Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque
Benjamin

Message par Benjamin » 12 juil. 2015 17:49

Si c'est empire napoléonien ou français, ou quelque chose de ce genre, je maintiens que Napoléon n'est pas précurseur de l'idée européenne, mais qu'il a réussi un projet de conquête à la hauteur de sa mégalomanie. L'Europe n'est ni Napoléon, ni la France. Si vous n'êtes pas d'accord, allez expliquer votre point de vue à un Danois, un Italien, ou un flamand, pour n'en citer que trois.
A ce titre, il est assez comparable à Hitler, désolé.
Merci à Staps de m'être venu en aide par sa citation de Thierry Choffat et le rappel des quelques massacres qui sont les casseroles de Napoléon.
Je vois que vous n'évoluez pas monsieur le modérateur, curieuse façon de faire de l'histoire, vous confessez aisément avoir très peu de connaissances sur Napoléon et vous dîtes même qu'il ne vous interesse pas, par contre vous vous donnez le droit de porter un jugement et, comme de bien entendu, de nous resservir les habituels poncifs de la légende noire ( le seule qui semble vous interesser).

Je vous ai suggéré la lecture de mon site, modeste mais réalisé avec beaucoup de soucis de vérité, vous ne l'avez pas lu, vous n'avez sans doute même pas cliqué sur le lien. Je ne vous repproche pas de ne pas aimer Napoléon, c'est votre droit, je vous repproche de parler d'un sujet et d'un personnage très complexe sans vous donner même la peine d'acquérir un niveau passable.

Pour votre gouverne je ne réagis pas au quart de tour quand une personne fait une remarque négative sur Napoléon, je suis moi même capable d'en faire, je pense notamment à la campagne d'Espagne ainsi qu'à une certaine forme d'intransigeance de sa part. Mais je réagis quand on souille la mémoire d'un grand homme du à une fausse approche, des aprioris, et un grand manque de connaissance. Quant on parle d'un sujet en histoire ou autre on se renseigne, ce n'est pas en lisant 10 malheureux livres sur Napoléon que l'on acquiert une bonne connaissance.

Sur ce, je me tais, la balle est das votre camps.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Benjamin le 18/05/2004 09:44

hypolite

Message par hypolite » 12 juil. 2015 17:49

"Une des mes plus grandes pensées avait été l?agglomération, la concentration des mêmes peuples géographiques qu?ont dissous, morcelés les révolutions et la politique. Ainsi, l?on compte en Europe, bien qu?épars, plus de trente million de Français, quinze millions d?Espagnols, quinze millions d?Italiens, trente millions d?Allemands : j?eusse voulut faire de chacun de ses peuples un seul corps de nation. C?est avec un tel cortège qu?il eut été beau de s?avancer dans la postérité et la bénédiction des siècles. Je me sentais digne de cette Gloire ! Après cette simplification sommaire, il eut été plus possible de se livrer à la chimère du bel idéal de la civilisation : c?est dans cet état des choses qu?on eut trouvé plus de chances d?amener partout l?unité des codes, celles des principes, des opinions, des sentiments, des vues et des intérêts. Alors, peut être à la faveur des lumières universellement rependues, devenait il permit de rêver, pour la grande famille européenne, l?application du congrès Américain, ou celle des Amphictyons de la Grèce; et quelle perspective alors de force, de grandeur, de jouissance, de prospérité ! Quel Grand et magnifique spectacle !"
Napoléon 1er à Ste Helene.


Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 18/05/2004 09:52

Jean G.

Message par Jean G. » 12 juil. 2015 17:49

Benjamin a écrit :...nous resservir les habituels poncifs de la légende noire ( le seule qui semble vous interesser).
...
Quant on parle d'un sujet en histoire ou autre on se renseigne, ce n'est pas en lisant 10 malheureux livres sur Napoléon que l'on acquiert une bonne connaissance...
:) Je constate que je vous ai vraiment froissé!
Je reconnais mes lacunes, mais permettez-moi de vous dire que vous mettez la barre un peu trop haut pour autoriser quiconque à discuter de certains points très généraux: 10 livres sur Napoléon! Comme vous y allez! Je dévore des bouquins sur quantité de sujets. Désolé (encore une fois), je n'irai pas aussi loin avec Napoléon.
Et puis j'ai une objection à faire sur la partialité de vos connaissances: si, comme je peux le comprendre, vous avez lu bien au delà de 10 livres sur Napoléon (ce qui vous honore), comment pouvez-vous avoir la faiblesse de considérer la partie massacres et invasion comme une "légende noire"?
Mettre le mot "légende" sur les cadavres de champs de bataille, n'est-ce pas une tendance "négationiste"?
Mais j'accepte évidemment une explication, mon objection étant béotienne.
Vous verrez, avec de bons arguments, vous finirez pas m'intéresser au personnage.
Un forum, c'est fait pour ça.
Merci d'y participer. :wink:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean G. le 18/05/2004 10:05

Jean G.

