. N'importe quel quidam vivant en 2007 en sait plus sur l'origine des maladies que les plus savants médecins des années 1820.
Quelle confiance pourrait-on dès lors accorder à un rapport d'autopsie datant de cette époque ?

Quant à la chasteté, ce n'est pas une concept médical, mais un concept moral. Quand le chirurgien Henry parle de "l'absence de désir sexuel et [de] la chasteté qu'on disait avoir été particuliers au défunt", il semble faire allusion à des rumeurs qui voulaient faire croire que Napoléon était un homme "vertueux" puisque "chaste". Il s'agit donc de rumeurs relevant de la légende dorée napoléonienne et non de considérations destinées à dénigrer le personnage. Essayer d'y voir une manipulation d'Hudson Lowe ne me paraît donc absolument pas convaincant.
Rien en effet ne permet de penser qu'Hudson Lowe aurait été un habile manipulateur. Au contraire, il semble plutôt qu'il se soit fait manipuler par Napoléon.
C'est un peu comme quand on prétend que Lowe aurait réussi à monter une substitution qui aurait abusé tout le monde jusqu'en 1969. :wink:
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Message par Joséphine » 25 févr. 2007 22:05

Je réponds à votre clin d'oeil, bbea53. Bien sûr, il y a de la longévité chez les gens chastes. Pensez aux soeurs célèbres, aux pères qui le sont tout autant. Certains d'entre eux ont atteint un âge canonique.
Mais je ne pense pas que ce soit ce point là qui ait fait parler de chasteté au docteur Henry.
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Message par bbea53 » 25 févr. 2007 22:52

Rien en effet ne permet de penser qu'Hudson Lowe aurait été un habile manipulateur. Au contraire, il semble plutôt qu'il se soit fait manipuler par Napoléon. C'est un peu comme quand on prétend que Lowe aurait réussi à monter une substitution qui aurait abusé tout le monde jusqu'en 1969.

Là je suis entièrement de votre avis ! :)

N'importe quel quidam vivant en 2007 en sait plus sur l'origine des maladies que les plus savants médecins des années 1820


Pas sûr à voir les divergences d'avis sur la mort et les maux de Napoleon :D

Quant à la chasteté, ce n'est pas une concept médical,

Dans le rapport de Henry Si car le mot est associé à la description de la petitesse des organes génitaux ,rien de moral dans tout ça ,mais une conséquence vérifiée de visu de sa chasteté,et qui n'est pas flateuse , et de surcroît ne sert en rien pour comprendre l'évolution de la maladie et la mort .Tout au plus ce "détail" oppose les partisans de ceux qui pensent que la Montholon était bien la maîtresse de l'Empereur !
Vertueux ,Napoleon l'était quand dans la vallée du Pêcheur celui-ci rendait visite à la "Nymphe " des que ces excursions ont créé des rumeurs ;il a cessé aussitôt ces rencontres .
!
Bien sûr, il y a de la longévité chez les gens chastes. Pensez aux soeurs célèbres, aux pères qui le sont tout autant. Joséphine

encore une utopie , :D
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Message par Frédéric Staps » 27 févr. 2007 19:44

bbea53 a écrit :rien de moral dans tout ça
C'est peut-être là qu'est l'erreur. On s'imagine souvent de manière un peu hâtive que les médecins font de la médecine et non de la morale. A l'époque cependant, un des best-sellers des publications médicales est le livre du docteur Tissot sur l'onanisme. Publié pour la première fois en 1760, il connaît 63 éditions entre 1760 et 1886 (dont 34 traductions). Ce livre se présente sans doute comme un ouvrage médical, mais son contenu moral l'emporte largement sur l'aspect médical. On peut même douter de l'authenticité de certaines descriptions "cliniques" qui y figurent.
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Message par Joséphine » 27 févr. 2007 21:17

C'est dans cet ouvrage-là qu'on apprend que certaines pratiques solitaires rendent sourd? C'est ça l'analyse clinique dont on peut douter de l'authenticité?
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 27 févr. 2007 21:43

Joséphine a écrit :C'est dans cet ouvrage-là qu'on apprend que certaines pratiques solitaires rendent sourd?
La blague d'écoliers reprise à chaque nouvelle génération n'est qu'une survivance très atténuée des théories du docteur Tissot. Voici un petit aperçu du contenu du livre extrait de Sexe et liberté au siècle des Lumières de Théodore Tarczylo (Paris, 1982) :
La masturbation est qualifiée de "crime", d'"infamie", c'est une "abominable pratique", une "horrible manoeuvre", un "mal honteux", une "infâme débauche"; le masturbateur est un "infortuné", une "victime". L'auteur [le docteur Tissot] est "effrayé" par le "tableau terrible" qui s'offre à lui; il ne trouve pas, pour pendre ce qu'il a vu, "des couleurs aussi affreuses que [la maladie] le mérite"; il est "saisi d'horreur et de compassion" à la lecture des lettres de confession qu'on lui adresse. Sans cesse est agitée l'image de la mort : l'un "ressemble à un cadavre", le visage de l'autre "est presque cadavéreux". Lorsqu'elle frappe, ce sera "tout à coup", "la nuit même", "dans l'acte" le plus souvent. Bienheureux ceux que la mort foudroie ainsi ! Beaucoup souffrent une "longue agonie".
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Joséphine
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Message par Joséphine » 01 mars 2007 18:35

L'auteur de cet ouvrage me semble bien dérangé, même s'il se baptise médecin.
Ils avaient des drôles de médecins quand même, avant! Antommarchi, le médecin de Napoléon à Sainte-Hélène n'était pas mal non plus.
Avec des tels diagnostics, la remarque du médecin anglais concernant la virilité de l'Empereur ne me semble plus farfelue. Elle est tout simplement navrante (pour celui qui l'écrit)
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