Léopold Hugo et la résistance de Thionville

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Frédéric Staps
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Léopold Hugo et la résistance de Thionville

Message par Frédéric Staps » 26 avr. 2006 12:28

Pendant plus de 4 mois après Waterloo, Thionville va continuer à résister sous le commandement du général Hugo. J'ai un peu de mal à comprendre les raisons d'une telle résistance.
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CC
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Message par CC » 26 avr. 2006 15:46

Par espoir de voir revenir l'Empereur?
Etaient-ils au courant de son abdication et surtout de son départ pour Sainte-Hélène?
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 26 avr. 2006 16:41

Si l'on en croit le récit que fit sa bru, il était apparemment parfaitement au courant de la situation :
Le 11 juillet, le général sut que les alliés étaient entrés à Paris. Il trouva que ce n'était pas une raison pour qu'ils entrassent à Thionville. Le prince de Hesse-Hombourg lui ayant demandé de partager au moins avec lui la garde de la forteresse, il rejeta énergiquement la proposition. Pour couper court à tout malentendu et bien montrer que c'était à l'étranger qu?il résistait et non au roi, il arbora le drapeau blanc le 22 juillet et changea la cocarde des troupes.
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Message par CC » 26 avr. 2006 17:26

Un Français, un vrai. :roll:
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Joker
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Message par Joker » 27 avr. 2006 0:22

Cette opiniâtreté et cette fidélité au-delà des revers me fait penser à l'attitude remarquable du général Daumesnil surnommé "Jambe de bois" depuis la bataille de Wagram, commandant la garnison du fort de Vincennes assiégé par les armées alliées en 1814.
Ce général de brigade, gouverneur du château de Vincennes, soutiendra un siège opiniâtre, se contentant de répondre aux émissaires venus négocier sa reddition : "Rendez-moi ma jambe et je vous rendrai Vincennes."
Toutefois, l'intrépide général dut se soumettre le 12 avril sur ordre du nouveau gouvernement.
C'est avec de tels braves que la légende s'est également construite... :wink:
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 27 avr. 2006 8:25

Joker a écrit :C'est avec de tels braves que la légende s'est également construite... :wink:
La légende est loin d'être aussi belle que vous l'imaginez.
Quelques jours après la bataille de Waterloo, le lieutenant général Czernitchef, commandant l'avant-garde de l'armée russe, avait fait sommer le général Hugo d'avoir à remettre Thionville à l'empereur Alexandre. Le général avait répondu non, et dès le jour même les communications de Thionville avec Metz avaient été totalement interceptées.

L'accès de bonapartisme qui avait saisi la population française au retour de l'île d'Elbe était singulièrement refroidi par les Cent jours. C'était maintenant à qui abandonnerait la cause impériale. Les routes étaient couvertes de déserteurs de la grande armée. La désertion se mit dans la garnison de Thionville. Les peines les plus sévères n'y firent rien ; un grenadier condamné à mort et passé par les armes en présence des troupes assemblées effraya si peu les autres qu'il fallut faire rentrer tous les postes extérieurs et se borner à la garde du corps de la place. La garde nationale mobile diminuait de jour en jour. Le général eut beaucoup de peine à retenir le 12e bataillon de la Moselle qui se disposait à s'emparer à main armée d'une des portes pour sortir de la ville.
Il est assez absurde d'avoir passé par les armes ce pauvre gars qui ne comprenait plus le sens de cette résistance désormais inutile. Certains diront peut-être qu'il faut faire respecter la discipline dans l'armée, même s'il faut commettre des actes parfaitement inutiles. Mais ça, ce n'est plus de la belle légende, mais une triste réalité plutôt sordide et un reproche pleinement justifié que l'on peut faire au général Hugo mais aussi à Napoléon : y a-t-il la moindre justification au fait de sacrifier la vie de milliers d'hommes pour la "gloire" ? :cry:
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Message par CC » 27 avr. 2006 17:49

A partir du moment où le chef lui-même se rend, pourquoi le soldat continuerait-il à se battre?

Ici, puisque l'Empereur avait abdiqué, pourquoi ce général continuait-il?
Pour la France? Représentée par qui? Le Roi? Mais puisque le Roi lui-même pactisait avec l'ennemi?

