la veille de WATERLOO

Ici se joue l'avenir de l'Empire - c'est le quitte ou double.

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Message par Joker » 10 Juin 2006 0:52

Dans "Waterloo, la fin d'un Empire", le capitaine Hypolite Mauduit donne un excellent éclairage sur la bataille. Il s'agit d'un témoignage de première main rédigé par un homme de terrain.
Un must pour qui cherche à mieux comprendre les arcanes de ce combat de titans aux rebondissements aussi divers qu'inattendus. :wink:
"Les erreurs du passé sont les faiblesses de l'avenir" (Anonyme)
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Message par citoyen » 04 Mai 2012 23:21

Bonjour a tous ,

je me suis inscrit récemment sur ce site pour parler de la bataille de Waterloo.

Je vais pas rentrer dans les détails, mais ce que j'en pense c'est que toutes les décisions prises par Napoléon depuis le début de la campagne de Belgique sont dans le seul but d'amener son armée à la victoire.
On peut toujours dire qu'il était mal inspiré, usé ... que ses maréchaux étaient incompétents, néanmoins touts ces hommes aguerris par vingt ans de guerre, Napoléon en premier doivent savoir ce qu'il font au moins. Les enjeux sont trop important ne serait ce que pour une question de survie, c'est la guerre quand même.

Par la suite on saura les erreurs commis par les français, mais si on prend le contexte de l'époque l'empereur a fait des choix pour vaincre les ennemis de la France. Je pense sincèrement ce que je dis, maintenant j'attends vos avis et vos critiques.









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Message par Rigoumont » 08 Mai 2012 19:29

Bonjour citoyen et bienvenu sur le forum,

Waterloo, ça, ça m'intéresse! ;)

Par la suite on saura les erreurs commis par les français, mais si on prend le contexte de l'époque l'empereur a fait des choix pour vaincre les ennemis de la France.

Je ne suis pas sûr que l'on puisse parler d'ennemis de la France car, avant le retour de l'île d'Elbe, aucune des nations concernées n'était en guerre avec la France et aucune n'envisageait de l'être. La France était d’ailleurs présente au Congrès de Vienne.

Cordialement,

R
Que peut-on voir à 8 km s'il y a de la brume?
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Message par Frédéric Staps » 09 Mai 2012 17:49

Rigoumont a écrit :Je ne suis pas sûr que l'on puisse parler d'ennemis de la France car, avant le retour de l'île d'Elbe, aucune des nations concernées n'était en guerre avec la France et aucune n'envisageait de l'être.

Il serait peut-être plus juste de dire qu'aucune des nations concernées n'envisageait de guerre avec la France dans l'immédiat. Mais de là à dire qu'aucune de ces nations n'était ennemie de la France et seulement ennemie de Napoléon, cela me paraît un peu faussé les choses. Vous auriez parfois tendance à faire du napoléocentrisme à l'envers. ;)
En fait, parmi les principales nations victorieuses de Napoléon, c'est paradoxalement avec l'Angleterre (alors que c'était le plus farouche adversaire de Napoléon) que la France n'entrera plus en guerre (même s'il y a eu certaines périodes de tension entre les deux pays).
En ce qui concerne la Prusse par exemple, il y avait très clairement un désir de revanche suite à l'humiliation subie à Iena (et Auerstadt) qui mettra certes un certain temps à trouver à s'exprimer dans le cadre d'une guerre (55 ans), mais le désir de revanche des Français suite à la guerre de 1870 mettra presque autant de temps à s'exprimer (44 ans).
Il y a eu des guerres avant Napoléon, il y a eu des guerres après Napoléon. Les nations européennes se sont entre-déchirées pendant des siècles dans des guerres qu'on aurait tendance à percevoir de nos jours de manière un peu anachronique comme fratricides alors qu'en fait, la création de l'Union européenne a eu pour but premier de créer des liens forts entre les nations européennes pour éviter la répétition incessante de ces guerres entre des nations pour lesquelles il était normal de se percevoir comme des ennemis.
De là toute l'absurdité de présenter Napoléon comme un des pères de l'Europe... (à moins peut-être de considérer que la naissance de l'Europe est le résultat d'un viol :fou: ).
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Message par Rigoumont » 09 Mai 2012 18:43

Il est vrai que le Congrès de Vienne a vécu des tensions (et le mot est faible) avant le "retour". Maintenant il me semble que c'était davantage le partage de l'Europe centrale d'une part et la volonté anglaise de ne pas revoir une superpuissance continentale d'autre part qui étaient les moteurs de ces tensions.
Il ne me semble pas que la France des Bourbons de l'époque était particulièrement une cible pour une de ces nations.

