Napoléon et la dictature

Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque

Napoléon et la dictature

Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:22

Régulièrement, le thème de la dictature napoléonienne refait surface sur les forums et il y a toujours des gens pour nier que Napoléon ait exercé une dictature ou du moins pour tenter d'apporter un correctif en précisant que si Napoléon a bien été un dictateur, ce serait dans le sens antique du terme et non dans le sens moderne.
C'est évidemment profondément absurde.
Si l'on prend les deux définitions dans le dictionnaire, on se rend vite compte que la définition moderne est celle qui s'applique le mieux à Napoléon.
DICTATEUR n. (1213; lat. dictator) 1° Antiq. rom. Magistrat extraordinaire nommé dans les circonstances critiques avec un pouvoir illimité (pour six mois, en principe). 2° Mod. Celui qui, après s'être emparé du pouvoir, l'exerce sans contrôle.
D'après le Dictionnaire Robert

Très clairement, Napoléon s'est emparé du pouvoir au terme d'un coup d'Etat et il a exercé le pouvoir sans contrôle, retirant progressivement tout pouvoir réel aux assemblées. Il n'y a pas lieu d'essayer d'appliquer la définition antique puisque Napoléon n'a pas été nommé, que les circonstances au moment de sa prise de pouvoir étaient peut-être moins critiques que quelques mois auparavant et que cette dictature n'a pas été limitée dans le temps. Avec la meilleure volonté du monde, on ne peut donc arriver à la conclusion que la définition antique s'appliquerait mieux à son cas. Il n'y a d'ailleurs qu'une faible nuance entre les deux. Dans l'un et l'autre cas, le dictateur exerce un pouvoir sans limite.
La raison principale qui amène à tenir ce raisonnement fallacieux provient du fait que l'image des dictateurs romains (Cincinnatus tout particulièrement, mais même César) est globalement plus positive que celle des dictateurs modernes. Il n'y a cependant dans le cas de César pas de différences fondamentales.
Admettre que Napoléon a été un dictateur au plein sens du terme (même si lui-même ne s'en est pas véritablement caché) pose cependant un léger problème pour quelqu'un qui vit au 21e siècle. Etant généralement admis de nos jours que le moins mauvais régime est la démocratie représentative, présenter la dictature d'un seul homme comme une des périodes les plus fastes de la France revient à admettre une fascination pour un pouvoir fort contraire aux principes de cette démocratie qu'il est mal vu de critiquer dans ses fondements si pas dans ses dérives. Il est très difficile de se proclamer tout à la fois sincère démocrate et admirateur inconditionnel de Napoléon.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 09/12/2004 20:25
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Message par Martin » 12 Juil 2015 18:22

un homme qui voulait, par la voie de la dictature, faire du titre de français l'envie de toutes les nations...

de toute façon, je n'ai pas envie de le classer dans une catégorie ou dans une autre, ce serait lui enlever ce qui lui donne sa singularité, c'est à dire son originalité...

Ensuite, vous pouvez le considérer comme un dictateur sanguinair cruel méchant misanthrope et narcissique, cela n'a aucune importance...


bonne soirée

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Martin le 10/12/2004 19:41
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:22

Martin a écrit :un homme qui voulait, par la voie de la dictature, faire du titre de français l'envie de toutes les nations...

Je ne vois pas bien en quoi la dictature permet de faire "du titre de français l'envie de toutes les nations". La dictature, c'est d'abord et avant tout une question de politique intérieure, une manière d'affirmer un pouvoir sans limite sur une nation. A l'époque de la république romaine, il était effectivement prévu de recourir à la dictature pour sauver la république de perils extérieurs qui la menaçaient. Ce n'est pas exactement la raison qui a amené Napoléon à exercer un pouvoir sans limite. Au moment du coup d'Etat de Brumaire, sur le plan extérieur, la situation s'était améliorée grâce notamment à la victoire de Masséna à Zurich. Dans le dictionnaire Napoléon, Jean Tulard écrit d'ailleurs : "Zurich, en sauvant la République, rendait le retour de Bonaparte d'Egypte inutile. Certains ne le pardonnèrent pas à Masséna". Le renforcement du pouvoir de Napoléon par la suite n'est d'ailleurs pas survenu dans des périodes de danger, mais au contraire, dans des périodes de paix relative.
Martin a écrit :de toute façon, je n'ai pas envie de le classer dans une catégorie ou dans une autre, ce serait lui enlever ce qui lui donne sa singularité, c'est à dire son originalité...