Hugo voulait une révolution?
Ou forcer le Roi à se passer des étrangers? Mais il était là grâce à eux!
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Message par jiem » 27 avr. 2006 19:45

D'après des témoignages de soldats qui ont continué a se battre, ils ne se battaient plus pour l'Empereur, mais pour la France, ils ne voulaient pas être envahis une deuxième fois
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Message par Joker » 28 avr. 2006 0:42

Toute légende a aussi ses à-côtés moins reluisants. :?
Dans mon post, je me bornais à mettre en exergue la bravoure et la verve de Daumesnil en concluant que de tels hommes avaient contribué à leur manière à construire la légende napoléonienne. Ni plus, ni moins.
Que par des actes moins glorieux, certains se soient déshonnorés n'est évidemment pas douteux non plus...
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Message par fulub » 29 avr. 2006 9:33

pourquoi continuer a se battre alors que le conflit est terminer, vaste question ,mon avis perso (en tant que ancien militaire de carrière) il y a une question d'honneur, mm si le patron (l'empereur) a abdiquer, l’ennemi reste TOUJOURS l'ennemi, est se rendre n'est pas facile du tout un combat avec soi mm,( c un peu le cas des combattant japonais, pas seulement a l'époque de la 2e guerre mondiale, comme tt les peuples "guerriers".) L'honneur c qq chose que l'on a en soit ou pas, et se rendre a l'ennemi c'est un châtiment, une souffrance, l’histoire des armées du monde entier est rempli de ce genre de lileme, une qui me touche est celle de la maison de la dernière cartouche lors de la grande guerre une histoire des troupes de marines (la coloniale) ou une poignée de soldats c’est battu contre un ennemi bien superieur, mais a combattu pour l'honneur, bref.
On croit à quelque chose, on le défend, on risque sa vie, et du jour au lendemain on doit capituler.
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Message par CC » 29 avr. 2006 10:54

C'est vrai que c'est un terrible duel. Il y a de quoi y perdre ses repères. :|
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Jean-Yves
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Message par Jean-Yves » 23 juin 2006 22:33

CC a dit :
A partir du moment où le chef lui-même se rend, pourquoi le soldat continuerait-il à se battre?

Ici, puisque l'Empereur avait abdiqué, pourquoi ce général continuait-il?
Pour la France? Représentée par qui? Le Roi? Mais puisque le Roi lui-même pactisait avec l'ennemi?

Hugo voulait une révolution?
Ou forcer le Roi à se passer des étrangers? Mais il était là grâce à eux!
Quand le pays est envahi, est-ce parce que le chef de l'Etat s'est rendu le combat doit-il cesser ? En juin 1940, bien que le gouvernement et ses supérieurs aient décidé de capituler, le général De Gaulle décida de continuer la lutte de Londres, des hommes le rejoignirent tandis que d'autres continuèrent le combat sur le sol Français. Certes, la situation était différente, car alors l'ennemi de l'Europe était alors l'Allemagne, mais si il n' y avait pas eu de résistance sous quelque forme que ce soit, la France, lorsque la paix fut signée en 1945, ne se serait pas trouvée à la table des signataires du côté des vainqueurs. En 1815, les hommes comme Hugo démontrèrent aux alliés que, malgré Waterloo, les Français, du moins certains d'entre eux, qu'ils n'étaient pas aussi aisés à abattre qu'ils le pensaient, et ce faisant, comme disait Joker construisaient la légende de la Grande Armée. Pour Pierre Desmarest, si il est vrai qu'une légende a toujours deux faces : une en or et une noire, bien souvent le peuple cherche à oublier le côté sombre pour ne se souvenir que de la dorée.
Rejoignez les Amis du Patrimoine Napoléonien, 6, avenue de la Chênaie, 94350 Villers sur Marne.
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Message par Léon » 18 janv. 2007 3:49

D'accord avec Jean-Yves. Je partage son idée. Toutefois, il existe - heureusement - d'autres manières de résister, politiques ou même artistiques. Cela dépend du contexte, des désirs. Il ya d'ailleurs quelque chose d'assez pathétique dans cette résistance du général Hugo.

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Message par Le Barde » 11 févr. 2007 10:21

J'aurai compris qu'Hugo résiste avec les 3 couleurs, mais qu'il ne se rende pas en arborant le drapeau blanc .... :roll:
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Message par Dominique T. » 12 févr. 2007 13:26

Etudier l'histoire, c'est essayer de la comprendre.

Mais comment comprendre si on n'abandonne pas un tant soit peu une mentalité typiquement de son époque, c-à-d dans le cas présent, du 21e siècle.

A une époque où les valeurs sur lesquelles reposait la société d'alors n'ont plus cours, comment s'étonner que nos contemporains se posent de telles questions ?

En d'autres termes, mettez-vous à la place d'Hugo, et vous ne vous poserez pas la question.

Il a fait cela parce qu'il estimait, à l'époque, que c'était son devoir.
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