Celui qui aimait trop Napoléon

Le voici prisonnier de l'Europe... appellation qu'il a toujours refusée.
Comment survivre?

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CC
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Celui qui aimait trop Napoléon

Message par CC » 10 déc. 2006 16:38

http://www.napoleonprisonnier.com/acteurs/gourgaud.html

Jaloux de ceux qui étaient trop proches de Napoléon, il va jusqu'à provoquer Montholon en duel.

Il serait aussi en grande partie responsable de la rumeur de liaison entre l'Empereur et Albine.

Après plusieurs mois de disputes, d'énervements et d'hésitation, il part finalement en février 1818.

A Hudson Lowe d'abord et en Europe ensuite, il fait des "confidences" sur Napoléon.
Il parle d'évasion, de maladie imaginaire, de richesses cachées. :cry:

Ses "révélations" tombent mal et les participants au Congrès d'Aix-La-Chapelle décident de ne pas adoucir les conditions de détention et qu'au contraire, Longwood semble bien le lieu le plus indiqué pour garder Napoléon.
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bbea53
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Message par bbea53 » 10 déc. 2006 17:18

Certains historiens, dont Frédéric Masson, ont été très sévères envers le général Gourgaud

Exact ,mais par la suite ,la famille de Gourgaud ,voulant justifier l'attitude du général a prétendu que celui-ci était en mission . Il a d'ailleurs été produit une chaussure ,avec une double semelle pouvant cacher ,une lettre . Je ne sais si J Macé évoque cette anecdote dans son livre .mais sur quelques coupures de journaux j'ai cette photo .
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Message par CC » 10 déc. 2006 17:35

Je n'ai pas vu mention de cette chaussure dans le dictionnaire de Sainte-Hélène duquel j'ai pris les dires de Jacques Macé.

Mais la photo et les articles de journaux pourraient compléter la page.

:fleur:
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 10 déc. 2006 20:48

bbea53 a écrit :Exact ,mais par la suite ,la famille de Gourgaud ,voulant justifier l'attitude du général a prétendu que celui-ci était en mission .
Gourgaud semble un peu trop cabotin pour faire un bon agent en mission.
Voici un récit extrait des souvenirs du prince de Joinville qui met en lumière le goût assez prononcé de Gourgaud pour se mettre en scène (l'épisode se situe lors du retour des Cendres) :
Le général Gourgaud se fit remarquer par le soin ému avec lequel il relut une montagne de billets à écriture féminine, qu'il brûlait un à un dans une cuvette et dont il recueillait les cendres pour les mettre en bouteille; une manière de conserver de tendres souvenirs à l'abri des indiscrétions. Mais tous ces préparatifs belliqueux furent vains; lorsque, le 30 novembre, la Belle-Poule jeta l'ancre à Cherbourg, l'orage était passé.
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bbea53
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Message par bbea53 » 10 déc. 2006 23:59

Gourgaud semble un peu trop cabotin pour faire un bon agent en mission. P Desmaret

C'est bien aussi mon avis . Je me suis donc penchée sur le document lu ,il y a bien longtemps dans "Ecrits de Paris -sept 1990" et que vois -je une vieille affaire montée de toute pièce par Montholon ,refait son apparition .

Dans son livre ""Le général Gourgaud "J Macé, relate cette affaire ,ainsi que le duel qui a failli sanctionner les dires de F Masson suite à sa conférence du 27 mars 1908.
Il est acquis que cette mission secrete a été montée par Montholon

"Montholon répand complaisamment des lettres affirmant qu'il a entretenu à Sainte-Hélène les meilleures relations du monde avec son Compagnon Gourgaud ,et que leur querelle n'était qu'un simulacre afin de permettre l'expulsion en Angleterre de Gourgaud ,chargé d'une mission "secrète" par l'Empereur.
Cette thése pendant plus d'un siécle sera soutenue par les amis du général .
Montholon écrit du Fort de Ham le 16 mai 1841 au chevalier de Beauterne ; "le génèral Gourgaud n'a pas ainsi que vous le croyez abandonné l'Empereur.Il n'est parti qu'avec le consentement de S M . et chargé d'une mission importante .Il y aurait plus qu'injustice à présenter sous une autre couleur son retour en Europe " d'aprés l'ouvrage de J Macé
Montholon ira jusqu'à produire d'autre lettres jusqu'au moment où Gourgaud lui fait comprendre qu'il en fait un peu trop .