En refusant de classer, vous refusez aussi d'essayer de comprendre. On se prive en effet de toutes possibilités de comprendre en voulant percevoir un personnage ou un événement comme singulier et radicalement différent. La singularité ne prend de sens que comparer à d'autres parcours. Les comparaisons permettent de faire ressortir les contrastes et de voir en quoi l'itinéraire de Napoléon peut être singulier.
Martin a écrit :Ensuite, vous pouvez le considérer comme un dictateur sanguinair cruel méchant misanthrope et narcissique, cela n'a aucune importance...

Il était simplement question ici de se pencher sur la question de la dictature qu'aucun spécialiste ne remet véritablement en question. Je crois d'ailleurs que Napoléon a lui-même utilisé ce terme pour qualifier son pouvoir à un certain moment, mais je ne retrouve malheureusement pas les textes où il aurait employé ce terme. (Cyril se fera sûrement un plaisir de nous les rappeler, il a sûrement ça à portée de main). Nier la réalité de cette dictature ôte beaucoup d'intérêt à un débat historique. La véritable question n'est pas de savoir si Napoléon a été ou non un dictateur, mais plutôt de savoir si cette dictature était ou non utile et efficace.
La question de savoir s'il était ou non sanguinaire, cruel, méchant, misanthrope et narcissique est sans rapport direct avec la question de la dictature. Il vaut mieux en débattre à part.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 10/12/2004 21:02
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Message par Drouet cyril » 12 Juil 2015 18:22

"Je crois d'ailleurs que Napoléon a lui-même utilisé ce terme pour qualifier son pouvoir à un certain moment, mais je ne retrouve malheureusement pas les textes où il aurait employé ce terme. (Cyril se fera sûrement un plaisir de nous les rappeler, il a sûrement ça à portée de main). "

"Il n'y a pas lieu d'essayer d'appliquer la définition antique puisque Napoléon n'a pas été nommé, que les circonstances au moment de sa prise de pouvoir étaient peut-être moins critiques que quelques mois auparavant et que cette dictature n'a pas été limitée dans le temps."


L'Empereur vous aurait pincé les joues mon cher Staps :wink: :

"Pendant que j'étais aux affaires, je puis dire que la France se trouvait dans le même état que Rome lorsqu'on déclarait qu'un dictateur était nécessaire pour sauver la République."


Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 10/12/2004 21:47
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:22

Drouet Cyril a écrit :L'Empereur vous aurait pincé les joues mon cher Staps

Je croyais que c'était les oreilles de ses soldats qu'il pinçait. :oops:
Mais bon tant qu'il ne me fait pas fusiller, ce n'est pas trop grave.
Drouet Cyril a écrit :"Pendant que j'étais aux affaires, je puis dire que la France se trouvait dans le même état que Rome lorsqu'on déclarait qu'un dictateur était nécessaire pour sauver la République."

C'est donc de lui-même que vient cette légende d'une dictature dans la tradition romaine. Quel génie clairvoyant quand même ! Il avait déjà prévu que ses admirateurs devraient le défendre d'être comme les dictateurs modernes qui vivraient après lui et il leur avait directement fourni les arguments pour le faire.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 10/12/2004 22:47
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:22

Drouet Cyril a écrit :Pendant que j'étais aux affaires, je puis dire que la France se trouvait dans le même état que Rome lorsqu'on déclarait qu'un dictateur était nécessaire pour sauver la République.

On pourrait imaginer que ces paroles auraient dû s'appliquer également lors du retour de l'île d'Elbe. Or il n'en est rien. A ce moment, Napoléon déclare :
Je viens de demeurer une année à l'île d'Elbe, et là, comme dans un tombeau, j'ai pu entendre la voix de la postérité. Je sais ce qu'il faut éviter, je sais ce qu'il faut vouloir.

