Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Actualités en rapport avec le Consulat, l'Empire et Napoléon.
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Frédéric Staps
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Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Frédéric Staps »

Voici les symptômes de ce "mal" qui affecte les hommes de pouvoir.

1 – Inclination narcissique à voir le monde comme une arène où exercer son pouvoir et rechercher la gloire.
2 – Prédisposition à engager des actions susceptibles de présenter l’individu sous un jour favorable, c’est-à-dire pour embellir son image.
3 – Attrait démesuré pour l’image et l’apparence.
4 – Façon messianique d’évoquer les affaires courantes et tendance à l’exaltation.
5 – Identification avec la nation ou l’organisation, au point que l’individu pense que son point de vue et ses intérêts sont identiques à ceux de la nation ou de l’organisation.
6 – Tendance à parler de soi à la troisième personne ou à utiliser le « nous » royal.
7 – Confiance excessive en son propre jugement et mépris pour les critiques et les conseils d’autrui.
8 – Impression d’omnipotence sur ce que l’individu est personnellement capable d’accomplir.
9 – Croyance, qu’au lieu d’être responsable devant ses collègues ou l’opinion publique, le seul tribunal auquel il devra répondre sera celui de l’histoire.
10 – Croyance inébranlable que le jugement de ce tribunal lui sera favorable.
11 – Perte de contact avec la réalité, souvent associée à un isolement progressif.
12 – Agitation, imprudence et impulsivité.
13 – Tendance à accorder de l’importance à leur« vision », à leur choix, ce qui leur évite de prendre en considération les aspects pratiques ou d’évaluer les coûts et les conséquences.
14 – Incompétence « hubristique », lorsque les choses tournent mal parce qu’une confiance en soi excessive a conduit le leader à négliger les rouages habituels de la politique et du droit.

Pour diagnostiquer ce syndrome, il suffirait d'avoir trois symptômes. Chez Napoléon, on peut relever bien plus que trois de ces symptômes.
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Cipriani Franceschi
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Cipriani Franceschi »

Je me suis demandé où vous aviez trouvé cette liste des symptômes de ce trouble de la personnalité...
https://sante.journaldesfemmes.fr/fiche ... efinition/
Certes, en y regardant bien, on peut estimer que Napoléon présentait un certain nombre de ces symptômes... mais confronté à l'échec, à l'effondrement de ses certitudes, l'individu atteint d'Hubris finit généralement par se suicider, et là c'est clairement Hitler qui emporte la palme d'or
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Frédéric Staps
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Frédéric Staps »

Cipriani Franceschi a écrit : sam. 12 mars 2022 12:50 Je me suis demandé où vous aviez trouvé cette liste des symptômes de ce trouble de la personnalité...
https://sante.journaldesfemmes.fr/fiche ... efinition/
Ce site figurait dans la liste que me proposait le moteur de recherches Ecosia, mais c'est sur un autre site que j'ai trouvé les symptômes :
https://aphadolie.com/2020/10/21/syndro ... on-morale/
Cipriani Franceschi a écrit : sam. 12 mars 2022 12:50 Certes, en y regardant bien, on peut estimer que Napoléon présentait un certain nombre de ces symptômes... mais confronté à l'échec, à l'effondrement de ses certitudes, l'individu atteint d'Hubris finit généralement par se suicider, et là c'est clairement Hitler qui emporte la palme d'or
Le suicide ne figure pas dans la liste des symptômes et si Hitler est fou, ce n'est pas le pouvoir qui l'a rendu fou, mais plutôt sa folie qui l'a poussé à conquérir le pouvoir et à l'exercer de manière criminelle. Lui attribuer ce syndrome n'est donc d'aucune aide pour comprendre son comportement.
Si vous voulez établir un classement des dirigeants atteints du syndrome d'hubris, Mao serait sans doute un bien meilleur candidat qu'Hitler pour briguer la première place face à Napoléon.
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Cipriani Franceschi
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Cipriani Franceschi »