Message par Jean G. » 12 juil. 2015 17:49

Entretemps, Hypolite nous a envoyé une info intéressante.
Merci Hypolite, je lis dans votre extrait une amorce de réelle ambition européenne de la part de Napoléon.
A ce niveau, maintenant, comme le demande Benjamin, il est nécessaire d'avoir lu d'autres sources pour se permettre de confirmer ou contredire.
La balle n'est plus dans mon camp. Je sais au moins que la question se pose.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean G. le 18/05/2004 10:13

Dalmatie
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Message par Dalmatie » 12 juil. 2015 17:49

Bonjour,

La pensée Européenne de Napoléon date de Sainte-Helene. Elle semble plus être une justification à posteriori qu'une grande idée qui aurait servi de base à un vaste plan.

Ce que reconnaissent des eminents Napoléonnien au dessus de tout soupçons.

Ainsi, Thierry Choffat a ecrit à propos de Napoléon III dans les actes du colloque de Vichy :
En clair, Napoléon III fonde sa politique européenne sur une interprétation, souvent personnelle, d'une réécriture de l'histoire faite par son oncle.
Pour le probleme Nap / Hitler, je dois dire que la comparaison me gène beaucoup. Pour moi, pauvre ignorant, Hitler c'est la solution finale, la mise à l'ecart d'une partie de la population, la méthode du bouc emissaire, la discrimination, tout faire au profit d'une seule race .....

Napoléon, c'est tout le contraire, il visait plutôt à integrer tout le monde quelques soient l'age, le sexe, la race ou la religion pour peut que l'on adhere aux lois du chef.

Hitler agissait par idéologie, au profit d'une caste, Napoléon allait plutot vers ce qu'il croyait être l'interet du plus grand nombre.


Amicalment

Dalamtie "c'est un peu décousu, j'espere que vous comprendrez ce que j'ai voulu dire....."

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Dalmatie le 18/05/2004 10:55

Jean G.

Message par Jean G. » 12 juil. 2015 17:49

Cher Dalmatie,
Vous m'apportez là un avis contradictoire qui me ramène à mes premières impressions de "candide au pays de Napoléon".
Ainsi, vous partagez mon opinion que Napoléon n'est pas un précurseur de l'Europe, sauf à posteriori.
Cela me rassure, je ne devrai pas me farcir au moins dix bouquins sur la question pour me justifier.
Quant à Hitler, je reconnais que mes fréquentes allusions à ce monstre en tant que clone de Napoléon sont nettement exagérées. Et vos précisions sont des plus pertinentes.
Merci.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean G. le 18/05/2004 11:06

nanesse
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Message par nanesse » 12 juil. 2015 17:49

J'avoue très "humblement" que je ne suis pas spécialiste de Napoléon mais je ne comprends pas les réactions provoquées par les interventions de Jean G.
En plus il présente ses excuses...Beaucoup n'en feraient pas tant.
Je trouve que dans cette rubrique "Napoléonl", l'atmosphère était beaucoup plus conviviale ces derniers temps. Alors ce serait plus sympa que ça continue, vous ne trouvez pas....?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Herculine le 18/05/2004 11:50

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 17:49

Il faut sans doute distinguer deux modèles différents de construction européenne.

D'une part, le modèle qui vient de la Rome antique qui est un modèle impérial où une puissance dominante étend son pouvoir à une partie plus ou moins importante du territoire européen. La Rome impériale n'est cependant pas à proprement parler une première version de l'union européenne puisque sa puissance s'étend autour de la Méditerrannée et non sur l'ensemble des territoires de l'actuelle Europe. Néanmoins, ce modèle va tout au long de l'histoire influencer les vues politiques de certains chefs d'Etat. Charlemagne en premier lieu qui reconstitue partiellement cet empire mais davantage autour de la France et de l'Allemagne que de l'Italie et de la Méditerranée qui est définitivement coupée en deux depuis les conquêtes musulmanes de la partie sud et ibérique avant les conquêtes orientales qui surviendront nettement plus tard. Puis viennent les empereurs germaniques en commençant par Othon jusqu'à Charles Quint. Eux aussi rêvaient de reconstituer l'empire romain mais cette fois-ci autour de l'Allemagne. Le hasard des successions et des découvertes lointaines feront de Charles Quint l'empereur sur l'empire duquel le soleil ne se couche jamais mais la réforme protestante et les guerres qui s'ensuivent qui déchirent le coeur même de son empire briseront irrémédiablement son rêve et son abdication marquera la fin de cet espoir d'une monarchie universelle.
Son grand rival, François Ier, rêvera lui aussi d'un grand empire européen puisqu'il se portera candidat à l'élection du Saint-Empire romain de la nation germanique et continuera les ambitions de conquête de ses prédecesseurs en Italie. Mais les guerres de religion viendront également contrecarrer ses projets.
Richelieu et Louis XIV faisant sans doute preuve de plus de réalisme se limiteront à réaliser une consolidation territoriale de la France, politique qui sur le long terme s'avèrera d'une plus grande efficacité que tous les rêves de conquête européenne pour reconstituer le modèle antique qui malgré tout continue à les influencer.
L'action de Napoléon en vue d'unifier l'Europe se situe essentiellement dans cette même logique de reconstitution de l'Empire romain grâce aux mêmes moyens que ses modèles antiques.
Malgré l'horreur de ses crimes, on ne peut non plus exclure Hitler de cette tradition. En appelant son régime le IIIe Reich, il tenait à se situer dans la continuité de l'empereur Othon.
A l'heure actuelle, les rêves de reconstitution d'un empire à la mode romaine n'alimente plus guère les réflexions des Européens. Par contre, le modèle a traversé l'Atlantique et continue donc à faire rêver certains présidents des Etats-Unis et leur entourage.

D'autre part, une autre tradition d'unification européenne repose plutôt sur des affinités culturelles et économiques entre les pays. On pourrait y voir une continuité avec la Chrétienté, si cette Chrétienté avait un jour été autre chose qu'un mythe. Cette idée de chrétienté fut néanmoins laïcisée à partir de la Renaissance avec des hommes comme Erasme qui se déclarait citoyen du monde. Le siècle des Lumières a semble-t-il beaucoup rêvé à cette idée d'une union des pays sur base du libre consentement qui serait un facteur de paix. Ces idées ont aussi influencé les idées et les discours de Napoléon, malheureusement nettement moins ses actes. La signature du Traité de Rome au lendemain de la Seconde Guerre mondiale se situe également dans cette tradition.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 18/05/2004 12:49

Benjamin

Message par Benjamin » 12 juil. 2015 17:50

J'avoue avoir été un peu acide dans ma réponse, je vous prie de m'en excuser :oops:

Simplement pour un admirateur de Napoléon, il est blessant de le comparer à ce monstre d'Hitler.
J'ai la facheuse manie de ne jamais synthétiser, on me l'a déjà fait remarquer, je vais donc essayer de pas trop m'étendre.

Napoléon était un immense stratège militaire ( général à même pas 25 ans), au milieu de ses hommes, ne craignant ni les boulets, ni la mitraille.
Ses talents militaires ont forcé l'admiration de tous.
Hitler était un pauvre caporal qui se prenait pour un grand chef.

Napoléon a pris le pouvoir par un coup d'état pacifique, un coup d'état dont au départ il ne devait pas être bénéficiaire, cela devait servir, entre autre Sieyes.

Napoléon avait une volonté de redonner éclat à son pays, son pays qui au lendemain du directoire est un pays exsangue, ruiné, malade. Hitler lui avait une volonté de créer une race supérieur. Ce n'était pas tant la nation en tant que térritoire mais en tant qu'unité Allemande supérieure qui l'interessait.

Hitler a massacré le peuple Juif, Napoléon l'a intégré.
Hitler s'est servis de ses armées pour asservir, pour suivre une idéologie morbide, ou les faibles entravaient les forts. Napoléon lui s'est servi de son armée pour se défendre des coalitions anti-Française. 3eme coalition ( Ulm/Austerlitz), 4ème coalition ( Iéna, Auerstadt), puis Eylau et Friedland. 5ème coalition ( Essling, Wagram) 6ème coalition ( Leipzig et campagne de France). 7ème coalition ( Waterloo).

