Hépatite = climat ?

Le voici prisonnier de l'Europe... appellation qu'il a toujours refusée.
Comment survivre?

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Diana
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Hépatite = climat ?

Message par Diana » 09 janv. 2008 16:29

:salut: O’Meara, le 1er 0ctobre, dans un bulletin adressé au gouverneur, prononçait le mot redouté d’hépatite chronique. (1)
Cette hépatite, O’Meara n’osait l’attribuer ouvertement au climat. Mais il entendait bien qu’elle lui était imputable. Et Lowe ne doutait pas de son intention. Qu’était donc ce climat de Sainte-Hélène ? Meurtrier comme beaucoup l’on prétendu ? En internant Napoléon sur ce rocher, les Britanniques avaient-il espéré l’y faire mourir ? C’est là pur enfantillage. Jamais les Anglais, même Bathurst, n’eurent pareille idée. Le climat de Sainte-Hélène n’a pas changé. Aujourd’hui comme il y a cent ans, c’est celui d’un navire à l’ancre, souffleté sans trêve par la mer et par l’alizé. Point malsain à présent, il ne l’était pas davantage en 1815 (2). Cependant la mortalité était très élevée (3).



(1) «Ce matin, le général Bonaparte s’est plaint d’une douleur sourde dans la région de l’hypocondre droit et d’une sensation analogue dans l’épaule droite. Aucune d’elles n’étant très vive, si cette douleur continue ou s’accroît, il y aura tout lieu de croire à une crise d’hépatite chronique. » (1er février 1817, L. P., 20.120. Inédit)
Le 5 octobre, autre bulletin, celui-là formel :
« Une enflure sur le côté droit est évidente à la vue et au toucher, mais je ne suis pas encore en mesure de déterminer si elle procède d’un gonflement du foie, ou si elle lui est extérieure…Il est bien probable qu’il s’agit d’hépatite chronique. (L. P., 20.120)

(2) « On a prétendu que le climat avait amélioré par le boisement de l’île, dû pour une grande partie à sir Hudson Lowe. Les pins et les peupliers plantés par le geôlier ont presque tous cédé la place aux cultures de « flax », sorte d’aloès dont la fibre sert à tresser les cordages recherchés par la construction maritime. Sainte-Hélène se retrouve donc aujourd’hui dans les conditions mêmes que connut l’Empereur. Tout le changement vient d’une adduction d’eau meilleure (entreprise également par Lowe). La dysenterie d’autre part à disparu. L’air trop chargé de vapeurs, peut déprimer à la longue. Mais on vit vieux à Sainte-Hélène. C’est même aujourd’hui l’endroit du monde où, l’on trouve le plus de centenaires.

(3) « Les chiffres de décès relevés par l’auteur pour la période 1815-1821 dans les archives de Jamestown n’admettent à cet égard aucune discussion. Parmi les troupes stationnées à Sainte-Hélène, les décès atteignaient 40 pour 1000, chiffre très supérieur à ceux de tous les pays tempérés. Il est vrai que les soldats, nourris surtout de viande salée et buvant trop d’alcool, se trouvaient en faible état de résistance.


Octave Aubry
Sainte-Hélène
Tome I
La captivité de Napoléon
Flammarion 1935
Le premier signe de l'ignorance, c'est présumer que l'on sait.
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Le climat est-il coupable?

Message par Diana » 09 janv. 2008 17:45


Le climat est-il coupable?

"Comment expliquer une telle contradiction ? Tout simplement – et il est extraordinaire qu’on ne s’en soit pas avisé plus tôt – par le défaut d’hygiène de l’époque. À Sainte-Hélène, il était meurtrier. L’eau mauvaise, rare, menée des sources du pic de Diane par des rigoles mal couvertes, étaient souillées par les bestiaux. Des marécages emplissaient le fond des vallées où les moustiques pullulaient, propageant diverses formes de paludisme (1). Enfin les noirs tirés d’Afrique avaient apporté la dysenterie. De nombreux soldats anglais établis sous la tente en mouraient (2). Presque tous les compagnons de l’Empereur, à des époques variables, en furent atteints. Lui-même, au début, en souffrit quelques jours.
Consécutives ou non à la fièvre, nées d’une alimentation médiocre et trop carnée ou de la moiteur de l’air, les maladies du foie étaient fréquentes alors à Sainte-Hélène. En décembre 1816, Montchenu écrivait au duc de Richelieu : « L’engorgement du foie est la maladie la plus commune. Le comte de Balmain en est déjà atteint, mais il a été pris à temps (3). » Et Stürmer à Metternich, le 10 janvier 1817 : Quantité d’Anglais souffrent d’obstruction du foie et de maladies inflammatoires…Il n’y a pas de jours où il n’y ait un enterrement. »"


(1) Des savants anglais, entre autres le professeur Keith et sir William Leishman, ont émis l’opinion que Napoléon avait souffert d’une forte fièvre de Malte ou « undulent fever » qui aurait eu pour conséquence une inflammation du foie. Cette hypothèse mérite un sérieux examen. Les chèvres, grandes propagatrices de la fièvre de Malte, infestaient tous les escarpements de l’île, aux années de la Captivité. La fièvre a longtemps été une des causes les plus fréquentes de mortalité à Sainte-Hélène. (J.-C. Mellis, Saint-Hélena, 308.)

(2) Dans son rapport du 10 septembre 1816, Balmain indiquait que l’état sanitaire était mauvais. Les fièvres inflammatoires sévissaient.
« Le 66e d’infanterie a perdu le quart de son effectif. »
Le 16 août 1817, Gourgaud notait : « L’ennui règne à Longwood comme au camp, où depuis sept jours il est mort quatre soldats de dysenterie. » Il y eut aussi à Deadwood une épidémie de typhus.

(3) Balmain ne semble avoir eu qu’une indisposition légère. Montchenu exagère toujours les désagréments ou les périls de son emploi afin d’obtenir des compensations pécuniaires. On doit tenir compte de cet état d’esprit.



Octave Aubry
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La captivité de Napoléon
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Message par CC » 09 janv. 2008 23:30

il est extraordinaire qu’on ne s’en soit pas avisé plus tôt
Il est bien vrai qu'il ne me semble pas lire souvent cette explication.

Et si cependant l'eau propre est rare et les personnes nombreuses à en avoir besoin, les problèmes peuvent se multiplier.

Mais Napoléon n'était en principe pas concerné par cette eau polluée puisqu'il avait l'eau de la source.

Par contre, les maladies apportées par les Africains, les moustiques, cela le concernait au même titre que tous les autres.
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Message par CC » 13 janv. 2008 16:08

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Message par Albertuk » 14 janv. 2008 23:27

Bonsoir

Je doute un peu des sources données par Octave Aubry car, en en vérifiant la première citée, je tombe sur un os...
(1) «Ce matin, le général Bonaparte s’est plaint d’une douleur sourde dans la région de l’hypocondre droit et d’une sensation analogue dans l’épaule droite. Aucune d’elles n’étant très vive, si cette douleur continue ou s’accroît, il y aura tout lieu de croire à une crise d’hépatite chronique. » (1er février 1817, L. P., 20.120. Inédit)
Rien de cela au 1er février 1817. Peut-être que Diana aurait mal transcrit la date? En plus le manuscrit 20120 couvre la période à partir d'octobre 1817. Il est naturellement suivi du manuscrit 20121 qui lui commence au 1er janvier 1818.
Le 5 octobre, autre bulletin, celui-là formel :
« Une enflure sur le côté droit est évidente à la vue et au toucher, mais je ne suis pas encore en mesure de déterminer si elle procède d’un gonflement du foie, ou si elle lui est extérieure…Il est bien probable qu’il s’agit d’hépatite chronique. (L. P., 20.120)
Ici le bulletin colle ainsi que le manuscrit en question. Le texte du rapport de O'Meara est le suivant:

