Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque
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Frédéric Staps
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La paix d'Amiens

Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 12:19

Rovigo sur un autre forum a écrit :Napoléon n'aurait jamais dû signer la paix avec l'Angleterre. Il était le plus fort. En donnant à ces $&§#@ d'Anglais un répit, il leur a laissé reprendre du poil de la bête. S'il n'avait jamais signé cette paix, il y aurait peut-être eu une révolution en Angleterre qui était aux abois.
Personne n'a répondu à ce message. Etait-ce parce que l'analyse était trop juste ? :lol:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 20/12/2003 14:48

hypolite

Message par hypolite » 12 juil. 2015 12:19

Non, je n'avais tout simplement pas vu le sujet ! :oops:
Mais justement, cette reflexion rejoint ce que demandait Argi et prouve bien que Napoléon était capable de faire des concessions pour obtenir la paix ! :wink:


Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 20/12/2003 17:35

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 12:19

Quelles concessions a-t-il faites pour la maintenir ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 20/12/2003 17:58

Wagram

Message par Wagram » 12 juil. 2015 12:19

Je ne peux m'empêcher de voir un perche tendue vers moi avec ce message.


Quelles concessions a-t-il faites pour la maintenir ?
Le contexte est tout particulier, il faut rappeler quand même que cette paix, Anglais et Français la souhaitaient très fort, elle représentait pour Bonaparte un but ultime, la pacification de l'Europe, ce qui fût fait, pendant peu de temps, mais fait.

Il n'y a pas eu de grandes concessions car le traité était ce qu'il était, on peut considérer qu'une fois signé il se devait d'être respecté, après tout cet accord, il a fallu du temps avant de le trouver, d'âpres négociations furent nécessaires. Il se suffisait à lui même pour Bonaparte, lui s'était engagé à le respecter, aux Anglais d'en faire autant, donc pas de retour sur ce qui fut signé.

Le 1er Consul était en position de force en terme d'image, on voit en lui un Washington, militairement il a battu les autrichiens 2 avant, et politiquement c'est lui qui fait le premier pas pour appeler la paix de " tous ses voeux". Cela lui donne un droit à une rigidité, rigidité qui fait parti de toute façon du personnage. En revanche économiquement il a besoin de la paix tant les affaires interieures exigent, là il est en position de faiblesse.

Pour revenir à votre question, oui quelques concessions furent faites par la France, notamment la proposition de remettre l'île de Malte à une puissance garante du traité d'Amiens, proposition de Talleyrand à Withworth. Cette concession, car s'en est une, en ce sens que le but recherché par les Anglais ( déposséder la France d'un point névralgique en méditérranée ) aurait été atteint, ceci aurait pu rassurer le gouvernement Anglais mais ren n'y fît, la réponse anglaise ne fut qu'un rappel de leurs éxigences, à savoir, évacuation de l île de Malte qui devindrait propriété Anglaise pendant 10 ans, conservation de l île de Lampedouze tout proche et évacuation de la Hollande par les Français.

Rien dans le traité ne spécifiait quoi que ce soit concernant le Piémont et la Hollande. Du point de vu diplomatique l'Angleterre procéda par ton sec, ultimatum et araisonement de navires Français, sans la moindre déclaration de guerre, on voit mal comment la reprise des hostilités auraient pu être évitée.

ps: lien vers l'intégralité du texte sur le traité d'Amiens:

http://www.napoleon.org/fr/salle_lectur ... amiens.asp

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Wagram le 21/12/2003 00:21

Dalmatie
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Message par Dalmatie » 12 juil. 2015 12:19

Wagram a écrit :Rien dans le traité ne spécifiait quoi que ce soit concernant le Piémont et la Hollande.

Il me semble que le problème du Piemont et de la Hollande avaient été abordé dans le traité de Luneville.

Si c'est le cas, il est normal que les Anglais demandent à ce que ce traité signé entre la France et l'Autriche soit respecté. Il est aussi normal que ces points n'apparaissent pas sur le traité d'Amiens car les Français avaient déjà pris des engagements à ce sujet.

