Marie Walewska, l'autre grand amour?

Le temps de la grandeur est passé, mais l'Empereur se bat toujours.
Que se passe-t-il pour cet homme et ses proches?
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CC
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Marie Walewska, l'autre grand amour?

Message par CC » 21 juin 2006 16:40

Marie est la fraîcheur même.
La douceur, la fidélité.
Le soutien, la personne inintéressée.

Elle n'a pas réclamé de place particulière du temps de la grandeur du Maître.
N'a pas fait d'esclandre, de grande crise au moment du mariage avec Marie-Louise.
Elle était présente au moment douloureux de la chute et de l'abdication.
Elle est venue à l'île d'Elbe et aurait bien suivi l'Empereur à Sainte-Hélène.

Mais sa place n'était pas là.
Son rôle était celui de l'ombre.
Grapiller des moments plus ou moins cachés mais jamais sous les feux de la gloire, jamais au vu de tous.
Etre présente pour consoler, mais pas adoucir ou porter le fameux fardeau de la couronne d'épines. Non, là c'était trop important, il fallait encore garder les apparences et jouer la carte de la femme aimée, de la famille disloquée par la faute des ennemis.

Elle ne reverra plus Napoléon et elle le sait. Leur histoire est terminée, si pas dans leur coeur, en tout cas dans la réalité de la vie.
Mais quand Marie devenue veuve se remarie, l'Empereur ne comprendra pas ce geste et se sentira, lui, abandonné.

Marie mourra en 1817, à 31 ans.
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 21 juin 2006 18:01

CC a écrit :Mais quand Marie devenue veuve se remarie, l'Empereur ne comprendra pas ce geste et se sentira, lui, abandonné.
Elle est déjà veuve quand elle revoit Napoléon à Malmaison après Waterloo. Elle était donc libre de le suivre dans son exil. Cela laisse supposer que Napoléon ne le souhaitait. Qu'elle en tire les conclusions qui s'imposent et décide de continuer à vivre en épousant un homme de son âge ne devrait pas surprendre. Mais Napoléon qui ne semble jamais avoir bien compris que pour qu'une relation amoureuse puisse perdurer, il faut une certaine réciprocité entre les partenaires, trouve moyen de ne pas comprendre et de se sentir abandonné. :cry:
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Message par CC » 21 juin 2006 18:19

Oui, Marie l'aurait suivi en exil.

Mais il était plus important pour son image d'Empereur bafoué de partir seul, séparé de sa femme et de son fils, plutôt que de partir comme en villégiature, avec sa maîtresse et leur enfant commun.

Napoléon aimait sans doute - j'espère pour lui - au moins Joséphine et Marie.
Mais il les aimait à sa convenance, quand et comme cela l'arrangeait.

Même pour "l'amour", son statut de chef tout-puissant passait avant tout le reste. :|
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 21 juin 2006 20:19

