La légitimité du pouvoir impérial

Relations internationales, politique intérieure, mode de gouvernement, guerres, négociations, autant d''aspects qui constituent la politique à l'époque

Message par Frédéric » 12 Juil 2015 19:00

Frédéric Staps a écrit :Je ne suis malheureusement guère en mesure d'en dire davantage. Comme bien souvent le livre de Jean Tulard venait de la bibliothèque et il y a bien longtemps que je l'ai reporté. Je ne peux donc que citer cette anecdote que de mémoire. Je ne me souviens d'ailleurs plus exactement s'il y avait déjà des troupes françaises qui se rassemblaient près de la frontière avec l'Italie pour aller jeter à bas de son trône Joachim Ier ou s'il s'agissait encore d'un vague projet.

Quoi qu'il en fut, le projet tomba automatiquement à l'eau à cause du retour de Napoléon. Le France avait elle réellement, à l'époque, les moyens militaires de relancer une opération de cette envergure?
Par contre l'alliance de l'Autriche, la France et l'Angleterre montre à nouveau que le but des coalitions était toujours bien de se prémunir de voisins trop gourmands ou trop expansionistes quelque fut leur origine.

Frédéric Staps a écrit :A l'exception notable des Anglais, les cousins étaient plutôt mal placés pour jeter la pierre aux anciens alliés de Napoléon, puisque chacun d'eux avait à un moment ou l'autre contracté une alliance avec l'affreux parvenu.

C'est un fait, d'autant plus que les Prussiens et les Autrichiens avaient eux même proposé, après la débalce de Russie, de s'allier à Napoléon en échange de la récupération de parties importantes des territoires perdus lors des campagnes précédentes. Ce que Napoléon avait, bien entendu, refusé.

Frédéric Staps a écrit :Bernadotte n'est pas un parvenu de la même façon que Napoléon et Murat. Il ne doit pas son accession au trône à ses victoires militaires, mais au choix des Suédois. Sa participation aux guerres contre Napoléon a sans doute consolidé sa position, mais même en cas de défaite, il n'aurait pas forcément perdu son trône (sauf s'il s'était allié à Napoléon).

Tout à fait, mais il n'en reste pas moins un roturier révolutionaire n'étant parvenu à sa belle situation que grâce aux événements qui secouèrent la France à partir de 1789. Le fait qu'il soit resté en place montre bien que les souverains européens ne se sont pas systématiquement livré à une chasse aux sorcières à l'égard de tout ce qui pouvait émaner ou rappeler la révolution. Les paroles d'Alexandre citées plus haut semblent bien confirmer ce point. Or, c'est le discours couramment entendu de la part des défenseurs de Napoléon.

Frédéric Staps a écrit :Pouvez-vous nous en dire davantage ? Je ne connais pas cet épisode.

Pas grand chose à en dire si ce n'est que la Saxe perdit la Pologne et fût amputée d'une grosse partie de son territoire au bénéfice de la Prusse. La saxe se trouvait être devenue un des états allemands majeurs sous Napoléon et perdit ce statut au bénéfice de la Prusse après 1813.

Frédéric Staps a écrit :Une partie des réticences des alliés à un retour des Bourbons sur le trône de France provient du fait que, depuis plus d'un siècle, la France des Bourbons menait la guerre contre les autres pays qui avaient espéré que la Révolution affaiblirait durablement une France trop menaçante. En remettant un Bourbon sur le trône, il y avait donc un risque important que la France continue à se montrer agressive à l'égard de ses voisins. L'affaiblissement espéré des suites de la Révolution n'a pas été ce que pouvait espérer les adversaires de la France puisque l'arrivée du général Bonaparte à sa tête lui a donné une puissance qu'elle n'avait jamais atteinte jusque là.

Je pense que l'espoir des alliés (particulièrement l'Angleterre) fut déçu bien avant l'arrivée de Bonaparte au pouvoir.
C'est bien déjà à partir de l'invasion de la Belgique et de l'occupation d'Anvers et de la Hollande que les Anglais comprirent que la sauce n'avait pas pris dans le sens qu'il attendaient. C'est d'ailleurs de cette époque que date leur engagement dans le conflit contre la France révolutionnaire.

Frédéric Staps a écrit :La restauration des Bourbons n'était toutefois pas une garantie absolue d'un retour à la paix. Comment les choses se seraient-elles passées si Louis XVIII était revenu sur le trône de France en 1799 ou en 1800 avec Bonaparte dans le rôle d'un Monck français ? Il n'est pas absolument certain que l'Europe aurait pu faire l'économie des guerres qui la déchirèrent par la suite.

Qui sait?
Bonaparte aurait il pu vraiment donner toute sa mesure en restant le sous fifre d'un monarque n'ayant aucun goût pour les jeux guerriers?