On imagine facilement ,l'emploi qu'on pourrait faire de toutes ces "tricheries" ou mystères de Sainte-Hélène :D

Cette histoire est réapparue dans l'écrit ,cité plus haut (1990) ,on parle même d'une lettre de Napoleon découpée en forme de semelle :? retrouvée dans des archives .(et non d'une chaussure comme je pensais me le souvenir )
Demain ,si certains veulent découvrir cet article de Jacques LE BRETHON
"l'agent secret de Sainte-Hélène " je le diffuserai
Modifié en dernier par bbea53 le 11 déc. 2006 0:37, modifié 1 fois.
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Message par CC » 11 déc. 2006 0:15

Décidément, à Sainte-Hélène, on se faisait mousser pour peu de choses. :?

Entre les dires des uns et les mensonges des autres, allez retrouver le vrai.

Je pense pour ma part que le vrai est là comme ailleurs: quand des gens vivent ensemble il y a forcément des envies, des disputes, des gens qu'on ne supporte pas et finalement des départs.
Et ensuite l'envie de se faire passer pour des héros. C'est trop mesquin, trop commun de parler de banales disputes.

Mais l'article sera intéressant. L'anecdote et les fausses rumeurs ont aussi leur intérêt, ne fut-ce qu'anecdotique.

:fleur:
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bbea53
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Message par bbea53 » 11 déc. 2006 18:22

L'Agent secret de Sainte-Hélène par Jacques Le Brethon sept 1990,Ecrits de Paris ;

L'EPOPEE napoleonienne,quelque jugement qu'on puisse ,selon ses nationalités et ses préfèrences personnelles,porter sur elle ainsi que sur l'Empereur et ses proches ,ne finira jamais de susciter l'intèrêt du public comme les recherches des historiens.

L'érudit bibliothécaire (B.N.)Paul Le Brethon (mon grand père ) qui fut de 1892 à1915,l'archiviste de la famille Murat,a eu en son temps accés à une quantité exceptionnelle de documents .Au cours des travaux qu'il effectua pour la mise en ordre ,puis l'édition des papiers et souvenirs du roi Murat,il fut amené à faire une découverte ,restée inédite,mais qui ne manque pas d'interêt pour la petite Histoire .

. Le vicomte Grouchy avait publié vers 1900,un "journal" intime tenu par par le général Gourgaud à Sainte-hélène. Un historien de l'époque Frédéric Masson ,invité imprudemment peut-être à, intervenir dans cette édition ,avait ajouté des commentaires personnels si désagréables que le baron Gourgaud,descendant du général ,ulcérè à juste titre, demanda des excuses (qu'il obtient d'ailleurs ) de l'historien .L'affaire devait en rester là pour Masson.Mais ,désireux de savoir pièces en main,toute la vérité,pour le cas où celui-ci aurait récidivé,le baron invita Paul Le Brethon à faire l'inventaire systématique des papiers de son ancêtre,compagnon de l'Empereur à STH.

;A première vu et de sa main même,le général Gourgaud donnait de sa personnalité une opinion antipathique.Volontaire certes ,il l'avait été pour tenir compagnie à Napoleon exilé ,mais bientôt sa rancoeur s'était donné libre cour.Elle s'exhala sans réserve aucune,en dénonçant les côtés mesquins de l'existence menée à Longwood ,les côteries et les chamailleries des Français de la petite Cour,leur jalousies pour capter les bonnes grâces de l'Empereur captif.Gourgaud se révèlait homme de trés mauvais caractère,insupportable,en arrivant à se fâcher avec tout le monde ,y compris Napoleon .