Il dit encore :
J'avais conçu de magnifiques rêves pour la France. Au lendemain de Marengo, d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland, ces rêves étaient pardonnables. Je n'ai pas besoin de vous dire que j'y ai renoncé. Ce n'est pas la paix seule que je veux donner à la France, c'est la liberté. Notre rôle est de faire résolument et bien, tout ce que les Bourbons n'ont pas su faire... J'ai aimé le pouvoir sans limites, et j'en avais besoin lorsque je cherchais à reconstituer la France et à fonder un empire immense. Il ne m'est plus nécessaire aujourd'hui... Qu'on me laisse apaiser ou vaindre l'étranger, et je me contenterai ensuite de l'autorité d'un roi constitutionnel... Je ne suis plus jeune, bientôt je n'aurai plus la même activité; d'ailleurs ce sera assez pour mon fils de l'autorité d'un roi d'Angleterre !... Seulement gardons-nous d'être des maladroits, et d'échouer dans nos essais de liberté, car nous rendrions à la France le besoin et le goût du pouvoir absolu. Pour moi, sauver la cause de la Révolution, assurer notre indépendance par la politique ou la victoire, et puis préparer le trône constitutionnel de mon fils, voilà la seule gloire à laquelle j'aspire.

(Textes cités d'après Les Cent-Jours de Dominique de Villepin)
En avouant qu'il a "aimé le pouvoir sans limites", Napoléon reconnaît lui-même que c'est de là que procède sa dictature et non véritablement de circonstances exceptionnelles qui l'auraient rendue nécessaire. Durant les Cent-Jours, ces circonstances étaient plus que jamais réunies. Napoléon fait pourtant un choix différent. Parce qu'il espère ainsi se rallier le soutien des libéraux et asseoir ainsi sur de nouvelles bases son pouvoir dont la légitimité avait été remise en question par la destitution votée par le Sénat et son abdication.
Si donc Napoléon a exercé une "dictature", ce n'est pas contrairement à ce qu'il affirme parce que les circonstances l'y auraient contraint, mais parce que les circonstances le lui avaient permis de le faire. Lors des Cent-Jours, les circonstances ne s'y prêtent plus. Napoléon va donc essayer de donner à son régime les apparences d'une monarchie constitutionnelle et libérale. En tirant ainsi les leçons de son échec comme dictateur, il remet lui-même en question le bien-fondé de ce choix.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 12/12/2004 11:21
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Message par Artaxerxès » 12 Juil 2015 18:22

Par la suite, il a confié (mais je ne sais plus à qui; peut-être à Las Cases qui aurait replacé ça dans le Mémorial?) que s'il avait été vainqueur à Waterloo, il aurait dissous les Chambre et (je le cite) "rétabli la dictature".

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Artaxerxès le 12/12/2004 11:36
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:22

Il a dit les choses aussi crûment ? Dans son livre sur les Cent-Jours que je suis toujours occupé à lire, Dominique de Villepin présente jusqu'à présent ce revirement comme plutôt sincère. Il ne semble pas avoir considéré que le texte auquel vous faites allusion était suffisant pour supposer que les intentions de Napoléon n'étaient d'adopter que provisoirement le masque du libéralisme.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 12/12/2004 21:44
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Message par Artaxerxès » 12 Juil 2015 18:22

J'ai retrouvé cette fameuse phrase à laquelle je faisais allusion. En fait, Napoléon n'y parle pas directement de dictature, mais on y voit très clairement qu'il ne songeait nullement à se convertir au parlementarisme et que l'octroi de l'Acte additionnel ne lui a été dicté que par les circonstances. Cette phrase a été dite à Sainte Hélène par l'Empereur à Gourgaud. La voici:

Je ne me suis occupé de constitution que pour céder à la mode mais, victorieux, j'aurais renvoyé les Chambres.


(lu dans La Révolution et l'Empire, par Bernardine Melchior-Bonnet)

Sur ce, joyeux Noël à toutes et à tous 8)

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Artaxerxès le 24/12/2004 15:48
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:22

Artaxerxès a écrit :Cette phrase a été dite à Sainte Hélène par l'Empereur à Gourgaud. La voici:

Je ne me suis occupé de constitution que pour céder à la mode mais, victorieux, j'aurais renvoyé les Chambres.

