La construction de la légende

Le voici prisonnier de l'Europe... appellation qu'il a toujours refusée.
Comment survivre?

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La construction de la légende

Message par CC » 09 mars 2008 15:44

Jean-Pierre Fournier La Touraille
Hudson Lowe, le geôlier de Napoléon.
Perrin – 2006 – p53

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Napoléon, s’adressant à Las Cases, fait de Hudson Lowe le portrait qu’il entend transmettre à l’Histoire :

« Quelle ignoble et sinistre figure que celle du gouverneur. Dans ma vie je ne rencontrerai jamais rien de pareil. C’est à ne pas boire sa tasse de café si on avait laissé un tel homme un instant seul auprès… »

O’Meara assurera plus tard avoir entendu dire à son illustre patient parlant du gouverneur :

« Il a le crime gravé sur son visage. »

Tous les éléments du réquisitoire qui nourrira la légende napoléonienne sont désormais en place. Sainte-Hélène est un enfer :

« Nous avons parcouru les contrées les plus infortunées de l’Europe ; aucune ne saurait être comparée à cet aride rocher, privé de tout ce qui peut rendre la vie supportable. Il est propre à renouveler à chaque instant les angoisses de la mort. »

Le climat de l’île est redoutable :

« Une continuité de vents, de nuages, d’humidité » ;

le soleil,
« qui y paraît rarement, attaque le foie si on ne s’en préserve avec soin »…

Les arbres qui « de loin ont un aspect riant » n’y sont que des « arbres à gomme, arbuste chétif et bâtard qui ne donne point d’ombre ».

Le maître des lieux, Hudson Lowe, est un homme odieux, « vrai porc-épic sur lequel on ne saurait comment poser la main ».
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Message par CC » 09 mars 2008 15:56

J'avais entendu parler de la nouvelle maison de Longwood, dont la construction n'intéressait pas trop Napoléon et dans laquelle il ne s'est jamais installé. Manque de temps. :|

Par contre, je ne me souvenais pas de cette proposition - laissée elle aussi sans suite. :|


Jean-Pierre Fournier La Touraille
Hudson Lowe, le geôlier de Napoléon.
Perrin – 2006 – p 127

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Lowe va jusqu’à proposer de louer une résidence plus commode à plus d’une lieue de Longwood. Il écrit à Bertrand :


Prenant en considération les plaintes faites contre Longwood, j’ai l’honneur de vous informer que j’ai obtenu le consentement de miss Masson à céder sa maison, l’une des mieux situées de l’île sous ce rapport, pour l’usage et la commodité du général Bonaparte, s’il veut l’accepter, durant les mois d’été, ou jusqu’à ce qu’une réponse arrive de mon gouvernement au sujet d’autres arrangements pour lui.

Il n’y aura pas de réponse. Les rencontres entre Lowe et Bertrand se multiplient en vain : Napoléon ne se satisferait que d’une capitulation en rase campagne. Hudson Lowe n’est pas au bout de ses peines.
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Albertuk
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Message par Albertuk » 12 mars 2008 17:56

La maison de Miss Polly Mason se trouvait de l'autre côté du ravin qui la séparait du plateau de Deadwood. Elle offrait des avantages au point de vue ombrage. L'offre de Hudson Lowe datait de l'automne 1817 mais il n'avait pas obtenu de réponse de la part de Napoléon sur cette proposition d'"extension" de la propriété de Longwood. Il ne s'agissait pas à proprement parler d'un déménagement mais plutôt d'ajouter cette maison au domaine autorisé à Napoléon afin de lui offrir une résidence "secondaire" en quelque sorte pour la saison des chaleurs. Cette circonstance est aussi rapportée par le bulletin de Balmain en date du 8 janvier 1818. Mais une dispute entre Lowe et Bertrand a alors fait aigrir la relation entre Longwood et Plantation House, et la transaction avec Miss Mason ne fut pas conclue.

Cependant la discussion d'un déménagement en bonne et due forme prit forme à partir du début février 1818. On finit par convenir que l'habitation de Rosemray Hall (celle où se trouvait Stürmer et Balmain) qui se trouvait proche de Plantation House allait convenir le mieux à Napoléon. Hudson Lowe se mit d'accord sur un prix à payer pour l'achat de cette propriété et envoya la demande de budget à Bathurst, en démontrant que cet achat allait coûter moins cher en final au gouvernement anglais que de construire une nouvelle maison à Longwood compte tenu des coûts de main d'oeuvre exorbitants. Mais........ cette époque a aussi été celle des "révélations" de Gourgaud.... qui effrayèrent Bathurst et cette proposition de déménager Napoléon de Longwood fut bel et bien enterrée à jamais !!! On ne parla plus jamais de cette éventualité. Merci Gourgaud.
Amicalement
Albert - UK
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Message par CC » 15 mars 2008 15:07

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Message par CC » 15 mars 2008 16:50

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Joséphine
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Message par Joséphine » 13 avr. 2008 10:48

Même perdu au milieu de l'océan, il a réussi! Ce que l'histoire a retenu, c'est ce que Napoléon avait décidé qu'elle retienne! Quel homme!
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