Napoléon et la Confédération helvétique

Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque

Napoléon et la Confédération helvétique

Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 16:46

L'attitude de Napoléon à l'égard de la Hollande a déjà été abordée à plusieurs reprises dans divers débats sur ce forum et sur un autre forum. Le refus de Napoléon d'évacuer les troupes françaises de Hollande et d'ainsi permettre aux Hollandais de se placer dans le statut de neutralité qu'ils souhaitaient a été justifié par le risque d'un changement d'alliance et un passage de l'allié hollandais dans le camp anglais plutôt que de devenir neutre. Ce raisonnement a peut-être une certaine cohérence. Cependant, il ne correspond peut-être pas entièrement à la réalité historique.
Il est intéressant par exemple de constater que l'attitude de Napoléon à l'égard de la Confédération helvétique qui, elle aussi, aurait souhaité adopter une position plus neutre dans les conflits de l'époque est assez similaire à celle qu'il a adoptée vis à vis de la Hollande, comme en témoigne l'extrait suivant du Dictionnaire Napoléon :
Napoléon a méprisé la Confédération et ne s'y est intéressé que dans la stricte mesure de ses intérêts, multipliant à l'égard de ses dirigeants les invectives et les menaces, aussi bien directement que par l'intermédiaire de ses ambassadeurs (surtout le vicomte de Talleyrand, neveu du ministre, de 1807 à 1814). Il lui impose une stricte alliance dès septembre 1803, exigeant 16 000 hommes pour son armée, sans compter un corps annuel; bientôt même, il décide qu'en temps de guerre la contribution suisse pourrait s'élever jusqu'à 40 000 hommes, et il lui interdit de fournir d'autres soldats à l'étranger, d'où le rappel des régiments suisses d'Angleterre, d'Espagne et de Naples. En 1803, il accélère les travaux de la route du Simplon, en 1806 il « donne » la principauté de Neuchâtel, enlevée aux Hohenzollern, au maréchal Berthier, sans consulter la Diète; même indifférence en 1809, quand la Grande Armée viole la neutralité helvétique lors de la guerre contre l'Autriche. L'Empereur refuse énergiquement d'intervenir auprès du royaume d'Italie pour la restitution de la Valteline, tout comme il laisse sans réponse les questions concernant la vallée des Dappes.

Encore une fois, profitant de sa position dominante en Europe, Napoléon décide d'imposer à ses voisins ses décisions et ils doivent s'y soumettre sans la moindre possibilité de discussion.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 12/02/2004 09:22
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Frédéric Staps
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