Un tel comportement n'était pas pour déplaire au geôlier Hudson lowe:pendant que les français se querellaient ainsi ,ils ne pensaient pas à l'ennuyer,lui , en revendiquant une amélioration du sort de l'auguste prisonnier .Quelques fidèles ,lassés,finirent par demander leur rapatriement,qui fut accordé par l'Empereur et par les Anglais .Les candidats au retour en France furent minutieusement fouillés (Hudson Lowe,homme soupçonneux au possible , ne laissait rien au hasard ) avant d'être autorisés enfin à quitter Sainte-Hélène.
Gourgaud ,lui ,continua un certain temps encore à empoisonner la vie de son entourage jusqu'au jour où ,n'y tenant plus ,apparemment ,il demanda et obtint à son tour son rapatriement . Hudson Lowe le lui accorda sans difficulté . Fâché officiellement avec napoleon,Gourgaud,de ce fait,étant bien vu des Anglais,put donc emporter ses bagages et ses papiers à destination de l'Angleterre où il avait demandé à résider .Il vécut effectivement à Londres pendant quelques mois et y publia,en 1818,une "Relation de la campagne de 1815"". Suivant la version officielle ,cette "Relation "déplut au gouvernement de Londres qui la fit saisir ,et Gourgaud fut expédié en Allemagne .
Telle est la version couramment admise par les historiens.
.Mais les archives confiées à Paul Le Brethon ,en 1900-1902,devaient livrer une vérité bien différente .L'archiviste fut invité par le Prince Murat et le baron Gourgaud en l'hotel de ce dernier aux Champs -Elysées; il y avait là un musée privée des collections napoleoniennes de feu le réputé grincheux général .Parmi tant de pièces de valeur figurait le manuscrit qui avait servi à Frédéric Masson pour son livre . Tout de suite l'archiviste spécialisé se rendit compte que l'édition avait été sommaire et imcomplète:l'écriture tres fine et difficile à lire était parsemée à chaque page de signes conventionnels connus seulement de Gourgaud et que personne n'avait eu ni n'aurait les moyens de déchiffrer .Mais ce n'était encore là que la moindre des surprises pour le chercheur.La baronne Gourgaud fit descendre du grenier une pleine caisse de papiers anciens. Lisons maintenant ce qu'en dit Paul Le Brethon lui-même:

----"-Qu'elle ne fut pas ma surprise en trouvant ,d'abord un cahier de l'écriture même de Gourgaud et du format du "Journal" ,relatant l'histoire de son arrivée et de son séjour à Londres et celle de sa déportation à Hambourg,document précieux échappé au vicomte Grouchy et par conséquent à Frédéric Masson.
-"Dans ce cahier d'une vingtaine de pages,Gourgaud relate minutieusement ses faits et gestes pendant son séjour à Londres ,ses démarches auprés des ministres anglais,particulièrement ses entrevues avec Goulburn,sous-secrétaire d'état à la guerre .Un fait noté certain jour me frappa-"-J'ai vu hier nos jeunes gens ,ils sont maintenant prés de 500 et sont fous de l'Empereur "Deux ou trois jours aprés,Gourgaud était entouré subitement dans la rue par des policiers et,sans aucune forme de procés,embarqué séance tenante sur un bateau en partance pour Hambourg.Il ne lui fut,du reste fait aucun mal.Goulburn ne tenait pas sans doute (et pour cause )à ébruiter ses entrevues avec Gourgaud et à avouer qu'il avait été dindonné par celui-ci,qui probablement essayait d'organiser à Londres même,une expédition aussi folle qu'audacieuse pour tenter d'enlever le captif de STH.L'Empereur lui avait remis ,en effet une lettre autographe et signée de lui ,découpée en forme de semelle,que j'ai retrouvé chez Gourgaud":"Je prie mon frère Joseph de remettre au Général Gourgaud porteur de cette lettre ,la somme de cent mille francs"[/i]

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Message par CC » 11 déc. 2006 19:34

:fleur:
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bbea53
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Message par bbea53 » 11 déc. 2006 19:45

"L'Empereur meurt en 1821.En même temps que les autres exilés de Sainte-Hélène Gourgaud rentre en France .Quelle va être l'attitude de ceux-ci vis à vis du compagnon qui les a quittés ,semble-t-il ,fâché à mort avec eux ? Une lettre du général de Montholon ,écrite au début de 1823 et retrouvé par moi dans la correspondance de Gourgaud,l'assure de son inaltérable amitié ,de son désir de le revoir,et plus tard Montholon écrira avec Gourgaud la "Relation de la captivité de Sainte-Hélène ". Bertrand envoie également à Gourgaud son bon souvenir .

"Il est facile de conclure:Gourgaud a quitté Sainte-Hélène d'accord avec l'Empereur ,fâché seulement en apparence avec lui. Napoleon ,privé de tout contact avec l'Europe ,a dû imaginer un plan pour communiquer,malgré Hudson Lowe,et chaque exilé de Sainte-Hélène a joué un rôle dans le sénario. Gourgaud a été le mauvais garçon,honni de tous ,même de l'Empereur ,pour cela même "persona grata " auprés d'Hudson Lowe qui a facilité son retour en Angleterre. Gourgaud a joué un rôle dicté par Napoleon et je crois que celui-ci ne l'a pas oublié dans son testament "