Entre temps il y a eu l'Espagne qu'il avoua être une grosse erreur, mais cette sale affaire d'Espagne est due en grande partie à l'obligation qu'il avait de faire respecter le blocus continental, que le Portugal violait allègrement en commerçant avec l'Angleterre. Je ne m'étends pas plus, j'ai dis que je faisais court ca en prend pas le chemin :oops:

Hitler était un immense revanchard, un extrémiste, Napoléon était avant tout un homme des lumières et un militaire.
Napoléon a fait immensemment pour la France, en jettant ses masses de granit, code civil, banque de France, cour des comptes, conseil des prud'hommes, lycées, préfectures, la liste est si longue.

Après avoir pacifié l'Europe par la paix d'Amiens, il déclara pouvoir enfin se consacrer pleinement aux affaires interieures, il fut concilliant à un point que jamais plus il n'attendra, malgré cela l'Angleterre le pousse à la guerre.

A tort ces guerres furent baptisées "guerre napoléoniennes", cela est beaucoup plus complexe, et remonte bien avant que Napoléon ne soit au pouvoir, qui plus est il n'en est nullement le déclencheur, seulement peut être a t'il eu le tort de trop gagner, de trop croire que les victoires l'autorisaient à annexer... Il a mené un véritable bras de fer avec l'Europe, ces nations, Prusse, Autriche, Russie, Angleterre, finalement elle ont fait et défait Napoléon.

Il y a une phrase qui résume assez bien ces guerres, "j'étais forçé d'abattre sous peine d'être abattu".

Napoléon a été prisonnier de ses conquêtes.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Benjamin le 18/05/2004 12:56

hypolite

Message par hypolite » 12 juil. 2015 17:50

Je ne crois pas que les propos de Ste Hélène aient été une "justification", mais que l'Empereur avait réellement une ambition Européenne, car l'on retrouve des propos qui vont dans le même sens bien avant la rédaction du Mémorial (moins étayés bien sur) !
Par contre, il ne faut pas voir dans l'Europe Napoléonienne une préfiguration de l'Europe de Maastricht, car dans le cas qui nous préoccupe, c'est toujours la France qui est au centre du dispositif, mais avec une certaine générosité qu'a très bien relaté l'article de la revue du Souvenir Napoléonien ! :wink:


Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 18/05/2004 17:17

Jean

Message par Jean » 12 juil. 2015 17:50

1- On peut apprendre beaucoup en lisant intelligemment un seul livre très complet et bien écrit. La lecture de dix livres médiocres (ou plus) est inutile.
La lecture est parfois insuffisante pour déclarer tout connaître sur une période, un fait ou un personnage donné.
Et puis, sur quoi basez-vous le nombre de livres minimum ? (Et de quels types de livres s'agit-il ? Nombre de pages... Magazines, romans historiques, BD historiques, témoignages...)

2- Benjamin se permet donc de faire des critiques envers Napoléon. Il connaît donc parfaitement ce personnage ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 18/05/2004 21:43

Benjamin

Message par Benjamin » 12 juil. 2015 17:50

2- Benjamin se permet donc de faire des critiques envers Napoléon. Il connaît donc parfaitement ce personnage ?
Je n'ai pas cette prétention Jean ne croyez pas ça. De même que lire 10 livres médiocres n'est pas non plus utile, il fallait y voir simplement une image comme quoi la période est très complexe et le sujet inépuisable.

Pour ma part si les chiffres vous parlent, j'ai lu environ 90 livres sur le sujet, de tout, des biographies, des mémoires militaires, des livres autour du sujet lui même. Je ne suis qu'un amateur éclairé rien de plus.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Benjamin le 19/05/2004 07:25

Jean G.