Depuis mon rapport du 29 septembre, le général Bonaparte s’est plaint d’une douleur diffuse au côté droit accompagnée d’une sensation de chaleur au même endroit. […] Je n’ai pas été capable de déterminer si elle est due à un gonflement du foie ou si elle lui est externe. Mais, comme il n’arrive pas à se soulager de cette douleur, le plus probable est que sa maladie soit une hépatite chronique. Les symptômes de scorbut dans les gencives se sont améliorés. Les gonflements à ses extrémités ont diminué en taille mais se sont étendus plus haut.

C'était la première mention d'une hépatite chronique par O'Meara donc je crois bien que le rapport donné au 1er février 1817 est faux, ou alors la date est mal transcrite.
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Message par Albertuk » 14 janv. 2008 23:37

Concernant la mention de Balmain et de Gourgaud:
(2) Dans son rapport du 10 septembre 1816, Balmain indiquait que l’état sanitaire était mauvais. Les fièvres inflammatoires sévissaient.
« Le 66e d’infanterie a perdu le quart de son effectif. »
Je n'ai pas trouvé cette mention dans les rapports de Balmain à cette date. J'ai la version anglaise donc il y a peut-être des différences avec la version en français (celle publiée dans la Revue Bleue, j'imagine)?
Le 16 août 1817, Gourgaud notait : « L’ennui règne à Longwood comme au camp, où depuis sept jours il est mort quatre soldats de dysenterie. » Il y eut aussi à Deadwood une épidémie de typhus.
Idem, inconnu dans le journal de Gourgaud. Là j'ai la version française publiée par Aubry !
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Message par CC » 14 janv. 2008 23:40

Qui a ajouté les notes sous le texte?
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Message par Albertuk » 14 janv. 2008 23:55

Dans ce registre, on peut aussi citer un rapport de Stürmer, daté du 10 janvier 1817:

Il faut beaucoup de courage et de résignation pour supporter cet exil patiemment. Il en est peu d’aussi tristes. Tout y rappelle l’éloignement du reste du monde. Nous sommes sans nouvelle de nos familles depuis le 12 juillet. […] L’atmosphère des tropiques ne convient point aux Européens. Une quantité d’Anglais sont attaqués d’obstructions de foie et maladies inflammatoires. La mortalité n’a jamais été aussi grande qu’en ce moment. Il n’y a pas de jour sans qu’il n’y ait un enterrement. Parmi les gens du pays, les hommes sont grossiers et ignorants, les femmes sottes et laides, les enfants superbes, le peuple misérable et les gens aisés avares comme dans Molière. Un signe de tête, un yes nasillé ou un sourire niais sont les seules réponses que l’on puisse tirer des dames de Sainte-Hélène. Les Anglais sont ennuyés et par conséquent ennuyeux.

A l'opposé des autres régiments de Sainte-Hélène, le 66è avait beaucoup souffert de décès. Hudson Lowe s'en était étonné, et avait cherché à savoir pourquoi ce régiment était plus touché qu'un autre, et si il y avait lieu de s'inquiéter de risques d'une épidémie. Il avait demandé un rapport à Baxter, le médecin-chef, sur ce problème. Le médecin met en cause l'exposition au soleil des soldats atteints (O'Meara avait aussi mis en cause l'état d'ivresse de certains, combiné à la chaleur tropicale). Baxter le rassura aussi sur le point que ces maladies n'étaient pas contagieuses.
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Message par Diana » 15 janv. 2008 12:24

Bonjour Albert,

merci de relever cette faute concernant la date du dossier, "Mea culpa", j'ai en effet mal copié il s'agit bien du (1er octobre 1817, L. P., 20120. Inédit) . :autruche:

Pour ce qui concerne le rapport de Balmain, du 10 septembre 1816, dans la liste des références aux sources imprimées présentées par Aubry, n'apparait pas le nom de Balmain en cette période, je ne puis donc garantir que ce d'Aubry à écrit.

Concernant la mention de Gourgaud, elle devrait être extraite du livre Gourgaud II entre les pages 344 et 350, mais est-ce Aubry l'auteur du livre et quelle est l'année d'édition, là je ne puis le confirmer.

Les annotations en bas de pages, Chantal, sont d'Octave Aubry.
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Message par Albertuk » 15 janv. 2008 15:13

Bonjour Diana
merci de relever cette faute concernant la date du dossier, "Mea culpa", j'ai en effet mal copié il s'agit bien du (1er octobre 1817, L. P., 20120. Inédit) .
Vous allez certainement penser que je suis pinailleur mais je crois que ce rapport-là est un faux. La raison est simple: il y a un rapport de O'Meara en date du 29 septembre 1817 et le suivant date du 5 octobre 1817. D'ailleurs O'Meara débute ce dernier par "depuis mon rapport du 29 septembre..." ce qui ne laisse aucun doute au sujet d'un vide de rapports entre ces 2 dates. Autre point: à cette époque, les bulletins médicaux de Napoléon n'étaient pas encore 'journaliers'. Et donc, il n'y avait pas eu lieu d'avoir un bulletin le 1er octobre, après un précédent le 29 septembre. En fait, Lowe avait demandé à O'Meara de lui communiquer un bulletin médical 2 fois par semaine, les lundis et les jeudis. Et O'Meara ne courait pas après ce devoir de rédiger des bulletins, compte tenu du précédent hic qu'il a eu avec Napoléon à ce sujet... Donc, après son bulletin du lundi 29 septembre 1817 est venu un autre, en retard, le dimanche 5 octobre.
Tout ceci pour vous démontrer, je l'espère, que le pseudo-rapport du 1er octobre est un faux. Et que la première mention d'hépatite chronique date du 5 octobre et non du 1er octobre.
Pour ce qui concerne le rapport de Balmain, du 10 septembre 1816, dans la liste des références aux sources imprimées présentées par Aubry, n'apparait pas le nom de Balmain en cette période, je ne puis donc garantir que ce d'Aubry à écrit.
Alors, sans référence de la part d'Aubry, il faut prendre ce rapport sous réserve. Encore un faux?
Concernant la mention de Gourgaud, elle devrait être extraite du livre Gourgaud II entre les pages 344 et 350, mais est-ce Aubry l'auteur du livre et quelle est l'année d'édition, là je ne puis le confirmer.
J'ai le journal de Gourgaud en 2 tomes, Flammarion 1944. Il n'y a rien de ce que Aubry mentionne à la date du 16 août 1817. Et pourtant... ce journal a bien été édité par Octave Aubry. Il a dû se mélanger dans les dates lors de la rédaction du livre dont vous parlez. Ou alors il n'aurait pas publié TOUT ce que Gourgaud avait écrit dans son journal, ce qui est possible car il est connu que le propriétaire du manuscrit a exigé des coupures de ce journal. C'est bien dommage, mais c'est vrai (dixit Jean Tulard dans sa bibliographie des oeuvres napoléoniennes). Toutefois je m'étonnerais de cette coupure-là qui n'est pas endommageable à Gourgaud, alors que d'autres le seraient bien évidemment...
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Message par Diana » 16 janv. 2008 15:41

Code : Tout sélectionner

Vous allez certainement penser que je suis pinailleur mais je crois que ce rapport-là est un faux.


Cher Albert,

Jamais je ne penserais que ce qualificatif puisse vous seoir, bien au contraire et je crois que nous tous sommes du même avis.
La recherche de la vérité demande une précision et une neutralité irréprochables et si les documents et annotations mis dans nos messages portent des erreurs ou des doutes, les relever et les corriger ne peuvent que favoriser la connaissance exacte des faits exposés et nous vous en remercions vivement.