Cordialement

Frédéric

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric le 06/10/2005 13:18
Frédéric
 

Message par Drouet cyril » 12 Juil 2015 19:01

"Mais il est possible que dans le cadre de l'accord secret noué avec l'Autriche et l'Angleterre, Talleyrand ai demandé (en échange de son soutien) que l'on remplace Murat par Ferdinand. Mais comme je ne connais pas le texte de ce traîté, je ne me montre pas plus affirmatif. "

L'Autriche après avoir pas mal trainé des pieds sur la question napolitaine avait finalement lacher Murat en février 1815, et début mars l'affaire semblait enfin nouée.
Ainsi, le 3, Vincent écrivait à Metternich :
"Vous jugerez, d'après ce que je viens d'avoir l'honneur de vous exposer mon Prince, que, hors la question de Parme qui reste toutefois ouverte et réservée, tous les autres points du Mémorandum sont entendus d'après votre désir."

Or ledit mémorandum, envoyé par Metternich le 18 février, commençait en ces termes :
"Concert militaire et politique entre l'Autriche, l'Angleterre et la France, eu égard à la position des choses en Italie et aux difficultés politiques qu'offre la position de l'Autriche vis-à-vis de Naples.
Coopération active de la part de l'Autriche, de la France, de l'Angleterre et de la Sicile contre Naples."


Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 06/10/2005 20:12
Avatar de l’utilisateur
Drouet cyril
 
Message(s) : 935
Inscription : 09 Mai 2006 17:19

Message par Frédéric » 12 Juil 2015 19:01

Et voilà, c'est bien pratique d'avoir un petit Cyril sous la main. :D

Pouvez vous nous en dire plus sur ceux qui ont convaincu l'Autriche de changer sa politique à l'égard de Naples?

Est ce bien la France? Quelle était la position de l'Angleterre à ce sujet?

Je suppose que l'expédition ne connut jamais le moindre début d'organisation à cause du retour de Napoléon.

Cordialement

Frédéric

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric le 07/10/2005 05:27
Frédéric
 

Message par Drouet cyril » 12 Juil 2015 19:01

C'est bien la France qui menait, en première ligne et sans concession, la lutte contre le trône de Murat. En le chassant et en le remplaçant par un Bourbon, elle affermissait du coup (sans parler du sentiment de vengeance vis à vis de l'un des principaux lieutenants de Napoléon) sa position en Italie.
L'Autriche, elle, craignait l'affrontement avec l'armée napolitaine (sans parler des nombreux soutiens dont pouvait bénéficier Murat dans les milieux nationalistes italiens un peu partout dans la péninsule). C'était d'autant plus vrai que Vienne n'était pas à l'abri d'un conflit armé avec la Prusse et la Russie. Le règlement des questions relatives à la Saxe et à la Pologne, et surtout le traité d'alliance défensive établi avec Paris et Londres le 3 janvier 1815 donna de l'air frais aux Autrichiens qui purent dès lors se pencher sérieusement sur l'Italie en général et le royaume de Naples en particulier. Il convient également de rappeler que l'Autriche et Naples étaient liés par traité, et que l'on ne voyait pas d'un bon oeil les Bourbons se rétablir dans une Italie où Vienne comptait bien maintenir une position dominante face aux ambitions françaises.
Cependant, d'un autre côté, Murat représentait aussi une menace pour l'influence autrichienne dans la péninsule. Son armée était maintenue sur le pied de guerre, et l’on craignait des soulèvements soutenus par des agents napolitains dans le nord et dans les états pontificaux. De plus, les dépêches des espions autrichiens et anglais ne cessaient de faire part d’une future grande opération liant Murat et Napoléon. On pourrait ajouter à toutes ces sources d’inquiétude l’occupation armée des Marches par les troupes napolitaines.
De son côté, l’Angleterre traîna aussi des pieds par le fait que son opinion publique était très largement défavorable à toute idée de guerre et que des relations commerciales fructueuses s’étaient déjà établies entre Londres et Naples. Mais finalement, elle opta pour les positions françaises afin de prévenir les dangers pour la paix que représentait pour elle le maintien de Murat à Naples (sans parler de la haine viscérale de certains hauts dignitaires anglais pour Murat et du soutien apporté par Paris à Londres sur certains points lors du congrès qui facilita du coup l’orientation nouvelle des positions britanniques sur la question).


Salutations respectueuses.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Drouet Cyril le 08/10/2005 18:06
Avatar de l’utilisateur
Drouet cyril
 
Message(s) : 935
Inscription : 09 Mai 2006 17:19

Précédent

Retour vers Guerres et politique au temps de Napoléon

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité