Bonaparte n'est plus !

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Cipriani Franceschi
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par Cipriani Franceschi » 26 janv. 2019 22:38

Frédéric Staps a écrit : Vous ne les avez effectivement pas dites de cette manière. Toutefois, dès le moment où vous dites, même à titre d'hypothèse, qu'une référence à la critique historique dans le cadre d'une discussion historique peut poser problème, il est utile de déterminer pourquoi cela peut poser problème. Or je ne vois pas d'autre explication qu'une des deux alternatives que je vous ai présentées. Si vous avez une autre explication, je serais curieux de la connaître.
Formulé comme cela, nous sommes d'accord... ;)

Toutefois, vos deux alternatives ne me satisfont pas... et sincèrement je ne vois pas d'autre explication :?

De toute façon, hormis Cyril Drouet qui vous reproche votre "approche de l'Histoire" je ne pense pas que d'autres membres de forums vous ont reprochés d'utiliser à l'excès la critique historique dans votre manière d'échanger sur les forums.... Je me demande donc si nous ne faisons pas fausse route sur ce sujet :roll:
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par Cipriani Franceschi » 26 janv. 2019 23:05

Frédéric Staps a écrit : Cette conclusion paraît un peu simpliste. Que sait-on exactement de ce fameux "manuscrit original" ?
on sait surtout que ce manuscrit "original" n'en est pas vraiment un... le document que Peter Hicks a retrouvé à la British Library de Londres est en réalité une copie faite par les Anglais du manuscrit saisi dans les bagages de Las Cases lors de son expulsion de Sainte-Hélène en 1816 ;)

Thierry Lentz a lui-même concédé qu'on ignorait - y compris les descendants actuels de Las Cases - ce qu'il était advenu de son manuscrit original.... celui-ci a probablement disparu depuis longtemps, détruit ou perdu :(
Frédéric Staps a écrit :
Ça reste une hypothèse. Comment pourrait-on être certain qu'il s'agit d'une pure invention ? Si ce qui avait été publié était des enregistrements des conversations de Napoléon et Las Cases, on pourrait effectivement se dire que si cette phrase n'y figure pas, c'est qu'elle a été inventée ou prononcée hors micro. Mais il ne s'agit pas de cela, même pas de retranscriptions directes des conversations. Donc nous ne pouvons avoir aucune certitude qu'il ne s'agit pas de paroles dont Las Cases s'est rappelé a posteriori.
Vous avez parfaitement raison, votre déduction est logique, nous n'en avons pas la certitude absolue ;)

Rien n'interdit en effet de penser qu'entre 1816 et 1823 Las Cases s'est souvenu de propos que Napoléon lui avait tenus, propos qu'il n'avait pas retranscrit sur le moment... mais l'hypothèse consistant à dire que Las Cases a "brodé" ou "teinturé" un peu son manuscrit afin de réaliser un bon coup d'édition me semble toutefois la plus vraisemblable...

C'est d'ailleurs sans doute la raison pour laquelle Jean Tulard lui-même a déclaré prudemment lors d'une récente conférence à la Fondation Napoléon (on peut la retrouver sur Internet, sauf erreur) "qu'entre l'ancien Mémorial de 1823 et le nouveau, on ne savait plus très bien lequel était le bon"... :lol:

il en résulte que le "manuscrit original" édité par la Fondation Napoléon est à coup sur un "coup éditorial" :D mais il est permis de penser que les napoléoniens fervents continueront à préférer l'ancienne version, avec ses phrases chocs fleurant bon la légende dorée de l'Empereur :fou:
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par Frédéric Staps » 26 janv. 2019 23:33

Cipriani Franceschi a écrit : Toutefois, vos deux alternatives ne me satisfont pas... et sincèrement je ne vois pas d'autre explication :?
Une autre explication pourrait être que la critique historique est dérangeante.
Elle met en effet cruellement en lumière les limites de notre connaissance.
Pour le Mémorial, par exemple, une approche critique nous amène à douter que toutes les paroles rapportées par Las Cases ont bien été prononcées par Napoléon, mais elle ne nous permet pas de déterminer avec certitude lesquelles peuvent réellement lui être attribuées et lesquelles doivent être considérées comme apocryphes. C'est très frustrant et guère satisfaisant, mais en même temps, c'est irréversible. Vous ne pourrez plus lire le Mémorial sans vous demander si les paroles que vous lisez ont bien été prononcées par Napoléon, y compris sans doute celles qui figurent dans le "manuscrit original".
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par Cipriani Franceschi » 27 janv. 2019 10:50