Message par Jean G. » 12 juil. 2015 17:50

Cher Benjamin,
Vu nos récentes échanges, j'ai fini par aller voir votre site.
Elégante ergonomie, j'avoue.
Mais pour ce qui est de s'y faire une opinion sur Napoléon, c'est un peu décousu.
Je m'attendais à y trouver une histoire, mais on n'y trouve que le forum (qui est très bien fréquenté, me semble-t-il).
On ne peut pas jeter un "innocent" du sujet Napoléon, comme moi, dans de si nombreux débats, il faut commencer par une connaissance de base.
Puisque vous avez lu beaucoup (je vous pardonne "l'affaire" des dix bouquins, maladresse de votre part que nous ferions mieux de tous oublier), pourriez-vous me conseiller un livre d'introduction (De grâce, pas du genre "Juliette Benzoni" :wink: ) et, si possible, un autre qui serait contradictoire?
Ce n'est qu'en écoutant deux versions qu'on peut se permettre de se forger une opinion, ou l'ébauche d'une opinion.
Merci.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean G. le 19/05/2004 08:21

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 17:50

Benjamin a écrit :Napoléon était un immense stratège militaire ( général à même pas 25 ans), au milieu de ses hommes, ne craignant ni les boulets, ni la mitraille.
Ses talents militaires ont forcé l'admiration de tous.
Hitler était un pauvre caporal qui se prenait pour un grand chef.
Si Hitler avait eu un talent militaire égal ou supérieur à celui de Napoléon, les choses auraient sans doute été pires encore. On ne peut donc que se réjouir qu'il n'en ait rien été.
Benjamin a écrit :Napoléon a pris le pouvoir par un coup d'état pacifique, un coup d'état dont au départ il ne devait pas être bénéficiaire, cela devait servir, entre autre Sieyes.
Napoléon n'a jamais eu l'intention de se contenter de servir les intérêts de Siéyès. Dès le coup d'Etat, il s'était fait proclamé Premier Consul. Ces intentions étaient donc assez claires. Ensuite, il a très rapidement évincé Siéyès qui n'a plus jamais joué de rôle politique de premier plan. Le coup d'Etat a dû par ailleurs recourir à la force des armes sinon il était sur le point de tourner au désastre en partie parce que Bonaparte s'était montré maladroit. C'est en fait son frère Lucien qui en appelant les troupes à la rescousse lui a sauvé la mise.
Benjamin a écrit :Napoléon avait une volonté de redonner éclat à son pays, son pays qui au lendemain du directoire est un pays exsangue, ruiné, malade.
"Le Directoire n'a pas été qu'une république bourgeoise partagée entre incapables et corrompus, logiquement destinés à tomber sous les coups d'un général ambitieux, image laissée par une historiographie assez simplificatrice" (Jean-Pierre BOIS, De la paix des rois à l'ordre des Empereurs 1714-1815. Nouvelle histoire des relations internationales, t. 3, Paris, Seuil, 2003, p. 307)
Benjamin a écrit :Hitler lui avait une volonté de créer une race supérieur. Ce n'était pas tant la nation en tant que térritoire mais en tant qu'unité Allemande supérieure qui l'interessait.

