Napoléonien / anti-napoléonien

Légende noire, légende rose, récits un peu fantastiques autour de Napoléon et de son règne, investissement affectif à l''égard du personnage... Autant de sujets auxquels cette rubrique est consacrée.
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Cipriani Franceschi
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Re: Napoléonien / anti-napoléonien

Message par Cipriani Franceschi » 21 avr. 2019 22:22

Frédéric Staps a écrit :
21 avr. 2019 17:28
Je n'en sais rien. Je n'ai pas lu les ouvrages récents consacrés au Directoire, mais il semblerait que l'image qui en est donnée est un peu plus nuancée que celle véhiculée habituellement dans la littérature napoléonienne qui décrit généralement cette période de manière très négative pour justifier le coup d'Etat, comme les historiens de l'époque des Antonins dressent un portrait très négatif de la dynastie julio-claudienne pour justifier le remplacement par une autre famille à la tête de l'empire romain ou comme les historiens de la IIIe République avaient dressé un sombre tableau du Second Empire.
Une récente biographie de Barras (ci-dessous le résumé) sortie en 2016 semble aller dans votre sens, du moins elle nuance l'image souvent négative que l'on a de ce personnage du Directoire, qui disparaitra de la scène dès l'arrivée de Bonaparte au pouvoir ;)

Carrière météorique que celle de Barras, né en 1755 dans une famille provençale modeste.
En 1782, lorsqu'il quitte l'armée après des missions aux Indes et au Cap, il n'est qu'un obscur lieutenant aux moyens de subsistance inconnus, qui végète jusqu'à la Révolution, dans laquelle il s'engage résolument.
A partir de 1792, il connaît une ascension fulgurante qui le propulse, de novembre 1795 à novembre 1799, à la tête de la France aux côtés de quatre autres Directeurs, après que la chute de Robespierre l'a porté sur le devant de la scène.
Brusquement, le coup d'Etat de Brumaire met fin à sa trajectoire, et Bonaparte, qu'il avait beaucoup aidé, le chasse avant de l'exiler.
Dès la chute de l'Empire, Barras regagne Paris et y meurt en 1829 sans plus avoir l'occasion de jouer un rôle politique.
Aujourd'hui encore, sa mémoire souffre d'une réputation exécrable : il aurait été flambeur, vénal, libertin, débauché. Au terme d'une analyse serrée des sources, l'auteur démontre que la plupart de ces imputations proviennent d'une légende noire forgée par les brumairiens, qui cherchaient ainsi à légitimer leur coup d'Etat de novembre 1799.
Cette biographie ne vise pas à rendre le personnage plus vertueux qu'il ne l'était, mais à montrer l'homme politique atypique qu'il fut quatre ans durant à la tête d'un pays en recherche de stabilité.


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La nature l’avait doué de toutes les qualités nécessaires à un ministre de la Police (Comte Charles-Tristan de Montholon)
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