Frédéric Staps a écrit : Une autre explication pourrait être que la critique historique est dérangeante.
Elle met en effet cruellement en lumière les limites de notre connaissance.
c'est surement vrai et c'est sans doute pour cela que le bât blesse sur les forums de discussion avec la critique historique.... la plupart des membres inscrits n'ont pas cette approche historique (moi le premier) chacun vient avec ses connaissances, ses certitudes, et il n'est pas disposé d'emblée à les voir remises en cause :?
Frédéric Staps a écrit :
Pour le Mémorial, par exemple, une approche critique nous amène à douter que toutes les paroles rapportées par Las Cases ont bien été prononcées par Napoléon, mais elle ne nous permet pas de déterminer avec certitude lesquelles peuvent réellement lui être attribuées et lesquelles doivent être considérées comme apocryphes. C'est très frustrant et guère satisfaisant, mais en même temps, c'est irréversible. Vous ne pourrez plus lire le Mémorial sans vous demander si les paroles que vous lisez ont bien été prononcées par Napoléon, y compris sans doute celles qui figurent dans le "manuscrit original".
c'est parfaitement exact... la seconde attitude consiste à ne pas se poser de questions et à estimer que tout ce qu'on lit est rigoureusement exact, c'est le confort intellectuel :D
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par Cipriani Franceschi » 28 janv. 2019 23:36

Napoléon est mort.... La nouvelle parvient en France le 5 Juillet 1821 :pleure:

Comment réagit le maréchal Marmont, le "traitre" d'Essonnes ?

Voici ce que nous en dit Lamartine (Œuvres Complètes de Lamartine, T1, p. 371-372) :

"Marmont dinait un soir de Juillet 1821 à Aix en Provence, chez Madame de Saint-Fargeau"....

J'étais en face du maréchal Marmont. Je surpris la nature avant qu'elle eût le temps de se s'arranger ou de se voiler. Je vis dans la pâleur subite de la physionomie, dans le pli involontaire des lèvres, dans l'accent brisé de la voix, et bientôt dans les larmes montant du cœur aux yeux sous les larges sourcils noirs du soldat, la douleur non simulée, mais profonde et déchirante, de l'homme et de l'ami. Tous ceux qui étaient là détestaient Bonaparte [ ] le maréchal n'avait donc aucun intérêt à feindre. D'ailleurs, il n'aurait pas eu le temps de se composer un visage. il fut atterré. il se leva de table, et marcha longtemps dans la salle, les yeux levés au ciel et les lèvres balbutiant des mots que nous n'entendions pas
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par Frédéric Staps » 29 janv. 2019 8:09

Sur un écueil battu par la vague plaintive,
Le nautonier, de loin, voit blanchir sur la rive
Un tombeau près du bord par les flots déposé ;
Le temps n’a pas encor bruni l’étroite pierre,
Et sous le vert tissu de la ronce et du lierre
On distingue… un sceptre brisé.

Ici gît… Point de nom ! demandez à la terre !
Ce nom, il est inscrit en sanglant caractère
Des bords du Tanaïs au sommet du Cédar,
Sur le bronze et le marbre, et sur le sein des braves,
Et jusque dans le cœur de ces troupeaux d’esclaves
Qu’il foulait tremblants sous son char.

Depuis les deux grands noms qu’un siècle au siècle annonce,
Jamais nom qu’ici-bas toute langue prononce
Sur l’aile de la foudre aussi loin ne vola ;
Jamais d’aucun mortel le pied qu’un souffle efface
N’imprima sur la terre une plus forte trace :
Et ce pied s’est arrêté là…

Il est là !… Sous trois pas un enfant le mesure !
Son ombre ne rend pas même un léger murmure :
Le pied d’un ennemi foule en paix son cercueil.
Sur ce front foudroyant le moucheron bourdonne,
Et son ombre n’entend que le bruit monotone
D’une vague contre un écueil.