Il est quand même intéressant de constater qu'à peine Napoléon débarqué, toutes ces tensions ont (provisoirement sans doute) fait place à une belle homogénéité (on dit coalition, non?) résultant, dès le 13 mars sauf erreur, à la mise hors la loi de l'ex-empereur.
Que peut-on voir à 8 km s'il y a de la brume?
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Message par Frédéric Staps » 09 Mai 2012 20:38

citoyen a écrit :toutes les décisions prises par Napoléon depuis le début de la campagne de Belgique sont dans le seul but d'amener son armée à la victoire.

En fait, on peut se poser la même question que pour Nicolas Sarkozy : "A-t-il vraiment cru jusqu'au dernier moment qu'il pouvait encore gagner ?"
Rigoumont a écrit :Il est quand même intéressant de constater qu'à peine Napoléon débarqué, toutes ces tensions ont (provisoirement sans doute) fait place à une belle homogénéité (on dit coalition, non?) résultant, dès le 13 mars sauf erreur, à la mise hors la loi de l'ex-empereur.

Rien ne vaut un ennemi commun pour mettre en sourdine les dissensions. C'est d'ailleurs la stratégie que Napoléon avait lui-même utilisée pour mettre un terme aux divisions de la France nées de la Révolution.
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Message par citoyen » 10 Mai 2012 0:34

Bonsoir,

pour moi la question ne se pose même pas, bien sur qu'il devait croire en la victoire sinon pourquoi il a choisit de passer à l'offensive en réussissant à prendre de vitesse les armées de Wellington et Blucher alors qu'il avait le choix de rester en France et attendre que les coalisés viennent envahir la Patrie.
C'est sans doute marquer dans les bouquins les raisons qui a poussés Napoléon à vouloir attaquer en premier, mais du moment qu'il a prit la décision qui lui semblait la meilleur c'est pour bien obtenir quelque-chose.

(merci pour vos remarques)
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Message par Rigoumont » 10 Mai 2012 19:01

Bonsoir,
citoyen a écrit :pour moi la question ne se pose même pas, bien sur qu'il devait croire en la victoire sinon pourquoi il a choisit de passer à l'offensive en réussissant à prendre de vitesse les armées de Wellington et Blucher

Il faut, je pense, nuancer. Wellington réagit lentement et, surtout, fait croire à Blucher qu'il a réagit plus vite.
Blucher, lui, est au courant de la concentration de l'armée du Nord et effectuera sa concentration comme prévu. Un problème de communication (ben, oui, il n'y a pas que chez les Français) sera la cause du retard de Bulow.

alors qu'il avait le choix de rester en France et attendre que les coalisés viennent envahir la Patrie.

Je ne crois pas qu'il avait cette option, seule une victoire militaire rapide pouvait rassoir son pouvoir. Une nouvelle invasion était beaucoup trop risquée.
C'est sans doute marquer dans les bouquins les raisons qui a poussés Napoléon à vouloir attaquer en premier, mais du moment qu'il a prit la décision qui lui semblait la meilleur c'est pour bien obtenir quelque-chose.

Certainement. Récupérer son aura militaire afin de museler l'opposition intérieure bien présente en 1815.
Que peut-on voir à 8 km s'il y a de la brume?
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Message par citoyen » 11 Mai 2012 0:52

Merci Rigoumont pour votre éclairage.

Il est vrai que si on se place du coté de Wellington ou de Blucher on a un point de vue différent.
A vrai dire c'est presque un réflexe quand je veux aborder la campagne de Belgique je me met du coté des français.
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Message par Rigoumont » 11 Mai 2012 7:35

Oui, mon cher citoyen, je crois qu'on se pose peut-être trop souvent la question "comment Napoléon a-t-il perdu cette campagne" plutôt que "comment les alliés l'ont-ils gagnée".

Des erreurs ont été commises des deux cotés mais, au final, grâce à leur supériorité numérique, les alliés s'en sont tenus à leur seul choix stratégique évident: se réunir pour écraser Napoléon sous le nombre - CQFD à Waterloo.
Que peut-on voir à 8 km s'il y a de la brume?
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