Je mentirais sans doute en disant qu'une telle phrase me surprend dans la bouche de Napoléon. Certains argueront peut-être du fait que ces Chambres n'étaient pas pleinement représentatives. Il n'empêche. Il s'agit bien d'un aveu assez cru que l'habillage libéral des Cent-Jours était essentiellement dicté par les circonstances et n'aurait probablement pas survécu à une victoire militaire de Napoléon. Qu'en aurait-il été de ses intentions pacifiques ? Etaient-elles elles aussi un simple habillage pour faire accepter le retour ? Ceux qui rêvent de la constitution d'un empire universel en cas de victoire sous la direction de leur cher empereur ne doivent pas être trop perturbés par ce genre de déclaration. Dominique de Villepin dans son ouvrage très fouillé sur les Cent-Jours n'y fait cependant pas allusion (du moins tant qu'il parle de la mise en place du nouveau gouvernement). C'est un peu plus surprenant puisqu'il a l'air convaincu de la sincérité de Napoléon.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 26/12/2004 20:53
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:23

CC a écrit :Je reprendrais peut-être le terme de dictateur, simplement pour dire qu'historiquement, ce terme n'est pas péjoratif comme on le considère aujourd'hui.

C'est loin d'être aussi vrai que ce que voudraient le croire les admirateurs de Napoléon. Dans son livre Napoléon. La vie. La légende (Larousse, 2001), Gérard Gengembre explique :
Avant d'être historien avec le [i]Mémorial, Napoléon entend orienter l'histoire. Elle devrait montrer, par exemple, que César n'avait jamais voulu être dictateur et qu'on l'avait assassiné parce qu'il voulait réunir les partis.[/i]
Si donc la dictature avait été unanimement acceptée, il n'aurait pas été nécessaire de se livrer à de tels travestissements de l'histoire.
CC a écrit :Oui, Napoléon était un dictateur.

Enfin, quelqu'un qui ne nie pas l'évidence. :wink:
CC a écrit :Mais cela n'a rien de honteux.

Le problème n'est pas que ce soit honteux ou non, mais plutôt de savoir si une telle forme de gouvernement présente ou non des avantages. Pour le dictateur lui-même, il semble qu'il présente quelques avantages puisque cela lui permet de prendre les décisions qu'il veut sans avoir de comptes à rendre à personne. A terme cependant, un tel mode de gouvernement peut présenter pour le dictateur lui-même certains inconvénients et le cas de Napoléon est un assez bon exemple de ces inconvénients. Il est venu un moment où plus personne n'a osé remettre en question ses décisions, ce qui a eu pour effet que personne ne l'a plus averti des erreurs qu'il commettait et des conséquences que ces erreurs pouvaient avoir. Cela a contribué en partie à sa chute.
Pour le peuple qui y est soumis, les avantages d'une dictature restent beaucoup plus limités. Certains avancent que les travaux du Code civil n'auraient pas pu aboutir s'ils avaient dû être soumis au vote des assemblées. C'est un avis qui n'est guère établi toutefois. L'intervention des assemblées pour l'approbation du Code pénal de 1791 n'avait pas empêché l'aboutissement du travail. Les éventuels amendements que les membres des assemblées auraient pu vouloir apporter au Code civil n'auraient sans doute pas nui à la qualité du texte final qui n'était quoi qu'en pensent ses admirateurs pas exempts de tout défaut.
La France n'a pas non plus vraiment gagné à ce que le choix d'écarter certains ministres provienne du refus de Napoléon de voir des personnalités trop marquantes s'affirmer à ses côtés au risque de lui faire de l'ombre. L'étouffement de la presse et de l'opposition parlementaire ne contribuent pas au bien d'un pays. Les emprisonnements, les exils, la torture ou les exécutions de certains opposants constituent le sombre lot des dictatures. Le régime napoléonien n'échappa pas à la règle. Et le projet d'un empire libéral lors des Cent-jours qui n'a jamais véritablement connu de concrétisation (à supposer qu'une victoire de Napoléon n'aurait pas entraîné un rétablissement de la dictature) ne suffit pas à effacer les 14 années où le pouvoir autoritaire n'avait cessé de se renforcer.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 11/01/2005 12:38
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