Chaque traité n'a de valeur que par rapport à d'autres.

Il est hypocrite de claironner que les Français avaient respecté point par point le traité d'Amiens alors qu'ils se foutaient bien du traité de Luneville car ils pensaient que l'Autriche ne se relèverait pas de sitot de Marengo (funeste erreur).

Tout ceci ne fut que tromperie dans les deux camps.

Je pense pour ma part qu' Anglais et Français avaient besoin d'un break. L'Angleterre a rompu la trève quand elle s'est sentie prête pour la reprise des hostilités.

Amicalement

Dalmatie "differents angles de visions............."

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Dalmatie le 21/12/2003 08:22

the argie

Message par the argie » 12 juil. 2015 12:19

Le principal objectif de l'Angleterre en signant la paix était celui d'obtenir un traité de commerce avec la France. Mais ce n'était pas l'objectif de Napo. Au contraire, il n'a démontré jamais le moindre intérêt en le signer.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par the argie le 21/12/2003 21:29

hypolite

Message par hypolite » 12 juil. 2015 12:20

La politique protectionniste de la France ne pouvait, effectivement, pas coller avec la politique expansionniste de l'Angleterre ! :roll:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 22/12/2003 12:57

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 12:20

Les conceptions économiques de Napoléon étaient rétrogrades, comme celles de Colbert dont elles dérivaient. Les dirigeants de la France ont très longtemps cru que la puissance de leur armée leur permettraient d'assurer également leur suprématie économique. C'est pourquoi Louis XIV s'était lancé dans une guerre contre la Hollande qui se solda par un cuisant échec. Napoléon resta dans la même ligne de pensée et essaya comme la Révolution avant lui d'établir un blocus économique contre l'Angleterre tout en imposant aux pays conquis l'achat des produits français. A terme, cette politique était catastrophique, car elle ne pouvait réussir qu'en cas de maintien de la domination politique et militaire. Les commerçants et industriels français n'étant pas soumis à la concurrence ne faisaient aucun effort pour rendre leurs produits compétitifs. Dès que la contrainte se relâchait et que le marché s'ouvrait, les produits français se retrouvaient immédiatement en position d'infériorité par rapport aux produits anglais beaucoup plus concurrentiels. Pour assurer le maintien de l'activité économique en France, il fallait donc rester en guerre contre l'Angleterre.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 22/12/2003 16:03

the argie

Message par the argie » 12 juil. 2015 12:20

Le manque plus grand de Napoleón ait été peut-être sa vision de l'économie. Il avait une idée de l'économie plus propre du siècle XVIII que du siècle XIX.
Il ne faut pas oublier que l'Angleterre était dans plein processus d'industrialisation tandis que la France sortait d'une révolution.
Un pays économiquement isolé ne peut pas survivre. Le blocus imposé par Napoleón en Europe a affecté la Grande-Bretagne, Mais aussi est certain que l'Angleterre, à travers le marché noir, a pu placer ses produits, non dans la mesure où elle l'aurait légalement obtenu, bien sur mais il est aussi certain que les fonctionnaires de l'empire ont ferme les yeux.
Les produits français ont pu être imposés parce qu'il n'y avait pas d'autre chose, non parce qu'ils étaient meilleurs. C'ést le principal défaut de toute politique protectionniste.
Les Anglais produisaient des marchandises meilleures et dans une plus grande quantité parce que son système industriel était encore primitif (nous parlons du siècle XIX) mais meilleur que le français.
Quels bénéfices pourrait avoir obtenu Napoléon en signant un traité commercial avec l'Angleterrre ? Pour commencer, il aurait pu établir une limite à l'importation, établir d'importants paramètres de qualité, bien que je ne sache pas si ces choses étaient utilisées à cette époque

Posté sur le forum Pour l'Histoire par the argie le 22/12/2003 22:36

the argie

Message par the argie » 12 juil. 2015 12:20

Je ne sais pas si c'est correct poster icice message; il parle un peu d'Amiens ( seulement dans ces premières lignes) mais aussi de l'idée que Napo a eu de l'Angleterre, selon ses propres mots:
L?empereur pensait qu?au lieu de céder sur quelques points, il fallait au contraire forcer toutes les mesures pour amener plus tôt à la paix, qu?il était préférable de souffrir beaucoup tout de suite à souffrir longtemps; que l?Angleterre, cherchant par tous les moyens à échapper aux prohibitions pour soutenir son industrie et pour maintenir son crédit, lui, devait tout faire pour triompher de son adresse, pour obliger sa politique ennemie à céder.
-C?est un combat entre deux géants, ajouta-t-il. Les négociants des ports de mer se sont trouvés entre les deux champions Y avait-il un moyen d?empêcher que personne fut heurté? Mais ce combat à outrance est dans l?intérêt même de ceux qui se plaignent. Ils seront les premières à en recueillir le fruit. C?est l?Angleterre qui m?a poussé, forcé à tout ce que j?ai fait. Si elle n?avait pas rompu le traite d?Amiens, si elle avait fait la paix après Austerlitz, après Tilsit, je serais resté tranquille chez moi. La crainte de compromettre les capitaux de mon commerce m?êut maintenu. Je n?aurais rien entrepris au dehors, car ce n?était pas dans mon intérêt. Je ne me serais occupé que de la prospérité intérieure ; je me serais rouille, accoutumé au repos. Rien n?est plus doux. Je ne suis pas plus ennemi qu?un autre des douceurs de la vie. Je ne suis pas un Don Quijote qui a besoin de quêter les aventures. Je suis un être de raison qui ne fait que ce qu?il croit utile. L?autre différence entre moi et les autres souverains, c?est que les difficultés les arrêtent et que j?aime à les surmonter, quand il m?est démontré que le but est grand, noble, digne de moi et de la nation que je gouverne.
-Si l?Angleterre avait voulu, me répéta-t-il encore, j?aurais vécu en paix. C?est dans son intérêt seul qu?elle a continué la lutte, qu?elle a rejeté la paix, car, dans celui de l?Europe, elle l?êut acceptée. Ayant Malte dans la Méditerranée et pouvant garder d?autres points nécessaires à la sûreté de son commerce et au ravitaillement de ses flottes, que pouvait-elle prétendre ? Que pouvait-elle désirer pour sa sûreté ? Mais c?est le monopole qu?elle veut garder. Il lui faut un mouvement commercial colossal pour que ses douanes puissent payer les intérêts de sa dette publique. Si l?Angleterre eût été de bonne foi, elle n?aurait pas si constamment refusé d?entrer en négociations. Elle craint d?être obligée de s?expliquer, elle n?ose avouer ses prétentions. Si on négociait, elle serait forcée de les mettre au grand jour. On verrait alors de quel côté est la bonne foi.
« On dit, et vous le premier, Caulaincourt, que j?abuse de la puissance. J?admets ce reproche, mais c?est dans l?intérêt général du continent, tandis que l?Angleterre abuse bien réellement de sa force, de sa puissance isolée au milieu des tempêtes, et cela pour son seul intérêt, car celui de cette Europe, qui semble l?entourer de sa bienveillance, n?est compté pour rien par les marchants de Londres. Ils sacrifieraient tous les Etats de l?Europe, le monde entier à une de ses spéculations. Si la dette de l?Angleterre était moins considérable, peut-être serait-elle plus raisonnable. C?est le besoin de la payer, de soutenir son crédit qui la pousse. Plus tard, il faudra bien qu?elle prenne un parti sur cette dette. En attendant, elle lui sacrifie le monde. On s?en apercevra avec le temps ; les yeux se dessilleront mais il sera trop tard. Si je triomphe d?elle, l?Europe me bénira. Si je succombe, le masque dont elle se sert sera bientôt tombe et on s?apercevra alors qu?elle n?a pensé qu?à elle et qu?elle a sacrifié la tranquillité du continent à son intérêt du moment.
« Le continent, disait encore l?Empereur, ne pouvait, ne devait pas se plaindre des mesures qui avaient pour but de le fermer, dans ce moment, au commerce de l?Angleterre. Les réunions de territoires, contre lesquels on criait tant, n?étaient, me disait-il pour moi seul, que des mesures du moment, des moyens pour gêner l ?Angleterre, pour accabler son commerce, pour rompre, pour déshabituer ses relations. C?étaient des gages qu?il gardait dans ses mains, comme le Hanovre, comme tant d?autres populations, pour servir de compensations, soit à nos colonies, soit à celles de la Hollande, soit enfin à certaines prétentions auxquelles il faudrait bien que l?Angleterre renonçât dans l?intérêt général. »

Memoires de Caulaincourt
Posté sur le forum Pour l'Histoire par the argie le 31/12/2003 13:17

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 12:20

the argie a écrit :On s’en apercevra avec le temps ; les yeux se dessilleront mais il sera trop tard. Si je triomphe d’elle, l’Europe me bénira. Si je succombe, le masque dont elle se sert sera bientôt tombe et on s’apercevra alors qu’elle n’a pensé qu’à elle et qu’elle a sacrifié la tranquillité du continent à son intérêt du moment.
Encore une fois, les analyses de Napoléon sont très éloignées de la réalité et ses prédictions ne se sont absolument pas vérifiées. Il est bien singulier de sa part d'attribuer aux Anglais le sacrifice de "la tranquilité du continent à son interêt du moment", alors que la tranquilité du continent n'a pu être rétablie qu'avec sa chute.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 08/01/2004 11:02

FA8

Paix d'Amiens

Message par FA8 » 12 juil. 2015 12:20

Je voudrais savoir pour quelles raisons les anglais ont signé le traité de Paix d'Amiens, s'il était si contraire à leurs interêts???
Pourquoi ce traité a t il été signé dans cette ville???

Amicalement


Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 13/02/2004 16:04

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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 12:20

FA8 a écrit :Je voudrais savoir pour quelles raisons les anglais ont signé le traité de Paix d'Amiens, s'il était si contraire à leurs interêts ?
La question est sans doute mal posée. Le traité d'Amiens n'était pas si défavorable aux Anglais si les Français avaient respecté les conventions signées par ailleurs. Le problème est donc de comprendre pourquoi les Français n'ont pas respecté la Convention de La Haye et évacuer la Hollande au lendemain de la paix d'Amiens puisque c'est ce qui était prévu.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 13/02/2004 16:35

FA8

Message par FA8 » 12 juil. 2015 12:20

Le problème est donc de comprendre pourquoi les Français n'ont pas respecté la Convention de La Haye et évacuer la Hollande au lendemain de la paix d'Amiens

Avez vous la réponse?

Amicalement


Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 13/02/2004 17:56

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Drouet cyril
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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 12:20

Bonsoir,

Le peuple britannique était lassé d’une guerre qui durait depuis 1793 et accueillit avec liesse les préliminaires de Londres. De plus la dette de guerre ne cessait d’augmenter (12 milliards) dans le cadre d’un conflit aux perspectives stratégiques pour le moins aléatoires et où l’Angleterre était bien isolée.
Le remplacement de Pitt par Addington, en février 1801, est symptomatique de cet état d’esprit et laissa le champ libre aux partisans de la paix.

Amiens fut désigné comme la ville où devait être rédigé le traité définitif par le quinzième article des accords de Londres (1er octobre 1801) ; ceci parce qu’elle se trouvait sur la route liant les deux capitales sans pour autant être trop proche de l’Angleterre comme Calais par exemple.
Ce qui ne fut pas sans difficulté puisque la municipalité était loin d’être riche et émettait de sérieux doutes sur les capacités de la ville à recevoir avec pompe les corps diplomatiques.
Des fonds furent débloqués et les œuvres d’art de Versailles mises à contribution afin de décorer somptueusement les hôtels de la capitale picarde.

Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 13/02/2004 19:43

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