Anatomie de la bataille

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Frédéric Staps
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Anatomie de la bataille

Message par Frédéric Staps »

Dans Anatomie de la bataille (première édition, 1977, traduction française, 1993), l'historien britannique John Keegan examinait la manière dont les batailles étaient perçues et vécues par les troupes. Pour mener cette recherche, il avait retenu 3 batailles :
  • Azincourt, 1415
  • Waterloo, 1815
  • La Somme, 1916
Ce livre, assez intéressant, ne semble toutefois pas avoir beaucoup suscité l'intérêt de ceux qui s'intéressent à Waterloo. :cry:
c.c.
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Message par c.c. »

Peut-être parce que l'auteur est britannique?
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

CC a écrit :Peut-être parce que l'auteur est britannique?
Oui, pour les napoléoniens les plus bornés, ça joue sûrement. Mais il n'y pas que des napoléoniens bornés qui s'intéressent à Waterloo.
J'ai notamment été surpris de ne pas voir mentionner ce livre dans la bibliographie du dernier livre de Bernard Coppens sur Waterloo. Certes, il ne s'agit pas d'une histoire classique de la bataille de Waterloo qui essaierait de retracer et d'expliquer toutes les péripéties de la bataille du début à la fin. Au contraire, l'approche est plutôt thématique. Keegan examine successivement comment se sont déroulés les affrontements entre infanterie et cavalerie, artillerie et cavalerie, artillerie et infanterie, infanterie et infanterie et cavalerie et cavalerie. Il ne cherche pas vraiment à expliquer les raisons de la victoire ou de la défaite, ni à glorifier ou dénigrer les actions de l'un ou l'autre.
Il me semble que cette approche devrait intéresser tout particulièrement ceux qui font de la reconstitution.
c.c.
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Message par c.c. »

C'est l'aspect des batailles qui m'intéresse le plus - les stratégies nettement moins.
Mais je ne connaissais pas ce livre - peut-être ne suis-je pas la seule?
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

On y apprend notamment que le colonel Ponsonby qui commandait la charge anglaise qui a taillé en pièces les colonnes de Drouet d'Erlon s'est fait embrocher à son tour lorsqu'il battait en retraite parce qu'il avait choisi pour des raisons d'économie de ne pas utiliser son meilleur cheval.
Rigoumont
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Message par Rigoumont »

Bonjour,

Si il en parle, que dit-il des charges de la cavalerie française?
:salut:
Que peut-on voir à 8 km s'il y a de la brume?
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Diana
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Message par Diana »

Cependant ce livre me semble très intéressant...Les batailles vues par les soldats qui sont, tous comptes faits, les vrais acteurs doivent révéler des situations et effets bien différents de ceux décrits par les états majors.
Le premier signe de l'ignorance, c'est présumer que l'on sait.
(Baltasar Gracián 1601-1646)
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

Du même John Keegan, je viens de terminer la lecture de son livre sur la Grande Guerre, qui est assez intéressant, même si le récit de certains épisodes de la guerre est parfois difficile à suivre, notamment sur le front oriental où certaines villes ont tellement changé de nom qu'on s'y perd un peu.

A la différence des guerres napoléoniennes, l'histoire de la Première Guerre mondiale ne semble plus susciter de violentes polémiques. Au contraire, il semble même y avoir un relatif consensus autour du fait qu'il s'agit d'une boucherie en grande partie inutile dont la majeure partie des participants sont des victimes qui ont éprouvé des souffrances épouvantables et non des héros qui ont écrit de glorieuses pages d'histoire.

On considère souvent que le temps qui passe apaise les passions et cela se vérifie en partie à propos de la Première Guerre mondiale, car aujourd'hui on ne considère plus comme il y a encore 30 ou 40 ans que les Allemands sont les grands responsables de cette guerre. En même temps, toutefois, si l'on compare avec la passion avec laquelle certains continuent à prendre parti pour Napoléon dans des guerres qui se sont pourtant déroulées un siècle plus tôt, on peut douter que ce soit simplement l'écoulement du temps qui apaise les passions.

Comment expliquer cette différence ?
c.c.
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Message par c.c. »

Par l'admiration du chef: Napoléon?
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

Le jugement porté sur les chefs militaires de la Première Guerre mondiale est en général et unanimement plutôt sévère. John Keegan estime d'ailleurs qu'il est en partie injuste. Il est vrai que le temps passé à table par Joffre ou les promenades quotidiennes à cheval de Douglas Haig pendant que les soldats sous leurs ordres doivent subir le feu de l'ennemi dans les tranchées peuvent choquer, mais prétendre qu'ils auraient été complètement incompétents par opposition aux chefs militaires de l'époque de Napoléon est quelque peu simpliste. Pour nuancer cette opinion, Keegan fait d'ailleurs référence à la manière dont Wellington a pu rester informé de la situation de la bataille à Waterloo, alors que lors de la bataille de la Somme, le commandement anglais perdait tout contact avec ses troupes dès le moment où celles-ci faisaient une percée sur un front de plusieurs dizaines de kilomètres. Lors de la Première Guerre mondiale, les moyens de communication n'avaient pas évolué de manière suffisante pour permettre de diriger efficacement une bataille de grande ampleur.
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