Frédéric Staps a écrit : sam. 12 mars 2022 14:09 Ce site figurait dans la liste que me proposait le moteur de recherches Ecosia, mais c'est sur un autre site que j'ai trouvé les symptômes
La liste des 14 symptômes de l'Hubris établie par David Owen figure sur les deux sites
(j'ai pris le site proposé par Google qui me semblait le plus intéressant)
Frédéric Staps a écrit : sam. 12 mars 2022 14:09 Le suicide ne figure pas dans la liste des symptômes et si Hitler est fou, ce n'est pas le pouvoir qui l'a rendu fou, mais plutôt sa folie qui l'a poussé à conquérir le pouvoir et à l'exercer de manière criminelle. Lui attribuer ce syndrome n'est donc d'aucune aide pour comprendre son comportement.
Sur le site auquel je me suis référé un psychiatre mentionne ceci : "La personne qui a un profil "hubristique" ne laisse aucune place à l'échec, au doute, à la nuance, tout est extrêmement brutal et en cas de confrontation à leur échec c'est généralement le suicide, le suicide violent, qui survient. Eventuellement en semant la destruction autour d'eux avant de se suicider."
C'est donc tout naturellement que j'ai songé à Hitler, lequel ira même jusqu'à maudire le peuple allemand qui n'aurait pas "mérité" son führer...
Frédéric Staps a écrit : sam. 12 mars 2022 14:09 Si vous voulez établir un classement des dirigeants atteints du syndrome d'hubris, Mao serait sans doute un bien meilleur candidat qu'Hitler pour briguer la première place face à Napoléon.
Va pour Mao... Mais pour en revenir à Napoléon et le syndrome d'Hubris, je note que vous vous posez la question de savoir s'il en était atteint, après vous être interrogé ici sur le fait de savoir si l'Empereur souffrait de bipolarité... Cette volonté de vouloir "psychiatriser" le débat sur Napoléon nous en dit long sur l'aversion que vous éprouvez pour lui...
La psychiatrisation du débat publique, et particulièrement du débat politique, est d'ailleurs en hausse actuellement.. Vouloir psychiatriser un adversaire afin de l'exclure renvoie d'ailleurs aux heures les plus sombres de la période stalinienne :
https://atlantico.fr/article/decryptage ... ion-masque
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Frédéric Staps »

Cipriani Franceschi a écrit : dim. 13 mars 2022 8:45 La liste des 14 symptômes de l'Hubris établie par David Owen figure sur les deux sites
(j'ai pris le site proposé par Google qui me semblait le plus intéressant)
Pour ma part, j'ai choisi le site qui donnait la liste de ces symptômes sans faire référence à Poutine.
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 13 mars 2022 8:45 Sur le site auquel je me suis référé un psychiatre mentionne ceci : "La personne qui a un profil "hubristique" ne laisse aucune place à l'échec, au doute, à la nuance, tout est extrêmement brutal et en cas de confrontation à leur échec c'est généralement le suicide, le suicide violent, qui survient. Eventuellement en semant la destruction autour d'eux avant de se suicider."
Le même psychiatre déclare ceci :
Si on rattache ce syndrome à ce que l'on observe chez des humains qui ont eu beaucoup de pouvoir et qui l'ont exercé de façon tyrannique, on a bien souvent à faire à des grands paranoïaques et/ou à des grands pervers. [...] Ce sont des gens qui raisonnent de façon juste, structurée mais dont le raisonnement repose sur un postulat de départ qui est faux. On observe la même logique chez les tyrans. Hitler, Staline... Ce sont des gens intimement persuadés d'avoir raison au départ et qui vont mettre toute leur puissance au service de cette certitude d'avoir raison. Toute personne qui va s'opposer, contester ou même juste questionner cette certitude va être située dans ses ennemis.
Une telle déclaration est incohérente et erronée.
Elle est incohérente car il se contredit lui-même en affirmant que ces gens raisonnent de manière juste et structurée mais qu'il s'agit en même temps bien souvent de grands paranoïaques, alors même que la paranoïa est considérée comme un délire, ce qui est l'exact contraire d'un raisonnement juste.
Par ailleurs affirmer qu'Hitler et Staline auraient eu pour ennemis les personnes qui s'opposeraient, contesteraient ou simplement questionneraient leurs certitudes dénote une profonde méconnaissance de ce qu'ils ont fait. La shoah ne doit rien au fait que les Juifs auraient contesté la certitude qu'avait Hitler. Le docteur Gilot devrait d'ailleurs réfléchir un peu à ce que signifie l'attribution à Hitler d'un raisonnement "juste" et "structuré", reposant sur un postulat de départ faux. :ha!:
Quant à Staline, le décrire comme quelqu'un persuadé d'avoir raison au départ et qui va mettre toute sa puissance au service de cette certitude d'avoir raison, cela ne correspond guère au personnage, à moins de considérer que ce sur quoi il était persuadé d'avoir raison était qu'il fallait éliminer tous ses concurrents pour arriver à la tête du PCUS. Mais même en partant de ce postulat, on n'arrivera pas à expliquer les purges des années 1930, les déportations de populations, la famine en Ukraine, l'élimination des "koulaks" ou celle des médecins juifs peu avant sa mort.
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 13 mars 2022 8:45 C'est donc tout naturellement que j'ai songé à Hitler, lequel ira même jusqu'à maudire le peuple allemand qui n'aurait pas "mérité" son führer...
Etant donné que le Dr Gilot mentionne le nom d'Hitler, c'est probablement cela qui vous y a fait songer. Et vous n'allez pas me dire que "maudire le peuple allemand qui n'aurait pas "mérité" son führer" est un raisonnement "juste" et "structuré".
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 13 mars 2022 8:45 Mais pour en revenir à Napoléon et le syndrome d'Hubris, je note que vous vous posez la question de savoir s'il en était atteint, après vous être interrogé ici sur le fait de savoir si l'Empereur souffrait de bipolarité... Cette volonté de vouloir "psychiatriser" le débat sur Napoléon nous en dit long sur l'aversion que vous éprouvez pour lui...
Ce n'est pas moi qui ai posé cette question, mais "Napolitaine" sur le forum Napoléon 1er et a priori "Napolitaine" n'éprouvait pas d'aversion particulière à l'égard de Napoléon.
Je ne me souviens pas de la réponse exacte que j'avais pu lui faire et je ne peux malheureusement pas la retrouver sur ce forum puisqu'il a disparu. Je pense toutefois ne pas avoir fait une réponse qui allait dans le sens d'une confirmation du caractère bipolaire de Napoléon.
Faire appel à la psychanalyse ou à la psychologie pour comprendre le comportement des personnages historiques n'est pas le symptôme d'une aversion pour ces personnages. Erik H. Erikson dans son livre Luther avant Luther s'est livré à cet exercice
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 13 mars 2022 8:45 La psychiatrisation du débat publique, et particulièrement du débat politique, est d'ailleurs en hausse actuellement..
Cela est peut-être lié au comportement de certains dirigeants actuels ou récents qu'on a du mal à comprendre : Vladimir Poutine, Donald Trump, Kim Jong Un...
Le syndrome d'hubris ne relève pas à proprement parler de la psychiatrie. Même si David Owen est à l'origine médecin, il est surtout devenu un homme politique. Dans son livre sur le syndrome d'Hubris, c'est principalement chez Tony Blair, Margareth Thatcher, George W. Bush et David Lloyd George qu'il décèle ce syndrome qui "fait référence aux personnes qui connaissent un changement de personnalité lorsqu’elles occupent des postes de direction" (ce qui ne correspond guère à Hitler, mais bien plus à Napoléon).
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 13 mars 2022 8:45 Vouloir psychiatriser un adversaire afin de l'exclure renvoie d'ailleurs aux heures les plus sombres de la période stalinienne :
https://atlantico.fr/article/decryptage ... ion-masque
Mais aussi à l'époque de Napoléon.
Si le caractère politique de l'enfermement de Théodore Desorgues peut être discuté (https://www.persee.fr/doc/ahrf_0003-443 ... 284_1_1431), le fait que Napoléon ait fait examiner Frédéric Staps par le docteur Corvisart est révélateur d'une telle volonté (même si le terme "psychiatriser" est sans doute anachronique), ainsi que la lettre qu'il a envoyée à Fouché en lui donnant pour instruction de le faire passer pour fou en cas d'évasion, malgré le diagnostic contraire du docteur Corvisart.
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Cipriani Franceschi »