..Pour l'Histoire ,le génèral Gourgaud sort non seulement réhabilité de cette enquête ,mais singulièrement grandi :loin d'avoir été un mauvais compagnon pour l'Empereur,il fut au contraire choisi par lui entre tous les fidèles de la petite Cour de Longwood pour jouer un rôle délicat à l'extrême et demandant à la fois beaucoup de courage ,de constance pendant de nombreux mois ainsi qu'un réel talent de comédien pour donner le change aux non-initiés,aux anglais notamment . Une fois la première partie du programme réalisée,la sortie de Sainte-Hélène avec les documents ,il restait à Gourgaud ,agent secret arrivé en Europe,à organiser l'évasion du prisonnier depuis Londres même et en manoeuvrant le ministre Goulburn .
Si le projet échoua,éventé malheureusement trop tôt,du moins Gourgaud eut-il la vie sauve ;car un procés ou même sa mort exéditive eussent attiré l'attention sur un complot que les Anglais aussi bien que les Bourbons régnant alors en France n'avaient aucun interêt à ébruiter .
Le secret de cette aventure sans lendemain est resté enfoui depuis dans les archives ,et le coup de lumière qu'à projeté sur cette affaire Paul Le Brethon vers 1902 ne s'est pas traduit en publications écrites.Nul musée public connu n'expose la lettre autographe de Napoleon ,découpée en forme de semelle ,pièce à conviction essentielle du complot . .
Affabulation,extrapolation,imagination?Outre que le caractère de l'archiviste cité ,renommé pour son sérieux dans les milieux qui faisaient appel à lui ,exclut a priori toute possibilité d'une invention de sa part ,il reste ,par ailleurs ,une preuve morale de la véracité de l'affaire . Que les généraux Montholon et Bertrand ,de retour en France et dorénavant libres ,aient assuré Gourgaud de leur inaltérable amitié ,suffirait d'ailleurs à réhabiliter ce dernier .Durant la Restauration ,les rescapés de S T H se devaient de demeurer discrets sur un passé si proche . Cependant les termes employés par les généraux à l'égard de leur ex- co-exilé ne sont pas ceux qu'on adresse souvent à un personnage réputé exécrable ou à un traîte.On peut supposer qui Montholon et Bertrand devaient en savoir long sur les états de services réels de Gourgaud qui avait su habilement jouer le rôle d'un personnage désagréable et accepter de passer pour un traîte
:roll: :roll: :roll:

--- Incroyable article que voilà !!concernant le journal de Gourgaud ,les rumeurs dans les milieux avertis voulaient que la famille se soit opposée à la production de certains documents ou que certains écrits n'y figurent pas .On le comprend facilement quand on lit les "tricheries " de Montholon ,relatées par J M ,mais avec ce document de Le Brethon (1990);on est en droit de se demander s'il ne sagit pas en fait d'une tentative de réhabilitation ,car bravo pour cette plaidoirie !!!
Mais d'une contre -vérité ,Le Brethon n'utilise t il pas la méthode qui consiste à créer un doute pour qu'il en ressorte un soupçon de vérité ? Sa phrase -"Napoleon .....a dû imaginer un plan pour communiquer,malgré Hudson Lowe" et chaque exilé de Sainte Hélène a joué un rôle dans le sénario . relance si besoin était les mystères de Sainte-Hélène :D

Dans la brève conclusion de Le Brethon (que je n'ai pas retranscrite ) il confirme et signe en affirmant !
"....comme pour ceux d'autres messagers secrets encore inconnus à ce jour ,justice soit rendue au périlleux courage d'agents simulant au service de leur cause des tares caractérielles qu'ils étaient loin d'avoir . :fou:
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Message par Diana » 11 déc. 2006 20:08

Wouaw ! :aime:

:roserouge: Merci bbea, c'est passsionant.
Ayant visité le musée napoléonien de la donation Gourgaud de l'île d'Aix, cela donne encore plus envie de mieux connaître cet incroyable et mystérieux personnage.

Comme tout ce que vous nous avez si généreusement fait connaître, la lecture en est passionnante. :merci:
Le premier signe de l'ignorance, c'est présumer que l'on sait.
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Message par CC » 11 déc. 2006 20:19

C'est un envoyé spécial qui a quand même bien raté son coup! :?

Non seulement il ne réussit pas son plan d'évasion, mais en plus il arrive à point nommé pour influencer le fameux congrès d'Aix la Chapelle. :cry:

D'un autre côté, personne ne lui en veut.

Décidément, nous voilà devant un autre mystère, où tout le monde, une fois encore, joue bien son rôle et ne dit mot. :|

En tout cas, c'est passionnant!

Merci pour ces écrits!