Cette vision d'Hitler paraît un peu simplificatrice. ll arrive lui aussi au pouvoir dans un pays humilié et en crise profonde. Après l'épisode de l'inflation galopante liée à l'occupation de la Ruhr par les troupes franco-belges, l'Allemagne avait été frappée à nouveau par la crise économique mondiale. L'aspiration à un régime fort qui remettrait de l'ordre dans un pays en crise est donc en partie comparable à ce qui a amené Bonaparte au pouvoir. Et Hitler parvient au pouvoir non pas grâce à un coup d'Etat, mais grâce aux élections comme Napoléon III.
Benjamin a écrit :Hitler a massacré le peuple Juif, Napoléon l'a intégré.
Il y a effectivement une grande différence entre Napoléon et Hitler sur ce point. Il y aurait sans doute quelques nuances à apporter sur l'intégration due à Napoléon, mais ce sont des nuances qui ne font pas que la politique de Napoléon à l'égard des juifs puisse en rien être comparée à celle d'Hitler.
Benjamin a écrit :Hitler s'est servis de ses armées pour asservir
Napoléon a fait cela aussi. :cry:
Benjamin a écrit :pour suivre une idéologie morbide
L'idéologie occupe effectivement une place considérable dans la politique d'Hitler. Il n'en va pas de même pour Napoléon.
Benjamin a écrit :ou les faibles entravaient les forts.
Je ne comprends pas le sens de ce morceau de phrase.
Benjamin a écrit :Napoléon lui s'est servi de son armée pour se défendre des coalitions anti-Française.
Pas uniquement quand même. Napoléon s'est d'abord servi de son armée pour se hisser au pouvoir.
Benjamin a écrit :Entre temps il y a eu l'Espagne
Et aussi la campagne de Russie.
Benjamin a écrit :qu'il avoua être une grosse erreur
Napoléon reconnut surtout que l'affaire d'Espagne fut une grosse erreur parce qu'elle échoua. S'il n'avait pas échoué, il est probable qu'il n'aurait jamais considéré cela comme une erreur. Au Tyrol où les armées française et bavaroise connurent également de gros échecs mais où l'affaire se solda finalement par une victoire, Napoléon n'y vit jamais une erreur, alors que c'en était une.
Benjamin a écrit :mais cette sale affaire d'Espagne est due en grande partie à l'obligation qu'il avait de faire respecter le blocus continental
Obligation n'est sans doute pas le bon mot.
Benjamin a écrit :que le Portugal violait allègrement en commerçant avec l'Angleterre.
L'affaire d'Espagne et la guerre du Portugal sont des choses un peu distinctes et il est singulier de considérer que le Portugal a violé le blocus continental. En quoi Napoléon était-il en droit d'imposer au Portugal le respect de ce blocus ?
Benjamin a écrit :Hitler était un immense revanchard, un extrémiste
Les vainqueurs de la Première Guerre mondiale qui étaient en partie animés par un esprit de revanche (la France voulait faire oublier l'humiliante défaite de 1870 et la Belgique entendait faire payer à l'Allemagne la violation de sa neutralité) portent une certaine responsabilité dans le succès politique d'Adolf Hitler. Les clauses humiliantes du traité de Versailles n'étaient certainement pas de nature à apaiser les conflits en Europe. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la leçon était par contre mieux comprise et la création du Marché commun a eu pour but d'éviter de retomber dans les mêmes erreurs.
Benjamin a écrit :Napoléon était avant tout un homme des lumières et un militaire.
Napoléon a bien souvent commis les mêmes erreurs que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale. Il a cru que ses victoires lui donnaient le droit d'humilier les vaincus et de leur imposer des conditions de paix draconiennes. Résultat : il a suscité tout autant que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale de violentes réactions nationalistes qui ont amené de nouvelles guerres.
Benjamin a écrit :Napoléon a fait immensemment pour la France, en jettant ses masses de granit, code civil, banque de France, cour des comptes, conseil des prud'hommes, lycées, préfectures, la liste est si longue.
La comparaison ne portait pas sur ce point-là, mais sur la vision européenne des deux hommes. L'oeuvre de chacun pour son pays est un terrain glissant. On peut en effet relever des réalisations importantes d'Hitler pour l'Allemagne. Il a sorti l'économie de son pays de la crise et a ramené une certaine prospérité, mais à quel prix ? C'est bien là qu'est le problème : le réarmement, la spoliation des juifs (avant leur extermination), l'élimination brutale de la contestation ouvrière... Mais en oubliant ces aspects extrêmement négatifs, on peut toujours arriver à dresser un bilan positif de la politique hitlérienne. De même en saucissonnant l'histoire, on peut oublier la conscription, la ruine des pays voisins, l'étouffement des libertés qui marquent le règne de Napoléon pour ne retenir qu'une image idéalisée.
Benjamin a écrit :Après avoir pacifié l'Europe par la paix d'Amiens, il déclara pouvoir enfin se consacrer pleinement aux affaires interieures, il fut concilliant à un point que jamais plus il n'attendra, malgré cela l'Angleterre le pousse à la guerre.
