Journal Bonapartiste

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Message par FA8 » 12 Juil 2015 11:52

Qui pourrait m'en dire plus sur le Nain Jaune????

Amicalement

Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 14/01/2004 17:16
FA8
 

Message par Karl » 12 Juil 2015 11:52

Le Nain Jaune, conte de Mme d?Aulnoy

Vers le milieu du XIXe siècle, l'imprimerie Pellerin à Épinal crée de nombreuses planches sur le thème des contes de fées. L?imagerie populaire connaît alors une importante évolution avec l?adoption de la lithographie à partir des années 1830. Parce qu?elle autorise des tirages en grand nombre, cette technique supplante peu à peu la gravure sur bois. La lithographie permet aussi d?obtenir un dessin plus fin que réalisent désormais de véritables artistes-graveurs. Cette délicatesse du trait se retrouve parfaitement dans ce Nain jaune qui présente un coloris particulièrement frais et raffiné. La planche du Nain Jaune est subdivisée en quinze cases dans lesquelles se déroulent les scènes principales de l?histoire sous-titrées d?une phrase en restituant l?action. C?est un conte de Mme d?Aulnoy (1650-1705), célèbre pour L?Oiseau bleu et La Chatte blanche. La baronne accorde une large place au bestiaire fantastique, inventant des animaux fabuleux pour pimenter ses récits. Comme Le Petit Chaperon rouge version Perrault, Le Nain Jaune est un des rares contes de fées qui se terminent mal.
http://expositions.bnf.fr/contes/feuille/nain/intro.htm

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Karl le 16/01/2004 21:40
Karl
 

Message par Karl » 12 Juil 2015 11:53

Image

-Desalles-

DERNIER EFFORT
DU NAIN JAUNE POUR SOUTENIR NICOLAS

Le nom de Nicolas, prénom roturier, voire paysan, fut inventé
par les Royalistes pour dévaloriser lEmpereur, et accuser son caractère usurpateur et aventurier.
Arenenberg, Napoléonmuseum.

Cette caricature connue en plusieurs exemplaires (B.N., Est., Qb 1, août 1815 et T.f.47, pt. f°, p. 7 ; coll. de Vinck ; Paris, Bibliothèque Thiers), date des débuts de la seconde Restauration, peu après Waterloo. Elle fait appel à un jeu de cartes populaire, le nain jaune, où celui-ci tient lieu en quelques sorte de "pouilleux", comme dans cet autre jeu de cartes du même nom. Dans la culture populaire, le nain est assimilé aux forces du mal, aux forces du chaos. Ce sont donc elles qui soutiennent l?Empereur dans cette gravure satirique. Napoléon est ainsi mis une fois de plus en parallèle avec le diable ou l?ogre, dont l?idée courrait à la fin de l?Empire. Mais il y a plus. Le Nain Jaune était, de 1814 à 1815, le nom d?un journal qui stigmatisait les membres de l?Ancien Régime revenus en France. Il était donc assimilé par les Royalistes à un soutien à Napoléon. En fait, son fondateur, Cauchois-Lemaire (1789-1861) voulait surtout créer une tribune de liberté et de vérité. C?est pourquoi quand, en 1816, il dut se réfugier en Belgique, il relança son journal en fondant une société d?administration dite des "anti-éteignoirs", opposée à la monarchie, sans être pour autant bonapartiste.