Ne crains pas cependant, ombre encore inquiète,
Que je vienne outrager ta majesté muette.
Non ! La lyre aux tombeaux n’a jamais insulté :
La mort de tout temps fut l’asile de la gloire.
Rien ne doit jusqu’ici poursuivre une mémoire ;
Rien… excepté la vérité !

Ta tombe et ton berceau sont couverts d’un nuage.
Mais, pareil à l’éclair, tu sortis d’un orage ;
Tu foudroyas le monde avant d’avoir un nom :
Tel ce Nil, dont Memphis boit les vagues fécondes,
Avant d’être nommé fait bouillonner ses ondes
Aux solitudes de Memnon.

Les dieux étaient tombés, les trônes étaient vides :
La victoire te prit sur ses ailes rapides ;
D’un peuple de Brutus la gloire te fit roi.
Ce siècle, dont l’écume entraînait dans sa course
Les mœurs, les rois, les dieux… refoulé vers sa source,
Recula d’un pas devant toi.

Tu combattis l’erreur sans regarder le nombre ;
Pareil au fier Jacob, tu luttas contre une ombre ;
Le fantôme croula sous le poids d’un mortel ;
Et, de tous ces grands noms profanateur sublime,
Tu jouas avec eux comme la main du crime
Avec les vases de l’autel.

Ainsi, dans les accès d’un impuissant délire,
Quand un siècle vieilli de ses mains se déchire
En jetant dans ses fers un cri de liberté,
Un héros tout à coup de la poudre s’élève,
Le frappe avec son sceptre… Il s’éveille, et le rêve
Tombe devant la vérité.

Ah ! si, rendant ce sceptre à ses mains légitimes,
Plaçant sur ton pavois de royales victimes,
Tes mains des saints bandeaux avaient lavé l’affront !
Soldat vengeur des rois, plus grand que ces rois même,
De quel divin parfum, de quel pur diadème
La gloire aurait sacré ton front !

Gloire, honneur, liberté, ces mots que l’homme adore,
Retentissaient pour toi comme l’airain sonore
Dont un stupide écho répète au loin le son :
De cette langue en vain ton oreille frappée
Ne comprit ici-bas que le cri de l’épée,
Et le mâle accord du clairon.

Superbe, et dédaignant ce que la terre admire,
Tu ne demandais rien au monde que l’empire.
Tu marchais… tout obstacle était ton ennemi.
Ta volonté volait comme ce trait rapide
Qui va frapper le but où le regard le guide,
Même à travers un cœur ami.

Jamais, pour éclaircir ta royale tristesse,
La coupe des festins ne te versa l’ivresse ;
Tes yeux d’une autre pourpre aimaient à s’enivrer.
Comme un soldat debout qui veille sous ses armes,
Tu vis de la beauté le sourire ou les larmes,
Sans sourire et sans soupirer.

Tu n’aimais que le bruit du fer, le cri d’alarmes,
L’éclat resplendissant de l’aube sur les armes ;
Et ta main ne flattait que ton léger coursier,
Quand les flots ondoyants de sa pâle crinière
Sillonnaient, comme un vent, la sanglante poussière,
Et que ses pieds brisaient l’acier.

Tu grandis sans plaisir, tu tombas sans murmure.
Rien d’humain ne battait sous ton épaisse armure :
Sans haine et sans amour, tu vivais pour penser.
Comme l’aigle régnant dans un ciel solitaire,
Tu n’avais qu’un regard pour mesurer la terre,
Et des serres pour l’embrasser.

S’élancer d’un seul bond au char de la victoire ;
Foudroyer l’univers des splendeurs de sa gloire ;
Fouler d’un même pied des tribuns et des rois ;
Forger un joug trempé dans l’amour et la haine,
Et faire frissonner sous le frein qui l’enchaîne
Un peuple échappé de ses lois ;

Être d’un siècle entier la pensée et la vie ;
Émousser le poignard, décourager l’envie,
Ébranler, raffermir l’univers incertain ;
Aux sinistres clartés de ta foudre qui gronde
Vingt fois contre les dieux jouer le sort du monde,
Quel rêve ! ! ! et ce fut ton destin !…

Tu tombas cependant de ce sublime faîte :
Sur ce rocher désert jeté par la tempête,
Tu vis tes ennemis déchirer ton manteau ;
Et le sort, ce seul dieu qu’adora ton audace,
Pour dernière faveur t’accorda cet espace
Entre le trône et le tombeau.