"Un an après la signature de la paix d'Amiens, l'Europe n'est déjà plus en paix, sans être vraiment en guerre. Dès le début de 1803, ne voyant pas venir de traité de commerce et alors qu'elle assiste impuissante à l'intervention du Premier consul dans l'organisation politique et territoriale des républiques soeurs et de l'Allemagne, l'Angleterre refuse d'évacuer Malte et, le 26 avril, remet à Bonaparte un ultimatum; son ambassadeur quitte Paris. Le gouvernement de Londres, considérant la rupture diplomatique comme un état de guerre, contrairement aux usages diplomatiques, fait aussitôt saisir en mer des bâtiments de commerce français. La France peut stigmatiser la piraterie de la "perfide Albion", prétexte pour occuper le Hanovre et prendre pied en Allemagne du Nord. Dans l'immédiat, ce nouvel état de fait lui donne une occasion de se rassembler autour de son chef, résolution affermie par le retour des complots royalistes stipendiés par Londres - ainsi, celui de Cadoudal -, et couronnée par la transformation du Consulat en Empire. Le général Bonaparte, Premier consul, devient Napoléon Ier, sacré le 2 décembre 1804 à Paris par le pape Pie VII. Déjà dans le cadre de sa lutte contre l'Angleterre, l'Empereur se préparer à dominer l'Europe". (J-P Bois, Ouvr. cit., pp. 331-332)
Benjamin a écrit :A tort ces guerres furent baptisées "guerre napoléoniennes", cela est beaucoup plus complexe, et remonte bien avant que Napoléon ne soit au pouvoir, qui plus est il n'en est nullement le déclencheur, seulement peut être a t'il eu le tort de trop gagner, de trop croire que les victoires l'autorisaient à annexer...
Les guerres napoléoniennes (le qualificatif désigne avant tout l'époque et non le responsable des guerres) clôturent un long cycle pluriséculaire de guerres entre la France et l'Angleterre. On parle parfois d'une "troisième guerre de cent ans" inaugurée à l'époque de Louis XIV et qui se terminerait en 1815. Les guerres napoléoniennes inaugurent également un nouveau cycle de guerres : ce sont celles qui opposent la France à l'Allemagne. Cet antagonisme de l'Allemagne vis à vis de la France suscité notamment par la défaite humiliante de la Prusse en 1807 mais aussi par l'occupation d'une grande partie de l'Allemagne par la France jusqu'en 1813 sera en partie le ciment de l'unité nationale allemande. Ce n'est pas vraiment par hasard que la Prusse choisit de faire la guerre à la France en 1870 pour terminer l'unification allemande et la proclamation de la création du IIe Reich dans la galerie des glaces du château de Versailles a une valeur hautement symbolique de revanche contre cette France qui de Richelieu à Napoléon n'avait cessé de vouloir diviser la nation allemande. Cet antagonisme profond se manifestera à nouveau lors des deux guerres mondiales du XXe siècle et ne sera véritablement éliminé qu'avec la création de l'Union européenne, même si un cinéma populiste essaie encore parfois d'exploiter ce filon germanophobe à des fins strictement commerciales (voir Taxi ou Fanfan la Tulipe).
Benjamin a écrit :Il a mené un véritable bras de fer avec l'Europe, ces nations, Prusse, Autriche, Russie, Angleterre, finalement elle ont fait et défait Napoléon.
Le bras-de-fer avec l'Europe nous éloigne beaucoup de l'idée d'une unification européenne. Et si Napoléon a à Sainte-Hélène formulé des idées sur l'Europe, c'est bien comme l'explique Jacques-Olivier Boudon parce que n'étant plus empereur, il peut se permettre de rêver à ce qu'il aurait pu faire mais qu'il n'a pas fait et parce qu'il "recompose" son histoire.
Benjamin a écrit :Il y a une phrase qui résume assez bien ces guerres, "j'étais forçé d'abattre sous peine d'être abattu".
Ca, c'est très clairement la version des faits de Napoléon. On sait très bien cependant que dans un conflit armé, il ne faut jamais prendre pour argent comptant l'explication fournie par l'un des belligérants.
Benjamin a écrit :Napoléon a été prisonnier de ses conquêtes.
Prisonnier consentant, alors.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 19/05/2004 08:34

Benjamin

Message par Benjamin » 12 juil. 2015 17:51

Bonjour, je répond d'abord à Jean;

Vous avez visité le forum semble t'il, mon site est à cette adresse:

www.empereurnapoleon.com

Allez sur histoire de Napoléon.

Vous conseillez quelques ouvrages, ok.

Pour commencer je vous conseille le Napoléon d'André Castelot, réédité il se trouve aisément, son approche est aisée.

Plus politique et plus universitaire vous avez aussi le Napoléon ou le mythe du sauveur de Jean Tulard.

Vous avez sinon de très bonnes bio comme le Napoléon de George Bordonove, ou les très grandes études comme l'incontournable histoire du consulat et de l'empire de Louis Madelin, réédité en 4 tomes ( attention des milliers de pages)
:wink:

Non pour commencer, prenez donc le Castelot, il est assez impartial n'en déplaise à Staps.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Benjamin le 19/05/2004 09:08

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