http://www.napoleon.org/fr/hors_serie/c ... tures1.htm


La caricature et le pamphlet. Le texte et l'image
C'est par ce moyen de l'allégorie d'ailleurs que la caricature peut finalement apparaître comme une mise en image des pamphlets qui circulaient alors. Citons le portrait que Mme de Staël, opposante de toujours, dressa de Napoléon : "Il avait des habits tout d'or et des cheveux plats, une petite taille et une grosse tête, je ne sais quoi de gauche et d'arrogant, de dédaigneux et d'embarrassé qui semblait réunir toute la mauvaise grâce d'un parvenu à toute l'audace d'un tyran. On a vanté son sourire comme agréable ; moi, je crois qu'il aurait certainement déplu dans tout autre, car ce sourire, partant du sérieux pour y rentrer, ressemblait à un ressort plutôt qu'à un mouvement naturel, et l'expression de ses yeux n'était jamais en accord avec celle de sa bouche" (7). Mais ce fut surtout Chateaubriand, dans son De Buonaparte et des Bourbons, 1814, qui alla le plus loin : "Buonaparte n'a rien de français : ni dans ses moeurs, ni dans le caractère. Les traits mêmes de son visage montrent son origine". C'est que Napoléon était un aventurier, selon ses ennemis, un brigand dont tous les pamphlets s'emparèrent. On relèvera que nombre de caricatures l'appellent Nicolas. Dans Bonaparte démasqué (1814) - titre qui fait penser à la planche intitulée Le Tyran démasqué -, il est écrit : "Ses véritables prénoms sont Antoine-Nicolas, mais ce nom de Nicolas n'étant pas assez distingué, il le métamorphosa en celui de Napoléon" (8). Nicolas (Colin) était en effet un prénom roturier. L'Angleterre pour sa part appelait familièrement Napoléon "Boney", diminutif de Bonaparte, tandis que Talleyrand devenait "Talley". Beaucoup de pamphlets faisaient aussi référence à l'inconscient collectif du peuple, et en 1814 on vit paraître aussi bien l'Attila de Mme de Staël (9) que l'Ogre de Corse de Rougemaître et en 1815, le Néron Corse (anonyme). L'Ogre, les figures noires de l'histoire, le diable, tout cela se trouvait amalgamé autour de Napoléon, et nombre de caricatures s'en font l'illustration. Dans l'Ogre de Corse, Rougemaître pastichait la figure de Gargantua et l'esprit des contes de fées. S'adresser à une population en grande partie illettrée, en faisant référence aux superstitions était en effet d'une grande habilité. Cette méthode se retrouvait dans certaines caricatures comme le Dernier effort du Nain Jaune pour soutenir Nicolas. Le dessein du texte et de l'image était parallèle en la circonstance : il s'agissait de noircir l'Empereur, en en faisant l'incarnation de l'esprit du mal. D'autres exemples pourraient être trouvés en rapport avec les pamphlets. Citons encore le cas de ces caricatures mettant en avant la lâcheté de l'Empereur, accusé de s'être enfui d'Egypte et d'avoir abandonné son armée, d'avoir fui de Russie, d'avoir fui à Waterloo. Dans Buonaparte ou l'abus de l'abdication (1815) , on trouve ces mots à propos de la bataille de Waterloo :
"Bertrand : Ah ! Sire ! ah ! Mon maître ! Tout est perdu ; il ne nous reste qu'à mourir. Voyez, quel chaos ! quelle confusion !

Buonaparte : Oui, il me semble en effet... Diable ! ... Mon ami, allons à Paris. L'air de la Belgique ne me vaut rien. Gourgaud... Qu'on arrête les fuyards avec le plus grand soin, je me sauve.

Un officier : Comment ! Il se sauve ? Il nous abandonne ?

Gourgaud : Vous voilà bien étonné ! Ce n'est pas la première fois."

Dans la même pièce, on rencontre des allusions aux prétendus amours de Napoléon pour la Reine Hortense ("Ah ! Ah ! Céleste créature ! Ah ! Ah ! Amour à la plus belle !"), à l'homosexualité de Cambacérès ("Allons, retournez-vous, que son Altesse sérénissime vous reconnaisse"), personnages qui ainsi que nous l'avons dit servirent aussi de terreau aux caricaturistes.

Nous pourrions multiplier à loisir les concordances et les adéquations entre caricatures et pamphlets (10). Arrêtons-nous cependant à ces quelques exemples très significatifs de la mise en image de l'écrit par la caricature dont nous parlions plus haut.