Frédéric Staps a écrit : dim. 13 mars 2022 11:59 Pour ma part, j'ai choisi le site qui donnait la liste de ces symptômes sans faire référence à Poutine.
Moi aussi. Le fait que le site que j'ai choisi évoque d'emblée Poutine n'y est pour rien, j'y ai simplement puisé la liste des 14 symptômes (cessez de prêter des intentions à vos interlocuteurs qui n'existent pas)
Frédéric Staps a écrit : dim. 13 mars 2022 11:59 Etant donné que le Dr Gilot mentionne le nom d'Hitler, c'est probablement cela qui vous y a fait songer.
Encore une fois vous êtes à coté de la plaque et vous laissez entendre que je ne saurais pas raisonner par moi-même... Ce qui m'a fait songer à Hitler, c'est la phrase suivante du Dr Gilot : "en cas de confrontation à leur échec c'est généralement le suicide, le suicide violent, qui survient. Eventuellement en semant la destruction autour d'eux". Le fait que le nom d'Hitler (et de Staline) soit évoqué un paragraphe plus haut n'y est pour rien
Frédéric Staps a écrit : dim. 13 mars 2022 11:59 Ce n'est pas moi qui ai posé cette question, mais "Napolitaine" sur le forum Napoléon 1er et a priori "Napolitaine" n'éprouvait pas d'aversion particulière à l'égard de Napoléon.
Vous avez une meilleure mémoire que moi (et accessoirement des possibilités de recherche dans l'historique du forum dont je ne dispose pas)
Frédéric Staps a écrit : dim. 13 mars 2022 11:59 Faire appel à la psychanalyse ou à la psychologie pour comprendre le comportement des personnages historiques n'est pas le symptôme d'une aversion pour ces personnages.
Certes, mais cela peut vous valoir de la part de certains individus le reproche de vous aventurer sur un domaine (l'Histoire) que vous ne maitrisez pas (le fameux argument d'autorité)
Frédéric Staps a écrit : dim. 13 mars 2022 11:59 (ce qui ne correspond guère à Hitler, mais bien plus à Napoléon)
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte (Victor Hugo)
Frédéric Staps a écrit : dim. 13 mars 2022 11:59 Mais aussi à l'époque de Napoléon.
Vous prenez deux cas isolés pour en tirer une généralité. A ce compte là Napoléon aurait déclaré fous tous ses adversaire, ce qui ne fut pas le cas
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Frédéric Staps »

Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32
Frédéric Staps a écrit : dim. 13 mars 2022 11:59 Pour ma part, j'ai choisi le site qui donnait la liste de ces symptômes sans faire référence à Poutine.
Moi aussi.
Voici les premières lignes de cet article :
Le président russe Vladimir Poutine pourrait être atteint du syndrome d'Hubris, selon des médecins qui l'ont observé depuis qu'il est entré en guerre contre l'Ukraine.
Vous ne l'avez donc pas choisi parce qu'il ne mentionnait pas le nom de Poutine.
Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32 Le fait que le site que j'ai choisi évoque d'emblée Poutine n'y est pour rien, j'y ai simplement puisé la liste des 14 symptômes (cessez de prêter des intentions à vos interlocuteurs qui n'existent pas)
Je ne vous prête pas d'intention. Je ne dis pas que vous avez choisi ce site parce qu'il parlait de Poutine, j'explique seulement pourquoi, moi, je n'ai pas donné la liste des symptômes à partir de ce site, alors qu'il figurait parmi les premiers choix proposés par les moteurs de recherche.
Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32 Encore une fois vous êtes à coté de la plaque et vous laissez entendre que je ne saurais pas raisonner par moi-même...
Je ne doute pas de votre capacité à vous tromper sans l'aide de personne. Dans le cas présent, il me semblait cependant que suggérer que vous aviez été induit en erreur par les propos du docteur Gilot pouvait vous aider à reconnaître plus facilement votre erreur. Mais puisque vous tenez absolument à revendiquer la paternité de vos erreurs, je vous la laisse bien volontiers. :bravo:
Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32 Ce qui m'a fait songer à Hitler, c'est la phrase suivante du Dr Gilot : "en cas de confrontation à leur échec c'est généralement le suicide, le suicide violent, qui survient. Eventuellement en semant la destruction autour d'eux". Le fait que le nom d'Hitler (et de Staline) soit évoqué un paragraphe plus haut n'y est pour rien
Le problème est que l'affirmation selon laquelle la réponse des personnes qui sont atteintes d'hubris quand elles sont confrontées à l'échec serait "généralement le suicide" est une interprétation personnelle du docteur Gilot. Si vous lisez attentivement la liste des symptômes, il n'est nulle part fait mention du suicide.
Par ailleurs, pour affirmer que le suicide est généralement la réponse à l'échec chez les personnes atteintes d'Hubris, il faudrait avoir observé cette attitude chez une majorité des personnes atteintes de ce syndrome. Or, à part Hitler et Néron qui ont réussi leur suicide, quel autre exemple le docteur Gilot pourrait-il avancer ? Napoléon, peut-être ? Mais encore faudrait-il qu'il ait connaissance de sa tentative de suicide à Fontainebleau...
Il y a donc fort à parier que le docteur Gilot ayant considéré à tort qu'Hitler était un des meilleurs exemples de dirigeant atteint d'hubris (ou que Poutine était un nouvel Hitler ?), il ait voulu faire une généralité d'un cas particulier.
Le fait que le docteur Gilot ait pensé à Hitler comme un bon exemple de quelqu'un atteint d'hubris n'est donc pas étranger au fait que vous ayez songé vous aussi à lui puisque le docteur Gilot a ajouté parmi les caractéristiques habituelles des individus atteints d'hubris un comportement qu'Hitler est un des rares dirigeants à avoir adopté.
Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32 Vous avez une meilleure mémoire que moi (et accessoirement des possibilités de recherche dans l'historique du forum dont je ne dispose pas)
Si je vous réponds que ce n'est pas difficile, vous allez certainement vous vexer et si je vous dis que ce n'est pas nouveau, vous allez me répondre que je suis bien prétentieux. Mais qu'y puis-je si j'ai une assez bonne mémoire (ce qui n'est pas inutile pour réussir un examen pour lequel il fallait étudier les 32 dynasties égyptiennes) ?
Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32 Certes, mais cela peut vous valoir de la part de certains individus le reproche de vous aventurer sur un domaine (l'Histoire) que vous ne maitrisez pas (le fameux argument d'autorité)
Il suffit de bien faire les choses comme Erik Erikson dans son livre Luther avant Luther. Psychanalyse et histoire que j'ai cité précédemment.
Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32 Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte (Victor Hugo)

Ce n'était pas l'avis de tout le monde. Beethoven, par exemple, qui jusqu'à ce que Napoléon devienne empereur, avait nourri beaucoup d'espoirs en lui. Dans ses écrits de jeunesse, Napoléon tient d'ailleurs des propos très critiques à l'égard des hommes de pouvoir qu'on aurait pu utiliser contre lui quand il est devenu lui-même homme de pouvoir.
Pour Hitler, par contre, c'est totalement différent. Son programme est exposé dans Mein Kampf, écrit en prison après le putsch manqué de la brasserie.
Cipriani Franceschi a écrit : ven. 18 mars 2022 7:32 Vous prenez deux cas isolés pour en tirer une généralité. A ce compte là Napoléon aurait déclaré fous tous ses adversaire, ce qui ne fut pas le cas
Je n'ai pas tiré de généralité. J'ai simplement fait remarquer que l'URSS du temps de Brejnev (et non de Staline, comme vous l'aviez écrit) n'était pas la seule à avoir adopté cette pratique.
Michel Vovelle, par contre, aurait semble-t-il selon Michael Sibalis davantage eu tendance à vouloir en faire une généralité. Etant donné l'adhésion bien connue de Michel Vovelle au PCF, faut-il voir dans la dénonciation d'une telle pratique à l'époque de Napoléon une tentative de banalisation de cette pratique ? En effet, si on trouve cela acceptable quand c'est Napoléon qui le fait, pourquoi faudrait-il condamner avec virulence les soviétiques ?
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Cipriani Franceschi »

