Combats à la BOCA DEL ASNO

Le temps de la grandeur est passé, mais l'Empereur se bat toujours.
Que se passe-t-il pour cet homme et ses proches?
Répondre
Avatar du membre
Diana
Mamy cool
Messages : 1513
Enregistré le : 20 avr. 2006 14:21
Localisation : Andalousie

Combats à la BOCA DEL ASNO

Message par Diana » 09 mai 2010 9:21

Image

:salut:
Revenons un rien en arrière dans le temps, vers la fin de janvier 1810, alors qu’Abello et ses troupes, composées d’un bataillon de Volontaires, de la Milice Urbaine, de deux compagnies du régiment fixe de Malaga, de 60 Suisses rescapés du Régiment de Réding et d’une centaine de paysans, quittaient Malaga pour se diriger vers le lieux dit « Boca del Asno » considéré le point clé pour défendre aux troupes françaises, le passage vers Malaga.
Pour cela, l’exalté colonel Abello ordonna de fortifier la zone autour du fortin qui s’y trouvait, en faisant ériger une barrière de pierres et de roches et creuser divers fossés pour compliquer le passage de l’ennemi. Le fortin, quant à lui, se vit doté de 4 canons traînés depuis Malaga et ayant pour but de soutenir de concert leurs tirs et ceux des hommes armés de fusils.

La « Boca del Asno »était une magnifique position ayant, à sa gauche l’appui des hauteurs mêmes du « Torcal » et à sa droite des adossements rocheux permettant de dominer la vallée et de surveiller tous mouvements venant de d’Antequera.
Ce fut, C’est ainsi que les Espagnols purent voir les Français laissant Antequera derrière eux, commencer leur progression vers leur position par le chemin serpentant sous la masse rocheuse du Torcal . Pendant l’attente des Français, les hommes d’Abello se préparaient à affronter ces troupes en espérant par la même occasion, pouvoir moralement, venger les hommes et les femmes d’Archidona fusillés comme exemples pour avoir oser résister à l’invasion et au sac de la ville perpétré par les hommes du 12ème régiment des dragons.

En cette glaciale journée du 3 février, les unités françaises sous les ordres de Milhaud qui s’approchaient du Torcal, n’étaient que l’avant-garde de l’Armée du général Sebastiani. Les explorateurs envoyés en reconnaissance, découvrirent, très rapidement, dans les hauteurs, les troupes d’Abello et en informèrent Milhaud. Pour prendre cette position espagnole défendue par un fortin, la seule possibilité était d’attaquer en montant une pente assez abrupte et dangereuse surtout pour l’infanterie, ce qui décida Milhaud d’avoir recours à une unité ayant, déjà, en maintes occasions, fait sauter des dispositions défensives ennemies de la même envergure:
Les Lanciers de la Vistule.

La prise de la position du fortin fut considérée périlleuse et aléatoire, surtout que pour freiner les Polonais dans leur montée, la seule tactique que les Espagnols pouvaient employer pour y parvenir était de diriger, à la mi-pente, la majorité des tirs des quatre pièces d’artillerie ainsi que le feu des nombreux hommes armés de fusils qui les accompagnaient.
Lors de la première ondée de l’attaque, plusieurs cavaliers polonais perdirent la vie sous le feu nourri des défenseurs de la place, malgré leurs pertes, et sans se soucier du danger, les lanciers continuèrent à charger inexorablement malgré les quelques minutes, pendant lesquelles, attaqués et attaquants furent aveuglés par la fumée et la poussière, les cavaliers en profitèrent pour gagnèrent du terrain et soudain, à travers l’épais rideau de fumée une avalanche d’hommes et de chevaux apparut et rompant le centre de la défense espagnole. Entre cris et hennissements des chevaux la lutte fut sans pitié et les victimes nombreuses, ce fut alors que le colonel Abello voyant que tout était perdu ordonna la retraite, la débandade fut générale.

L’action qu’entreprirent les Lanciers de la Vistule fut impressionnante, les Français étaient maîtres de la Boca del Asno, les lanciers firent une soixantaine de prisonniers et capturèrent les quatre pièces d’artillerie. La route pour Malaga était ouverte il ne restait plus qu’à la soumettre.

Aux premières lueurs de l’aube du 4 février, les rescapés de ce triste combat arrivèrent en vue de Malaga où le peuple, conscient de la défaite, et inquiet pour le futur, les accueillit dans un triste et prémonitoire silence. On commença à soigner les blessés et à réconforter les vaincus. Le pire sera pour le lendemain.


Image

Ref:
MÁLAGA FRENTE A LA GUERRA DE LA INDEPENDENCIA
(1808-1812)
Esteban Alcántara Alcaide
Servicio de publicaciones
Centro de ediciones de la diputación de Málaga
2008

HISPANIA NOVA.
Revista de Historia Contemporánea. Número 8 (2008)
Eva Mª Mendoza García
Universidad de Málaga
Le premier signe de l'ignorance, c'est présumer que l'on sait.
(Baltasar Gracián 1601-1646)
Avatar du membre
CC
Messages : 6283
Enregistré le : 18 avr. 2006 22:47
Localisation : Anderlecht, Bruxelles
Contact :

Message par CC » 09 mai 2010 15:55

Répondre