La question de l'écrit est d'ailleurs fondamentale en ce qui concerne la caricature. C. Clerc a fort judicieusement repéré trois groupes dans lesquelles intervient l'écrit, de façon différente (11). Soit nous avons affaire à une image pure, avec un simple titre, soit nous nous trouvons face à un texte évoquant une image, le pamphlet. Entre les deux, texte et image s'entremêlent. Et en ce cas, deux possibilités sont à envisager. L'écrit peut être une légende explicative de l'allégorie. Mais, plus subtil, il peut s'inscrire dans le corps de l'image, en particulier sous forme de "bulles" ou de phylactères - anticipant ainsi sur la bande dessinée -, évoquant les paroles des personnages représentés. La caricature devient alors véritablement narrative, et se rapproche des pamphlets ou vaudevilles, dont elle reprend les dialogues. C'est ici qu'intervient pleinement la mise en image. La caricature est alors une sorte de synthèse théâtrale, où l'image représente la scène et les acteurs. On conçoit dès lors pour quelles raisons certaines feuilles s'inspirèrent directement du théâtre populaire, ou plus largement du spectacle forain (La ruine du fabriquant de cire !..). En fait, l?esprit narratif de la caricature, particulièrement en Angleterre, fut à l?origine de la bande dessinée. L?utilisation des bulles pour les dialogues en est l?élément le plus significatif.

http://www.napoleon.org/fr/hors_serie/c ... intro.html

Je continue à chercher ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Karl le 17/01/2004 18:11
Karl
 

Message par FA8 » 12 Juil 2015 11:53

Merci mais aucune d'information en tant que journal bonapartiste???

Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 17/01/2004 10:46
FA8
 

Message par FA8 » 12 Juil 2015 11:53

Très intéressant ce que vous avez trouvé. J'ai posé cette question, car je suis en train de lire " Les Cents Jours ou l'Esprit de Sacrifice " de Villepin, et il fait mention dans son livre du Nain Jaune comme Journal Bonapartiste.

Vos recherches m'ont aidé. Merci!


Amicalement

Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 17/01/2004 22:06
FA8
 

Message par the argie » 12 Juil 2015 11:53

Je suis très intéressée à la propagande anti-napoléonienne. J'ai cherché beaucoup mais c'est la premier fois que j'écoute cette histoire du Nain Jaune.
Pourriez-vous parler un peu plus?.
C'est très intéressant.
Merci d'avance

Posté sur le forum Pour l'Histoire par the argie le 17/01/2004 22:51
the argie
 

Message par Drouet cyril » 12 Juil 2015 11:53

Bonjour,

Le premier numéro du Nain Jaune parut en 1814, succédant ainsi au Journal des Arts et de la Littérature, dont Louis-François-Auguste Cauchois-Lemaire (1789-1861) était également propriétaire.
Quotidien ouvertement libéral, le Nain Jaune fut supprimé en 1815 (il continua cependant de paraître illégalement) pour renaître sous le nom de Fantaisies (1 n°) puis de Journal des Arts et de la Politique (24 n°).
Sous le coup d’un mandat d’arrêt, Cauchois-Lemaire se réfugia, en mars 1816, à Bruxelles où il publia deux nouvelles feuilles, Le Nain jaune réfugié et le Vrai libéral.
Cauchois-Lemaire fut ensuite contraint de quitter la Belgique en mai 1817, pour Hambourg, puis la Haye et de là, pour d’autres villes de Hollande, avant de revenir en France après l’ordonnance d’amnistie du 5 septembre 1819 et de continuer, bon en mal en (nombreux procès et condamnations), son métier de journaliste.

Pour mémoire, le Nain jaune s’attaqua à Barras et publia, à cet effet, le billet suivant ; billet soi-disant tombé de la poche du ministre de la police et où on avait « cru reconnaître la signature de Barras » :

« J’ai fait courir sous le manteau, selon vos ordres, un libellé plus violent que raisonné, intitulé le Nain tricolore. On verra quel en sera l’effet. C’est un os jeté en avant, un appât pour connaître ceux qui voudraient y fournir des articles, ou s’en procurer des numéros. Peut-être quelques rédacteurs du Nain jaune s’y laisseront-ils prendre : c’est du moins le moyen de les effrayer ou d’atténuer l’effet que produirait leur feuille si elle venait à paraître. »

Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 18/01/2004 10:01
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