Frédéric Staps a écrit : ven. 18 mars 2022 21:20 Je ne doute pas de votre capacité à vous tromper sans l'aide de personne. Dans le cas présent, il me semblait cependant que suggérer que vous aviez été induit en erreur par les propos du docteur Gilot pouvait vous aider à reconnaître plus facilement votre erreur. Mais puisque vous tenez absolument à revendiquer la paternité de vos erreurs, je vous la laisse bien volontiers.
Quelles erreurs ?
Frédéric Staps a écrit : ven. 18 mars 2022 21:20 Le problème est que l'affirmation selon laquelle la réponse des personnes qui sont atteintes d'hubris quand elles sont confrontées à l'échec serait "généralement le suicide" est une interprétation personnelle du docteur Gilot. Si vous lisez attentivement la liste des symptômes, il n'est nulle part fait mention du suicide.
J'ignorais que le suicide pouvait être le symptôme d'une maladie... (Hitler une fois suicidé ne souffrait plus de rien)
Frédéric Staps a écrit : ven. 18 mars 2022 21:20 Le fait que le docteur Gilot ait pensé à Hitler comme un bon exemple de quelqu'un atteint d'hubris n'est donc pas étranger au fait que vous ayez songé vous aussi à lui puisque le docteur Gilot a ajouté parmi les caractéristiques habituelles des individus atteints d'hubris un comportement qu'Hitler est un des rares dirigeants à avoir adopté.
Quel galimatias...
et quelle propension à lire dans les pensées des autres ! (vous auriez dû vous installer comme tireur de cartes ou liseur des lignes de la main)
Frédéric Staps a écrit : ven. 18 mars 2022 21:20 Mais qu'y puis-je si j'ai une assez bonne mémoire (ce qui n'est pas inutile pour réussir un examen pour lequel il fallait étudier les 32 dynasties égyptiennes) ?
si ma mémoire est bonne... la liste de Manéthon ne comportait que 30 dynasties (mais avec vous... tout est possible)
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Message par Frédéric Staps »

