Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque
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Frédéric Staps
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La campagne d'Egypte ou Bonaparte le Conquérant

Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 18:11

Nulle part mieux qu'en Egypte, Napoléon ne s'est vu dans la peau du conquérant qui allait renouveler les exploits d'Alexandre le Grand et devenir comme il l'annonçait la veille de mettre le siège devant Saint-Jean-d'Acre, "empereur de tout l'Orient".
La légende s'est toutefois évertuée à brouiller cette réalité. Bonaparte n'aurait fait qu'agir sur les ordres du Directoire qui cherchait à l'éloigner pour éviter qu'il ne remette en France cet ordre qui était si nécessaire. L'entreprise coloniale se transforme en expédition scientifique. Les massacres deviennent des réponses nécessaires aux atrocités commises par la population locale et les "occupants" turcs. L'entière responsabilité de l'échec final incombe à l'incompétence des chefs auxquels Bonaparte rappelé pour des tâches bien plus importantes a dû à son corps défendant laisser le commandement.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 30/08/2004 11:36

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Drouet cyril
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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 18:11

Bonjour,

« Bonaparte n'aurait fait qu'agir sur les ordres du Directoire »
Non. Bonaparte était d?accord et ne l?a pas caché par la suite.

« L'entière responsabilité de l'échec final incombe à l'incompétence des chefs auxquels Bonaparte rappelé pour des tâches bien plus importantes a dû à son corps défendant laisser le commandement. »
C?est vrai, et c?est Menou qui fut principalement montré du doigt.
On peut effectivement multiplier les exemples où Bonaparte masqua ou tenta d?amoindrir ses échecs :

Quand le 10 mai 1799, Bonaparte rapporte au Directoire la fin du siège d?Acre, l?échec, à peine évoqué, est bien vite voilé par le succès de la campagne :
« Aujourd?hui nous sommes maîtres des principaux points du rempart. L?ennemi a fait une seconde enceinte ayant pour point d?appui le château de Djezzar.
Il nous resterait à cheminer dans la ville ; il faudrait ouvrir une tranchée devant chaque maison, et perdre plus de monde que je ne le veux faire.
La saison d?ailleurs est trop avancée ; le but que je m?étais proposé se trouve rempli ; l?Egypte m?appelle. »

Le 27 du même mois, sans crainte des contradictions, le son de cloche est différent. Ce qu?il l?a véritablement empêché de prendre Acre, ce n?est plus l?ennemi anglo-turc mais la peste :
« L?occasion paraissait favorable pour emporter la ville ; mais nos espions, les déserteurs, les prisonniers, s?accordaient tous dans le rapport que la peste faisait d?horribles ravages dans la ville d?Acre ; que tous les jours, plus de soixante personnes en mouraient ; que les symptômes en étaient terribles : qu?en trente-six heures on était emporté au milieu de convulsions pareilles à celles de la rage.
Répandu dans la ville, il eut été impossible d?empêcher le soldat de piller ; il aurait rapporté le soir dans le camp les germes de ce terrible fléau ; plus à redouter que toutes les armées du monde.
L?armée partit d?Acre le 1er prairial, et arriva le soir à Tentoura. »

A noter que lorsqu?il écrit au Diwan du Caire, l?affaire d?Acre devient un succès :
« J?ai rasé le palais de Djezzar, les remparts d?Acre, et bombardé la ville, de manière qu?il ne reste pas pierre sur pierre. Tous les habitants ont évacué la ville par la mer. Djezzar est blessé et retiré avec ses gens dans un des forts du côté de la mer ; il est grièvement blessé. »

En bons petits soldats, les destinataires n?hésiteront pas à renchérir :
« Après, il a détruit les murs d?Acre, le château de Djezzar, qui était très fort ; il n?a laissé à Acre pierre sur pierre, et en a fait un tas de décombres, au point que l?on demande s?il a existé une ville en ce lieu. »

Pour la retraite, oubliés les mutineries, les fatigues, les morts, les malades, « la situation des plus critique » décrite par Larrey :
« Au retour de la campagne de Syrie, l?armée française, n?avait presque pas fait de pertes ; elle était dans l?état le plus formidable et le plus prospère. »

Enfin, son départ d?Egypte sera ainsi commenté à Sainte-Hélène (c?est Kléber qui dut se retourner dans sa tombe) :
« L?armée d?Egypte pouvait se maintenir et même se perpétuer dans le pays sans recevoir aucun secours de France. »
Il conclut d?ailleurs en ces termes :
« L?expédition d?Egypte a parfaitement réussi. »



Pour la question des massacres, on connaît la chanson : des représailles légitimes. Pour d?autres cas, mentir est encore plus simple. Jaffa ? Des parjures !

Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 30/08/2004 14:25

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 18:11

Drouet Cyril a écrit :Il conclut d?ailleurs en ces termes :
« L?expédition d?Egypte a parfaitement réussi. »
Je ne pensais pas qu'il était allé jusqu'à écrire ça. :roll:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 30/08/2004 15:21

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Drouet cyril
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Message par Drouet cyril » 12 juil. 2015 18:11

Bien évidemment, quand il dit ça, il parle de la campagne allant du 1er juillet 1798 au 23 août 1799.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 30/08/2004 15:40

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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 12 juil. 2015 18:12

Oui, mais il faut quand même oser.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 30/08/2004 15:42

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