Oh ! qui m’aurait donné d’y sonder ta pensée,
Lorsque le souvenir de ta grandeur passée
Venait, comme un remords, t’assaillir loin du bruit,
Et que, les bras croisés sur ta large poitrine,
Sur ton front chauve et nu que la pensée incline,
L’horreur passait comme la nuit ?

Tel qu’un pasteur debout sur la rive profonde
Voit son ombre de loin se prolonger sur l’onde,
Et du fleuve orageux suivre en flottant le cours ;
Tel, du sommet désert de ta grandeur suprême,
Dans l’ombre du passé te recherchant toi-même,
Tu rappelais tes anciens jours.

Ils passaient devant toi comme des flots sublimes
Dont l’œil voit sur les mers étinceler les cimes :
Ton oreille écoutait leur bruit harmonieux ;
Et, d’un reflet de gloire éclairant ton visage,
Chaque flot t’apportait une brillante image
Que tu suivais longtemps des yeux.

Là, sur un pont tremblant tu défiais la foudre ;
Là, du désert sacré tu réveillais la poudre ;
Ton coursier frissonnait dans les flots du Jourdain ;
Là, tes pas abaissaient une cime escarpée ;
Là, tu changeais en sceptre une invincible épée.
Ici… Mais quel effroi soudain !

Pourquoi détournes-tu ta paupière éperdue ?
D’où vient cette pâleur sur ton front répandue ?
Qu’as-tu vu tout à coup dans l’horreur du passé ?
Est-ce de vingt cités la ruine fumante,
Ou du sang des humains quelque plaine écumante ?
Mais la gloire a tout effacé.

La gloire efface tout… tout, excepté le crime !
Mais son doigt me montrait le corps d’une victime,
Un jeune homme, un héros d’un sang pur inondé.
Le flot qui l’apportait passait, passait sans cesse ;
Et toujours en passant la vague vengeresse
Lui jetait le nom de Condé…

Comme pour effacer une tache livide,
On voyait sur son front passer sa main rapide ;
Mais la trace du sang sous son doigt renaissait :
Et, comme un sceau frappé par une main suprême,
La goutte ineffaçable, ainsi qu’un diadème,
Le couronnait de son forfait.

C’est pour cela, tyran, que ta gloire ternie
Fera par ton forfait douter de ton génie ;
Qu’une trace de sang suivra partout ton char,
Et que ton nom, jouet d’un éternel orage,
Sera par l’avenir ballotté d’âge en âge
Entre Marius et César.

Tu mourus cependant de la mort du vulgaire,
Ainsi qu’un moissonneur va chercher son salaire,
Et dort sur sa faucille avant d’être payé ;
Tu ceignis en mourant ton glaive sur ta cuisse,
Et tu fus demander récompense ou justice
Au Dieu qui t’avait envoyé !

On dit qu’aux derniers jours de sa longue agonie,
Devant l’éternité seul avec son génie,
Son regard vers le ciel parut se soulever :
Le signe rédempteur toucha son front farouche ;
Et même on entendit commencer sur sa bouche
Un nom… qu’il n’osait achever.

Achève… C’est le Dieu qui règne et qui couronne,
C’est le Dieu qui punit, c’est le Dieu qui pardonne :
Pour les héros et nous il a des poids divers.
Parle-lui sans effroi : lui seul peut te comprendre.
L’esclave et le tyran ont tous un compte à rendre ;
L’un du sceptre, l’autre des fers.

Son cercueil est fermé : Dieu l’a jugé. Silence !
Son crime et ses exploits pèsent dans la balance :
Que des faibles mortels la main n’y touche plus !
Qui peut sonder, Seigneur, ta clémence infinie ?
Et vous, peuples, sachez le vain prix du génie
Qui ne fonde pas des vertus !
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par d'hautpoul » 30 janv. 2019 20:19

Napoléon est mort.... La nouvelle parvient en France le 5 Juillet 1821........Comment réagit le maréchal Marmont, .....