Cipriani Franceschi a écrit : dim. 20 mars 2022 9:54 Quelles erreurs ?
Celles que j'ai expliquées dans un message précédent, mais auxquelles manifestement vous n'aviez rien compris. :(
Le problème de l'interview du docteur Gilot est que, dans l'explication du syndrome d'hubris qu'il propose, il ajoute une interprétation personnelle qui est souvent en contradiction avec ce qu'on peut lire sur ce syndrome.
Ainsi, peut-on lire sur le site où j'ai repris la liste des symptômes ceci :
Owen décrit spécifiquement le syndrome d’Hubris comme un trouble de la personnalité unique et acquis qui ne se développe qu’après qu’un dirigeant ait occupé le pouvoir pendant un certain temps. En outre, elle n’est applicable que s’il n’y a pas d’antécédents de maladie psychiatrique.
Or voici ce que déclare le docteur Gilot en ne tenant manifestement pas compte de la restriction introduite par Owen :
Si on rattache ce syndrome à ce que l'on observe chez des humains qui ont eu beaucoup de pouvoir et qui l'ont exercé de façon tyrannique, on a bien souvent à faire à des grands paranoïaques et/ou à des grands pervers.
Il est clair pourtant que la paranoïa figure parmi les "maladies psychiatriques". (C'est sans doute moins clair pour les pervers, car le terme n'a pas seulement une définition médicale, mais aussi et peut-être au départ une définition morale).
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 20 mars 2022 9:54 J'ignorais que le suicide pouvait être le symptôme d'une maladie... (Hitler une fois suicidé ne souffrait plus de rien)
Si vous aviez été plus attentif en consultant le site du Journal des femmes auquel vous vous référez, vous auriez vu qu'outre l'article où le docteur Bertrand Gilot était interviewé, il y avait aussi une vidéo où le docteur Pierrik Hordé déclare ceci :
Le syndrome d'Hubris, c'est un trouble de la personnalité, ce n'est pas vraiment une maladie mentale.
Les personnes atteintes du syndrome d'hubris ne sont donc pas des "malades mentaux".
Par ailleurs, même si vous l'ignorez, les tentatives de suicide ou les menaces de suicide ont été depuis très longtemps considérées comme des révélateurs d'un trouble mental ou d'une maladie mentale. Sous l'Ancien Régime, le suicide était considéré comme un homicide de soi-même et pouvait entraîné un procès et une condamnation du cadavre à être traîné sur une claie et être jeté aux ordures, avec confiscation des biens de la famille, sauf si la personne suicidée pouvait être déclarée folle.
A Liège, au 18e siècle, parmi les personnes enfermées par décret pour cause de folie, 101 avaient exprimé une intention de se donner la mort ou avaient fait une ou plusieurs tentatives de suicide.
Enfin, s'il fallait vous suivre quand vous affirmez que le suicide ne pourrait pas être un symptôme d'un mal parce que la personne, une fois suicidée, ne souffrirait plus d'aucun mal, il faudrait considérer que l'on ne peut pas utiliser l'observation de symptômes sur une personne décédée pour déterminer les causes de sa mort. :bravo:
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 20 mars 2022 9:54 Quel galimatias...
C'est toute la difficulté d'expliquer des évidences à quelqu'un qui ne les perçoit pas.
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 20 mars 2022 9:54 et quelle propension à lire dans les pensées des autres ! (vous auriez dû vous installer comme tireur de cartes ou liseur des lignes de la main)
C'est pourtant assez limpide. Le docteur Gilot prend à tort Hitler comme un bon exemple de quelqu'un atteint du syndrome d'hubris. A partir de là, il généralise le comportement d'Hitler pour affirmer que le suicide est le comportement habituel des personnes atteintes d'hubris, alors qu'aucun des dirigeants qu'Owen a cités ne s'est suicidé. Même atteinte de "démence vasculaire" après plusieurs AVC, Margareth Thatcher n'a pas fait de demande d'euthanasie.
Il paraît donc inévitable que quelqu'un qui lit et adhère à cette affirmation du docteur Gilot songe à Hitler. C'est votre cas. Contre toute évidence, vous persistez à affirmer que le fait que le docteur Gilot ait considéré qu'Hitler était atteint de ce syndrome n'est pour rien dans le fait que vous avez pensé à lui. :o
Cipriani Franceschi a écrit : dim. 20 mars 2022 9:54 si ma mémoire est bonne... la liste de Manéthon ne comportait que 30 dynasties (mais avec vous... tout est possible)
Le tout est de savoir si on compte les Ptolémées parmi les dynasties égyptiennes ou pas.
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Re: Napoléon était-il atteint du syndrome d'hubris comme Poutine ?

Message par Cipriani Franceschi »

Frédéric Staps a écrit : dim. 20 mars 2022 13:06 Par ailleurs, même si vous l'ignorez, les tentatives de suicide ou les menaces de suicide ont été depuis très longtemps considérées comme des révélateurs d'un trouble mental ou d'une maladie mentale.
Vous irez expliquer aux familles endeuillées d'adolescents, d'enseignants, d'agriculteurs, de policiers, etc... qui se suicident chaque année, que ceux-ci souffraient de troubles mentaux
Frédéric Staps a écrit : dim. 20 mars 2022 13:06 Il paraît donc inévitable que quelqu'un qui lit et adhère à cette affirmation du docteur Gilot songe à Hitler. C'est votre cas. Contre toute évidence, vous persistez à affirmer que le fait que le docteur Gilot ait considéré qu'Hitler était atteint de ce syndrome n'est pour rien dans le fait que vous avez pensé à lui.
C'est bien ce que je disais... Vous auriez dû faire psychiatre, ou encore mieux, diseur de bonne aventure, prédicateur, voire gourou...
Frédéric Staps a écrit : dim. 20 mars 2022 13:06 Le tout est de savoir si on compte les Ptolémées parmi les dynasties égyptiennes ou pas.
Nectanébo II est considéré comme le dernier pharaon d'Egypte, soit la 30ème dynastie (même si la classification de Manéthon est surement très arbitraire et imprécise) Les Lagides c'est autre chose... (mais c'est pas moi l'historien)
:salut:
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