Napoléon et la paix

Sujets généraux concernant l'histoire du Consulat et de l'Empire
hypolite

Message par hypolite »

Je supposes qu'Il pensait que ces Monarchies avaient encore leur utilité en Europe et qu'il ne t'était pas de notre interet de les supprimer ! :?:
De toute facon, il n'a jamais eu l'intention de conquerir la Prusse ou l'Autriche, il ne faisait que répondre à une agression ! :wink:


Posté sur le forum Pour l'Histoire par hypolite le 03/11/2003 15:16
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Frédéric Staps
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La paix par la victoire

Message par Frédéric Staps »

Pour revenir aux conceptions de Napoléon relatives à la paix, il faut bien constater qu'elles doivent beaucoup au modèle de la paix romaine. Dans la plupart des cas, Napoléon a voulu obtenir une victoire décisive pour pouvoir dicter ses conditions aux vaincus. Le traité d'Amiens constitue une des rares exceptions où Napoléon a accepté de négocier une paix sans avoir au préalable écrasé son adversaire. A cette seule exception près, il n'a jamais accepté de signer de paix sans être en position de force. Et si en 1809, il a tant traîné pour signer la paix alors qu'il avait remporté des victoires, c'est sans doute en grande partie parce qu'il n'avait pas encore écrasé la révolte du Tyrol au moment de négocier.
Cette incapacité à faire la paix sans avoir obtenu une victoire éclatante est sans doute à l'origine des plus grosses erreurs de Napoléon qui menèrent à sa chute. Si les troupes françaises se sont enlisées en Espagne, c'est en grande partie parce que Napoléon ne pouvait concevoir une pacification du pays autrement que par la force. De même, en Russie, s'il s'est laissé entraîné jusqu'à Moscou, c'était pour obtenir cette victoire qui obligerait Alexandre à se plier à ses conditions. En 1813, à nouveau, les négociations pourtant entamées ne peuvent aboutir, car Napoléon, en vrai joueur de cartes, s'imagine jusqu'au dernier moment qu'il pourra se refaire. De même dans la campagne de France, refusant catégoriquement de participer à des négociations, il pousse ses maréchaux plus conscients de la situation réelle à le court-circuiter pour négocier sans son accord la seule solution réaliste.
En 1815, fidèle à ses principes, il se mettra en campagne sans même essayer d'envisager une autre solution.
Nourri de la lecture des auteurs antiques, Napoléon n'ignorait donc pas l'histoire, mais il n'a voulu en retenir que les leçons qui correspondaient à ses conceptions et ne pas voir les dangers des solutions qu'il adoptait. A vouloir lui donner raison même dans ses erreurs, certains veulent donc peut-être revivre le même destin que Napoléon. Ils se trompent sans doute, car faire les mêmes erreurs dans d'autres circonstances ne produit pas toujours le même résultat. :lol:

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 15/02/2004 09:50
FA8

Message par FA8 »

En 1815, fidèle à ses principes, il se mettra en campagne sans même essayer d'envisager une autre solution

A bon??? Il n'était pas encore à Paris, que les dés des coalisés étaient jetés.

Amicalement


Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 15/02/2004 19:44
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

Napoléon a-t-il tenté d'ouvrir des négociations ? N'a-t-il pas comme d'habitude essayé de prendre ses adversaires de vitesse avant qu'ils n'aient le temps de concentrer leurs troupes pour l'attaquer ?
Les jeux étaient sans doute déjà joué d'avance. Mais n'aurait-il pas dû le savoir avant même de débarquer à Golfe Juan ? A-t-il seulement hésité face à cette perspective ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 15/02/2004 20:13
Jean

Message par Jean »

Frédéric Staps a écrit :N'a-t-il pas comme d'habitude essayé de prendre ses adversaires de vitesse avant qu'ils n'aient le temps de concentrer leurs troupes pour l'attaquer ?
Est-ce une mauvaise tactique ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 15/02/2004 21:46
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

Jean a écrit :Est-ce une mauvaise tactique ?
Tant qu'elle réussit, probablement pas. Mais quand elle échoue, elle ne paraît plus aussi bonne.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 15/02/2004 22:14
FA8

Message par FA8 »

Est il necessaire de rappeler que les Bourbons ne versaient pas la somme prévue par le traité? Sans compter les assassins pour tuer l'Empereur?
C'est un début.
Ensuite, avant même qu'il ne soit revenu, les coalisés l'avaient déjà condamné, un peu comme un délinquant qui sort de prison, et à qui la société ne donne pas une seconde chance.
Pourtant l'Empereur et l'histoire le prouve, leur a laissé plusieurs chances, car malgré les traités de paix qui sont qualifiés de difficile par certains, les coalisés se refaisaient vite une santé, étonnant pour des traités humiliants. . .
Je peux citer des traités humiliants, ou les humiliés ont largement mis plus de temps à se relever comme en 1870 pour la France, il faudra attendre 1914 pour la revanche, et le diktat de Versailles en 1918, ou il faudra attendre 1939 pour que l'Allemagne se rélève.
Si les traités avaient si durs que cela, Napoléon ne serait jamais tombé.

Amicalement.


Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 15/02/2004 22:31
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

FA8 a écrit :Est il necessaire de rappeler que les Bourbons ne versaient pas la somme prévue par le traité?
Donc pour obtenir le paiement de sa pension, Napoléon pouvait mettre l'Europe à feu et à sang. :shock:
FA8 a écrit :Sans compter les assassins pour tuer l'Empereur?
Des noms à mettre sur cette légende ?
FA8 a écrit :Ensuite, avant même qu'il ne soit revenu, les coalisés l'avaient déjà condamné, un peu comme un délinquant qui sort de prison, et à qui la société ne donne pas une seconde chance.
En principe, un délinquant qui sort de prison a une seconde chance, il n'est pas condamné. Votre comparaison est donc un peu boiteuse.
Et vous ne répondez pas aux questions.
Napoléon a-t-il tenté d'ouvrir des négociations ? N'a-t-il pas comme d'habitude essayé de prendre ses adversaires de vitesse avant qu'ils n'aient le temps de concentrer leurs troupes pour l'attaquer ?
Les jeux étaient sans doute déjà joué d'avance. Mais n'aurait-il pas dû le savoir avant même de débarquer à Golfe Juan ? A-t-il seulement hésité face à cette perspective ?
FA8 a écrit :Pourtant l'Empereur et l'histoire le prouve, leur a laissé plusieurs chances, car malgré les traités de paix qui sont qualifiés de difficile par certains, les coalisés se refaisaient vite une santé, étonnant pour des traités humiliants...
Et vous ne vous êtes jamais dit que ces traités pouvaient être la cause de la reprise rapide de la guerre ?
FA8 a écrit :Je peux citer des traités humiliants, ou les humiliés ont largement mis plus de temps à se relever comme en 1870 pour la France, il faudra attendre 1914 pour la revanche, et le diktat de Versailles en 1918, ou il faudra attendre 1939 pour que l'Allemagne se rélève.
Ce n'est pas la dureté des traités qui expliquent ces délais.
FA8 a écrit :Si les traités avaient si durs que cela, Napoléon ne serait jamais tombé.
Pouvez-vous expliquer une telle affirmation ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 15/02/2004 23:22
FA8

Message par FA8 »

Donc pour obtenir le paiement de sa pension, Napoléon pouvait mettre l'Europe à feu et à sang

La question est de savoir pourquoi les bourbons n'ont pas respecté le traité signé. Il faut aussi s'attacher aux causes et aux conséquences, il ne faut oublier les unes ou les autres ( quand cela nous arrange ).


Des noms à mettre sur cette légende ?

Je parle sérieusement, et toi tu portes atteinte à mon idée, en la qualifiant de légende. Je ne réponds pas.

Difficile d'entamer des négociations, quand les interlocuteurs vous qualifient d'Ennemi de L'Europe, Hors la Loi etc....

Pouvez-vous expliquer une telle affirmation ?


Je dirai juste, comment expliquer que les ennemis d'hier écraisaient par des traités durs ( enfin soi disant ), ont pu se relever aussi vite?


Posté sur le forum Pour l'Histoire par FA8 le 16/02/2004 14:53
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps »

FA8 a écrit :La question est de savoir pourquoi les bourbons n'ont pas respecté le traité signé. Il faut aussi s'attacher aux causes et aux conséquences, il ne faut oublier les unes ou les autres ( quand cela nous arrange ).
C'est vous qui avez lu le livre de Dominique de Villepin. Ne fournit-il pas d'explications ?
FA8 a écrit :Je parle sérieusement, et toi tu portes atteinte à mon idée, en la qualifiant de légende. Je ne réponds pas.
"Porter atteinte à votre idée", mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Vous parlez d'assassins qui doivent tuer Napoléon à l'ïle d'Elbe. Citez leur noms ou le nom des commanditaires, sinon il s'agit de vagues rumeurs invérifiables.
FA8 a écrit :Difficile d'entamer des négociations, quand les interlocuteurs vous qualifient d'Ennemi de L'Europe, Hors la Loi etc....
Je n'ai pas dit que c'était facile, je n'ai même pas dit que c'était possible, j'ai juste demandé si Napoléon avait envisagé une telle possibilité, si Napoléon avait hésité avant de revenir de l'île d'Elbe en sachant qu'il ne pourrait pas négocier. Mais vous ne répondez jamais à ce genre de question.
FA8 a écrit :Je dirai juste, comment expliquer que les ennemis d'hier écraisaient par des traités durs ( enfin soi disant ), ont pu se relever aussi vite?
Ce n'est pas la dureté des traités qui empêchent de reprendre la guerre (au contraire, plus un traité est dur, plus le risque d'une reprise rapide de la guerre semble grand), mais l'ampleur de la défaite ou la satisfaction mutuelle des parties qui ont signé le traité.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 16/02/2004 16:04
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