:fleur:
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Message par CC » 16 déc. 2006 16:35

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Message par Joséphine » 06 févr. 2007 18:56

C'est passionnant! J'adore les histoires d'agents secrets! Gourgaud, Cipriani; il était quand même bien entouré, Napoléon. Dommage que ça ne l'a pas sauvé! :cry:
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Message par CC » 09 mars 2008 17:21

Voici les dires de Gourgaud, qui coûtèrent cher à Napoléon:



Jean-Pierre Fournier La Touraille
Hudson Lowe, le geôlier de Napoléon.
Perrin – 2006 – p 143

___________________________________________


Note du sous-secrétaire d’Etat à Bathurst :

En obéissance à vos ordres, j’ai eu à plusieurs reprises des entretiens avec le général Gourgaud, dans le dessein de m’assurer s’il était disposé à fournir quelques détails de plus sur les divers points indiqués dans les récentes dépêches de sir Hudson Lowe. Les renseignements que j’ai reçus de lui, quoique donnés d’une manière très circonstanciée, sont en substance ainsi qu’il suit :


Le général Gourgaud n’a pas eu de peine à avouer qu’il a toujours existé des communications libres et non interrompues entre les habitants de Longwood et ce pays ainsi que le continent, à l’insu et sans l’intermédiaire du gouverneur, et qu’on s’en est servi non seulement pour recevoir et envoyer des lettres, mais aussi pour recevoir des pamphlets, de l’argent et autres articles dont les habitants de Longwood peuvent avoir besoin… Que les personnes qui s’y emploient sont les Anglais qui, de temps en temps, visitent Sainte-Hélène, les officiers ou les domestiques de Bonaparte ayant libre accès auprès d’eux. Ceux–ci, généralement, se chargent volontiers, les uns sans aucune rémunération, les autres avec une très faible récompense pécuniaire, de porter en Europe les lettres ou paquets qu’on leur confie. Il paraîtrait aussi que les capitaines ou autres, à bord des navires marchands qui touchent Sainte-Hélène, sont regardés à Longwood comme particulièrement exposés à la séduction habituelle de Bonaparte, à ce point que les habitants de Longwood considéraient comme une affaire présentant peu de difficulté d’assurer le passage à bord d’un de ces navires pour le général Bonaparte, si un jour ou l’autre il voulait s’évader… Le général Gourgaud lui-même a déclaré savoir que le général Bonaparte avait reçu une forte somme d’argent en dollars espagnols, à savoir 10000 livres sterling, précisément à l’époque où il disposait de son argenterie… Au sujet de l’évasion du général Bonaparte, Gourgaud m’a affirmé confidentiellement que, quoique Longwood soit, par sa situation, susceptible d’être bien gardé par des sentinelles, cependant, il était certain qu’il ne serait pas difficile d’échapper, un moment ou l’autre, à la vigilance des sentinelles postées à l’entour de la maison et des terrains ; et enfin qu’une évasion de l’île ne lui apparaissait nullement impossible…
Au sujet de la santé du général Bonaparte, le général Gourgaud a déclaré qu’on nous en imposait beaucoup, que le général n’était pas, en ce qui concernait la santé physique, considérablement changé, et que les rapports faits à ce sujet manquaient de vérité. O’Meara est certainement la dupe de l’influence que le général Bonaparte exerce toujours sur ceux avec qui il a des relations fréquentes. Il m’affirma que sa connaissance intime lui permettait d’affirmer confidentiellement que sa santé physique n’était nullement aussi mauvaise qu’elle l’avait été avant son arrivée à Sainte-Hélène.
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Albertuk
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Message par Albertuk » 12 mars 2008 18:12

Oui Gourgaud a fait beaucoup de tort à Napoléon. Mais je pense aussi que les historiens français ont essayé de taire, et essayent quelquefois encore, cette circonstance. En tout cas, ce qui est raconté dans le texte donné sur http://www.napoleonprisonnier.com/acteu ... tml#espion contient son lot de mensonges pour déguiser la vérité. La grosse couleuvre qu'on a essayé de faire avaler au début du XXè siècle était que Gourgaud avait été renvoyé de Longwood par ordre de Napoléon et avait été porteur de messages secrets pour Joseph etc. Et que toute son attitude négative envers Napoléon avait été un leurre pour tromper les Anglais.... Balivernes que tout cela, surtout après la publication tardive des cahiers de Bertrand qui en disent long sur le tempérament de Gourgaud et confirment la seule vérité historique, qu'elle plaise ou non: Gourgaud avait lâché Napoléon en 1818 et avait aggravé la situation de la captivité après avoir quitté Longwood. L'éventualité perdue du déménagement de Napoléon à Rosemary Hall n'est qu'un exemple parmi d'autres.
Amicalement
Albert - UK
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