Code : Tout sélectionner

La raison est simple: il y a un rapport de O'Meara en date du 29 septembre 1817 et le suivant date du 5 octobre 1817.
En effet, dans la note (1) en bas de pages, le rapport du 5 octobre est mentionné juste à la suite du premier paragraphe.

Dans une page précédente, Aubry fait allusion à un avertissement donné à Lowe concernant l'aggravation de la santé ainsi que de l’état des gencives de Napoléon :

« Le 27 O’Meara en avertit Lowe que les gencives de l’Empereur étaient molles et saignaient aisément. Il avait perdu presque tout appétit. »
(4) La lecture attentive du Journal de Gourgaud pour cette période le fait penser. Napoléon souffrant à partir du 27 septembre, ne s’habille pas, se plaint du foie et de l’enflure de ses jambes. Il mange peu. Mais le 2 octobre "il dîne bien" et les jours d'après reprend à peu près sa vie habituelle."

Aubry fait remarquer que, assez curieusement, Montholon ne mentionne pas à cette date la maladie de l'Empereur. Cependant, on sait qu'il n'a pas une grande confiance dans les écrits de Montholon surtout ceux rédigés à la prison de Ham qu'il qualifie d'arbitraires et faux.
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Message par Albertuk » 16 janv. 2008 18:52

Bonsoir
Aubry fait remarquer que, assez curieusement, Montholon ne mentionne pas à cette date la maladie de l'Empereur. Cependant, on sait qu'il n'a pas une grande confiance dans les écrits de Montholon surtout ceux rédigés à la prison de Ham qu'il qualifie d'arbitraires et faux.
Il n'y a rien d'anormal au fait que Montholon n'ait pas mentionné de très nombreux détails. La raison est simple: il ne tenait pas de journal ! Alors que Las Cases, Bertrand et Gourgaud eux en tenaient un. C'est ce qui fait dire aux historiens, en partie je crois, que les écrits de Montholon ne sont pas fiables. C'est normal si on compare ses Récits à des mémoires ou un journal pris au jour le jour. Toutefois, tout n'est pas à rejeter dans ses récits, malgré des erreurs et des enjolivements. Les cahiers de Bertrand contiennent aussi des erreurs, idem pour les mémoires de Marchand. Quant au journal de Gourgaud, quoique fidèle à son auteur, il ne reflète pas moins les jalousies de celui-ci envers ses compagnons et donc est fortement subjectif.

Pour ma part, je ne rejette pas en vrac tout écrit de cette époque. Il faut plutôt contre-vérifier avec d'autres écrits. Quand un fait est répété par plusieurs sources, on doit le considérer valide et avéré. Pour le reste, il y aura toujours un doute, quel qu'en soit l'auteur.
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Message par Albertuk » 16 janv. 2008 19:04

Ah j'ai oublié de donner une précision au sujet des gencives gonflées et qui saignaient au toucher.

C'est vrai et O'Meara en rend compte une première fois à Hudson Lowe autour du 20 septembre 1817. La cause serq connue un peu plus tard: Napoléon souffrait d'une dent de sagesse. Et celle-ci tournait plutôt mal... O’Meara procéda à son extraction le 16 novembre 1817 et y constata deux caries ! Pas étonnant que Napoléon était de mauvais poil pendant cette période et que ces gencives le faisaient souffrir.
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Message par Joséphine » 23 janv. 2008 16:34

J'ai lu aussi qu'on avait retiré une autre dent à Napoléon mais que cette extraction n'était pas nécessaire.
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Message par Albertuk » 23 janv. 2008 17:03

Oui je sais que certains ouvragres mentionnent l'extraction d'une seconde dent, mais je n'ai pas vu un tel récit parmi les mémorialistes ni dans les rapports. Alors je pense que c'était une erreur dans un certain ouvrage, répété ensuite dans d'autres.
La date de cette supposée seconde extraction est généralement notée au 26 janvier 1818, ce qui est aussi la date de naissance de la fille de Albine-Napoléon.
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