CC a écrit :Mais il était plus important pour son image d'Empereur bafoué de partir seul, séparé de sa femme et de son fils, plutôt que de partir comme en villégiature, avec sa maîtresse et leur enfant commun.
A moins qu'il n'ait été équipé d'une excellente boule de cristal, Napoléon ignorait quel sort exact l'attendait au moment où il vit Marie Walewska pour la dernière fois. Ce n'est donc probablement pas pour une question d'image à donner qu'il choisit qu'elle ne l'accompagne pas. A ce moment-là, ce serait plutôt les dangers auxquels il allait être exposé qui pourrait avoir motivé ce choix. Une fois à Sainte-Hélène, il aurait sans doute fallu obtenir l'accord des Anglais pour que Marie Walewska puisse le rejoindre. L'obligation de se soumettre à cette contrainte et la crainte d'essuyer un refus n'ont-elles pas joué pour le dissuader ?
CC a écrit :Napoléon aimait sans doute - j'espère pour lui - au moins Joséphine et Marie.
Pourquoi espérez-vous ? Quelle importance cela a-t-il ?
La manière dont Napoléon "aimait" ne nous est pas vraiment inconnue. En matière d'amour, une de ses préoccupations était d'être aimé plutôt que d'aimer lui-même avec passion. Ses lettres enflammées à Joséphine date de la période où il doute. Au moment de leur rencontre quand il n'est pas sûr qu'elle va s'intéresser durablement à lui et après le mariage quand elle ne vient pas le rejoindre en Italie aussi vite qu'il l'espérait.
Concernant Marie Walewska, c'est quand il ne sait pas encore qui est cette belle inconnue qui a parcouru une longue distance pour venir lui souhaiter la bienvenue en Pologne qu'il se montre le plus fébrile et aussi tant qu'elle ne lui cède pas au point de forcer un peu les choses.
Dans les deux cas, cela semble l'intéresser moins quand il a la confirmation que Joséphine et Marie l'aiment.
C'est sans contexte une manière d'être amoureux. Ce n'est peut-être pas la meilleure manière pour être heureux en amour.
CC a écrit :Mais il les aimait à sa convenance, quand et comme cela l'arrangeait.
Cette explication ne concorde pas exactement avec la description que je viens de faire ni, me semble-t-il, avec la réalité. Si Napoléon aimait à sa convenance quand et comme cela l'arrangeait, il n'aurait pas souffert du peu d'amour que lui témoignait l'infidèle Joséphine au moment de la campagne d'Italie. En revanche, c'était assez bien comme cela qu'il fonctionnait quand il voyait qu'on l'aimait.
Avec Marie-Louise toutefois, il n'a pas agi de cette façon. Est-ce parce qu'il n'a jamais été sûr qu'elle l'aimait ?
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Joker
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Message par Joker » 21 juin 2006 22:14

Pour tous ceux que le sujet des amours impériales intéresse, je ne puis que conseiller vivement la lecture de l'excellent ouvrage de Janine Boissard : "Trois femmes et un empereur".
Bien que basé sur de minutieuses recherches historiques, ce livre a aussi des couleurs romanesques. C'est le roman des amours impossibles : celui de Bonaparte pour la frivole Joséphine, celui de Marie pour Napoléon et celui de l'Empereur pour la postérité.
L'auteur a ainsi réussi la gageure d'avoir su écouter le coeur d'un homme qui assurait lui-même ne l'avoir jamais entendu battre.
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 22 juin 2006 10:03

J'ai lu le livre de Janine Boissard et je trouve qu'il ne remplit pas vraiment toutes ses promesses. Le premier chapitre très réussi où l'auteur se met dans la peau de Marie Walewska pour raconter sa dernière rencontre avec Napoléon à la Malmaison laissait espérer un récit sensible qui permettrait d'explorer en profondeur la psychologie des personnages en se dégageant des clichés habituels. Très rapidement, cependant, l'auteur en revient à une approche très classique où ses narratrices successives (Joséphine, Marie Walewska et Marie-Louise) ne font que nous raconter à la première personne une histoire légèrement romancée comme on a l'habitude de la lire sous la plume d'André Castelot.
Un passage de ce roman est particulièrement peu satisfaisant. C'est celui où, pour la première fois, Napoléon va consommer l'acte charnel avec Marie Walewska. Ce récit reste tellement évasif que l'on est tout à fait incapable de comprendre ce qui s'est passé et on en arrive même à se demander si l'auteur a pris la peine de le savoir ou si elle a décidé de se voiler la face et d'éluder parce que ça ne lui convenait pas.
Autre lacune de ce roman. On sait que la veuve du maréchal Lannes, la duchesse de Montebello, choisie par Napoléon pour servir de dame de compagnie à Marie-Louise, était devenue la confidente privilégiée de la nouvelle impératrice. Or, comme elle gardait une certaine rancune à l'égard de Napoléon qu'elle considérait comme responsable de la mort de son mari, elle a eu une certaine influence sur Marie-Louise au moment où celle-ci a dû décider ce qu'elle faisait lors de l'abdication. Mais dans le roman de Janine Boissard, la duchesse de Montebello apparaît très peu.
Joker a écrit :L'auteur a ainsi réussi la gageure d'avoir su écouter le coeur d'un homme qui assurait lui-même ne l'avoir jamais entendu battre.
Ce sont plutôt les coeurs des femmes qui ont battu pour lui qu'elle a voulu écouter. Les émotions de Napoléon lui-même sont plutôt absentes de ce roman.
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Message par Joker » 23 juin 2006 1:51

