Les dupes de l'Empire

Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque

Les dupes de l'Empire

Message par Frédéric » 12 Juil 2015 12:06

Souvent, les inconditionnels de Napoléon aiment à clamer que, si les grosses épaulettes et les bourgeois ont "trahis" Napoléon, l'armée et le "petit peuple" lui sont resté fidèles parce qu'il avait été bon pour eux et qu'il représentait l'"idéal" révolutionnaire.

Ne pourrait on pas plutôt considérer que si le peuple et les soldats ont conservé une image positive de Napoléon, c'est avant tout parce qu'ils ont été dupé par le peu d'information qui filtrait jusqu'à eux.

Le rares journaux ne donnaient qu'au rares personnes qui savaient lire une vision plus que positive de l'empire, les bulletins et les proclamations à l'armée ne parlaient que des victoires et de la gloire ramassée sur les champs de bataille...

Par contre, les hauts placés ont sans doute eu une vision plus juste de ce qui se passait réellement et ont donc perçu plus rapidement la tounure que prenaient les événements.

Cordialement

Frédéric

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric le 02/10/2003 07:19
Frédéric
 

Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 12:07

Il est de toute façon extrêmement complexe d'évaluer la popularité réelle de Napoléon. Prétendre comme on le fait souvent qu'il avait le soutien du peuple est plus un postulat de principe que le résultat d'une observation. Les plébiscites qui se faisaient à registre ouvert peuvent difficilement être considérés comme une juste évaluation de l'opinion publique. D'ailleurs, lors du premier plébiscite, Napoléon lui-même avait cru bon de gonfler les chiffres de votes favorables alors qu'il avait quand même une large majorité en sa faveur.
La crise économique de 1810-1811 face à laquelle le gouvernement n'avait pas trouvé de mesures efficaces à adopter avait d'ailleurs entamé en partie la confiance de la population. Est-ce pour cela que Napoléon a cru utile de se lancer dans une nouvelle campagne militaire qu'il espérait rapide et victorieuse ? Ce n'est pas impossbile. Encore qu'il soit difficile de le démontrer.
Si tel était bien le but de la campagne de Russie, on peut conclure qu'il ne fut pas atteint. Au contraire. Cette campagne désastreuse et les campagnes d'Allemagne et de France qui suivirent provoquèrent une chute de popularité de Napoléon encore plus importante. En 1814, il est loin d'être sûr que le peuple aurait suivi Napoléon s'il avait voulu le mobiliser contre l'envahisseur. Une tentative du même genre se solda en 1870-1871 par un échec retentissant et déboucha sur une situation de quasi guerre civile en France, sans repousser le moins du monde l'envahisseur prussien.
C'est finalement surtout lorsque Napoléon ne fut plus au pouvoir qu'on commençat vraiment à l'apprécier. La popularité du régime napoléonien est donc plus liée à un rejet des nouveaux régimes en place et à une recréation nostalgique d'un passé glorieux idéalisé qu'une réalité au moment où Napoléon était au pouvoir. L'histoire du Second Empire le montre bien. Louis-Napoléon se fait élire sur base de la légende de son oncle et profite de cette situation pour accaparer comme lui le pouvoir. Mais il n'est pas non plus assuré de sa popularité. Même s'il maintient un système électoral relativement libéral, il essaie de s'arranger pour influencer le résultat de chaque élection (par un système de candidats officiels présentés par le gouvernement). Malgré cela, la popularité du régime commence à s'effriter et il doit finalement composer avec l'opposition en libéralisant le régime. Le soulèvement de 1870 n'a pas pour but de soutenir le régime impérial, mais bien de défendre la patrie en danger.
Suite à cet épisode, le divorce entre les Français et le régime impérial est définitivement consommé. Napoléon III est rejeté dans l'enfer des souverains médiocres et stupides (il n'en est d'ailleurs toujours pas vraiment sorti malgré des études historiques qui ont montré que le Second Empire était loin d'être le pire régime qu'ait connu la France), tandis que la République récupère à son profit la légende de son oncle. Napoléon Ier cesse d'être celui qui a ramassé la courronne qui traînait dans le ruisseau pour devenir le fils et le continuateur de la Révolution.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 02/10/2003 08:30
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Message par hypolite » 12 Juil 2015 12:07

Que je sache, le Retour de L'Aigle en 1814 n'est pas une légende et il avait un fort soutiens populaire ! Ceci dit, la foule est versatile et les même qui acclamaient l'arrivée du Tsar et de Louis XVIII, accalamaient quelques mois plus tard le retour de l'Empereur ! :roll:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 03/11/2003 10:35
hypolite
 

Légende

Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 12:07

hypolite a écrit :le Retour de L'Aigle en 1814 n'est pas une légende

Si, si, c'est une légende ! Du moins la version qui situe l'événement en 1814. :lol:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 03/11/2003 12:07
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Message par hypolite » 12 Juil 2015 12:07

Euh, oui, 1815, excusez moi ! :oops:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 03/11/2003 12:39
hypolite
 

Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 12:07

Il ne faudrait quand même pas oublier que la prospérité relative de la France à l'époque napoléonienne reposait sur l'exploitation de ses voisins. Le blocus avait peut-être pour but de mettre l'Angleterre aux abois, mais il a eu surtout pour effet de permettre la vente "forcée" des produits français sans plus devoir être confrontés à la concurrence anglaise. Et même comme ça, le gouvernement français n'a pas pu empêcher les crises économiques.
Par ailleurs, les lourds tributs exigés des vaincus ont permis de renflouer les caisses de l'Etat sans devoir trop alourdir les impôts.
En parlant d'impôts, on peut d'ailleurs signaler que c'est ne 1804 que furent rétablis certains impôts indirects de l'Ancien Régime qui avaient été abolis par la Convention (comme l'impôt sur le tabac), mais également instaurés de nouvelles taxes comme celles sur les alcools.
Napoléon, grand bienfaiteur de l'humanité, avait donc déjà le souci de la santé publique. :wink:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 13/01/2004 13:37
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