Le premier putsch militaire de l'ère contemporaine

Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque

Le premier putsch militaire de l'ère contemporaine

Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 12:07

En essayant de donner une apparence de légalité à sa prise de pouvoir du 18 Brumaire, Napoléon Bonaparte innove sans doute. Il invente le coup d'Etat pour sauver la patrie en danger. Il aura de nombreux imitateurs.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 09/11/2003 11:47
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Tulard

Message par hypolite » 12 Juil 2015 12:08

Le coup d'état du 18 Brumaire était politique et ce n'est qu'aprés qu'il ait échappé à Sieyes qu'il est devenu "militaire", du moins, c'est l'analyse qu'en fait Jean Tulard ! :?:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 09/11/2003 12:43
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 12:08

Sans l'intervention des militaires pour faire déguerpir les députés, il aurait tout simplement été raté. Le charisme du futur premier consul n'avait pas du tout opéré et sans l'intervention de son frangin qui est allé rameuter la troupe, le général putschiste aurait été déclaré hors la loi.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 09/11/2003 16:39
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 12:08

Cette analyse de Jean Tulard me paraît un peu étrange. Il insiste beaucoup sur les péripéties du coup d'Etat pour conclure que Napoléon n'avait pas vraiment prévu quel parti il comptait en tirer. Que les choses ne se soient pas passées comme il le prévoyait, cela ne semble faire aucun doute. Mais le but poursuivi est bien celui qui a été atteint. En acceptant d'entrer dans le coup d'Etat imaginé par Siéyès, Napoléon prévoyait déjà de ne pas jouer les utilités. L'exigence d'être nommé Premier Consul avait, me semble-t-il, fait l'objet de négociations préalables entre les futurs consuls. Ce qui n'était pas vraiment prévu, c'était le recours à l'armée pour forcer la main des députés.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 15/11/2003 12:53
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Message par Dalmatie » 12 Juil 2015 12:08

Frédéric Staps a écrit : L'exigence d'être nommé Premier Consul avait, me semble-t-il, fait l'objet de négociations préalables entre les futurs consuls. Ce qui n'était pas vraiment prévu, c'était le recours à l'armée pour forcer la main des députés.



Non, il n'était pas question de Premier consul, il s'agissait simplement de donner une autre constitution à la France. Tout le monde croyait que Sieyes en avait une toute prête sous la main. Mais personne, au moment du coup d'état, ne savait exactement vers où on allait.

Dans ses "délires" Sieyes imaginait un executif bicéphale avec un consul pour les affaires extérieures, un consul pour les affaires intérieures, et un "grand electeur", installé à Versaille, chargé de surveiller le tout et d'inaugurer les chrysanthèmes. Ce poste, purement "décoratif", était celui réservé à Bonaparte.

Mais celui ci, qui aux yeux de l'opinion paraissait le véritable vainqueur de Brumaire car, grace à l'intervention de Murat, c'est l'armée qui avait gagné la partie, faisant passer Sieyes au second plan, profita de sa position dominante pour faire valoir ces idées.

Pour reprendre l'expression de Tulard, ce fut un coup d'état dans le coup d'état.

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Message par hypolite » 12 Juil 2015 12:08

Je penses que Tulard n'a pas tout a fait tord car si le coup d'Etat était resté "parlementaire", Napoléon aurait eu plus de mal à s'imposer face à Sieyes, mais aprés l'intervention de l'Armée, la "domination" de son chef devenait évidente ! :wink:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 15/11/2003 18:37
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Message par FA8 » 12 Juil 2015 12:08

Je pense surtout que Napoléon s'est servi de Sieyes en faisant croire à ce dernier qu'il serait son sabre. Sieyes s'est fourvoyé sur son jugement et il s'est fait oublé.

Napoléon n'aimait pas attendre, il était assez impulsif, et préferait prendre les choses par la main, plutot que le contraire. Ce qui explique son intrusion dans la salle etc....

Amicalement

Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 18/01/2004 12:34
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 12:08

Kadum a écrit :vous me faites encore marrer,car consul pour 10 ans ,renouvelable pour 30 ans !
le 2 décembre était inscrit dès le départ de cette affaire,pour preuve le général qui appuya sa cavalerie a Marengo dit : je viens de lui mettre la couronne sur la tête ...

Je suis plutôt d'accord avec cette opinion, même s'il est impossible de démontrer qu'elle est exacte. Il existe bien des indices qui tendent à prouver que, dès avant le coup d'Etat, Bonaparte ambitionnait de jouer un rôle majeur dans la vie politique française et qu'il n'avait nullement l'intention de se contenter d'un second rôle. Toutefois, il n'est pas possible de savoir s'il pensait vraiment arriver à devenir empereur.
Il avait d'ailleurs désavoué son frère Lucien qui fut contraint à la démission de son poste de ministre de l'Intérieur quand celui-ci avait fait paraître en novembre 1800 une brochure vantant les mérites du Premier Consul et abordant la question de l'hérédité, non pas parce qu'il était vraiment hostile à ce principe, mais parce qu'il estimait prématuré d'en parler.
Si j'avais écrit dans un autre échange que le coup d'Etat ne rendait pas la disparition de la République inévitable, ce n'était donc pas en fonction de ce que Bonaparte envisageait, mais plutôt pour souligner que si ce coup d'Etat avait été réalisé par un général "légaliste" soucieux d'abord de sauvegarder les intérêts de la France plutôt que de servir ses ambitions, les événements auraient pu prendre une autre tournure. Il n'y avait pas de fatalité à ce que la France cesse d'être une république. C'était par contre le rêve de Bonaparte.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 08/05/2005 13:50
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