On peut certes avoir une lecture critique de cet ouvrage, mais il me semble néanmoins remplir correctement sa mission d'information d'un large public davantage concerné par les romans à caractère historique que par la rigueur de certains manuels réputés plus sérieux.
Quant à la citation que vous reprenez dans votre conclusion, je l'ai reprise du livre même, l'auteur l'ayant inscrite en guise de préface.
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Message par Frédéric Staps » 23 juin 2006 8:09

Joker a écrit :On peut certes avoir une lecture critique de cet ouvrage
Ma critique ne portait pas sur l'usage de la forme romanesque pour écrire ce livre, mais plutôt sur le fait que cette forme ne me paraît pas toujours aussi bien exploitée qu'elle aurait pu l'être. Il aurait notamment été possible à l'auteur d'essayer de développer quels pouvaient être les sentiments de Marie Walewska après la première consommation de l'acte charnel avec Napoléon. Au lieu de cela, on a juste droit à un passage assez obscur où l'on ne sait pas trop que penser. L'embarras de l'auteur à raconter cette épisode semble manifeste. C'est tout à fait regrettable.
Joker a écrit :Quant à la citation que vous reprenez dans votre conclusion, je l'ai reprise du livre même, l'auteur l'ayant inscrite en guise de préface.
Cela ressemble plutôt à un texte qui figure sur la jaquette de l'ouvrage. Et j'espère que ce n'est pas l'auteur, elle-même, qui l'a écrit, car comme je l'écrivais dans mon message précédent, c'est à l'écoute des coeurs des femmes qui ont aimé Napoléon qu'elle s'était mise et non à celle du coeur de Napoléon lui-même. Il serait donc regrettable qu'elle fasse preuve de si peu de clairvoyance sur ses propres écrits. :cry:
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Message par Joker » 23 juin 2006 19:21

Une femme est sans doute plus à même de se mettre à l'écoute d'autres femmes qu'à celle d'un être complexe tel que l'était Napoléon.
La citation reprise par Jeanine Boissard en guise de préambule à son ouvrage n'est peut-être pas la plus appropriée.
Quant à savoir si elle dispose de la clairvoyance qui la rend apte à juger de ses propres écrits, c'est évidemment une question à laquelle je suis bien en peine de répondre... :wink:
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Message par Fortune » 09 août 2006 12:28

Merci Chers Messieurs de nous conseiller la lecture du livre de Jeanine Boissard (malgré quelques bémols), c'est vrai que j'ai ce livre dans ma bibliothèque mais j'en ai toujours repoussé la lecture à plus tard, trouvant toujours d'autres priorités. Mais je vais le ressortir, c'est une parfaite lecture d'été en plus... :salut:
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Message par CC » 10 août 2006 21:58

Il se lit très vite et très facilement. C'est comme un roman d'amour.

C'est Marie que je préfère.
Et Marie-Louise que je classe en dernier. Loiiiiinnnnn derrière les autres. :diable:
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Message par Invité » 02 sept. 2006 20:59

Comme je vous suis, CC...!
Marie Walewska a été la seule femme qui a aimé Napoléon vraiment sincèrement et avec abnégation.
C'est tellement rare.
Si Napoléon l'avait épousée et reconnu son fils comme héritier...
Mais bon, je reconnais que je suis trop romantique... :wink:


:roserouge:
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Message par Frédéric Staps » 02 sept. 2006 22:26

Marlène a écrit :Marie Walewska a été la seule femme qui a aimé Napoléon vraiment sincèrement et avec abnégation.
C'est tellement rare.
C'est oublier un peu vite les réticences initiales de Marie à se retrouver dans le lit de Napoléon et les circonstances (assez obscures) de leurs premières relations sexuelles. :?
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Message par Invité » 03 sept. 2006 6:51

Oui, au début...
Mais la suite a bien prouvé la profondeur de son amour.
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Message par Frédéric Staps » 03 sept. 2006 7:51

Marlène a écrit :Mais la suite a bien prouvé la profondeur de son amour.
Surtout son mariage avec Philippe-Antoine d'Ornano le 7 septembre 1816. :lol:
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