Et les autres !
Image

Le vieux capitaine Collin qui accompagnait DROUOT dans ses promenades à cheval rapporte ces propos "un jour le général me fait demander de partir plus tôt que d'habitude, c'était en Juin (?). Nous gagnâmes rapidement un petit bois qui couronne Dommartemont, au Nord est de Nancy; alors s’arrêtant, "eh bien, mon vieux camarade, me dit-il, il y a quatre jours, vous le savez mes passeports étaient enfin arrivés....Encore une semaine, et j'étais en route pour Sainte-Hélène....Mais il est mort !..OUI, l'Empereur est mort !.... et le visage inondé de larmes, Drouot ajouta "j'avais tant besoin de pleurer!"....je ne pouvais le consoler, moi qui étouffais, car les larmes ne coulaient pas "
Après avoir mis pied à terre, Drouot erra pendant 4 heures dans les montagnes en répétant ces seuls mots "l'Empereur est mort! Et je n'ai pu le revoir" Cette journée ajoute Collin, fut bien certainement l'une des plus cruelles de toute la vie de mon bon général-- (moniteur de l'armée du 10 avril 1847)

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le vendredi 6 juillet1821, vers neuf heures du soir, le colonel BRACK entrait dans le jardin d'Horace Vernet et parvenu au milieu du petit groupe que formaient les hommes, il disait, d'une voix que des sanglots allaient couper

"Mes bons amis, je vous apporte une bien triste nouvelle"il est mort, le 5 mai après-midi, en l'isle de Sainte-Hélène"
Nous fumes tous debout à l'instant. Tous les yeux se remplirent de larmes.J'éprouvai un étourdissemet et Bérange me soutint; sans quoi je serai tombé.On me rassit, et je crus voir, au travers de mon trouble l'Empereur à cheval, devant sa Garde, la Garde à laquelle j'avais appartenu! Laure(épouse du narrateur) vint me consoler et essuyer mes larmes, qui coulèrent pendant longtemps ..Vernet fit éclairer et placer le buste de Napoléon sur une table.On mit un large crêpe sur les épaules de marbre du héros et on alluma deux cierges qui brulèrent jusqu'au matin.J'appris le 7 que le général Rapp, de service auprès de Louis XVIII, à Saint-Cloud, était tombé malade en apprenant la fin du grand capitaine.Mon jardinier bâtonna le 10, un individu qui criait à la grille"Demandez la mort du brigand Buonaparte, pour deux sols". Le 14 "le journal du commerce", seul organe bonapartiste à Paris, nous donna quelques renseignements .Auguste Renault ne voulait pourtant voir encore là qu'une fausse nouvelle.Mais le 22août, Marchand, valet de chambre de l'Empereur, nous donna des détails sur son agonie, et les "fidèles" pendant un an, ne portèrent que des habits noirs(memoires du Général BRO)

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Letizia
Elle appris la mort de son fils le 22 juillet.On lui avait caché la nouvelle qui était arrivé à Rome six jours plus tôt

Un cri déchirant, un buste étreint dans la douleur.Douleur trop forte pour la Madre qui s'évanouit de chagrin
Elle resta cloîtrée deux semaines.Elle ne sortit de son silence que pour déclarer à Pauline qu'elle comptait s'adresser au gouvernement britannique afin d'obtenir les restes de Napoléon.
Elle le fit !
"Milord,
La mère de l'Empereur Napoléon vient réclamer de ses ennemis les cendres de son fils...Mon fils n'a pas besoin d'honneurs, son nom suffit à sa gloire; mais j'ai besoin d'embrasser ses restes inanimés.C'est loin des clameurs et du bruit que mes mains lui ont préparé, dans une humble chapelle, une tombe.Au nom de la justice et de l'humanité, je vous conjure de ne pas refuser ma prière.Pour obtenir les restes de mon fils je puis supplier tout le Ministère, je puis supplier Sa Majesté Britannique; j'ai donné Napoléon à la France et au monde.Au nom de Dieu, au nom de toutes les mères, je viens vous supplier, Milord, qu'on ne me refuse pas les restes de mon fils"


Letizia ne reçut jamais de réponse..... :(
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Re: Bonaparte n'est plus !

Message par Cipriani Franceschi » 30 janv. 2019 21:46

d'hautpoul a écrit : le vendredi 6 juillet1821, vers neuf heures du soir, le colonel BRACK entrait dans le jardin d'Horace Vernet et parvenu au milieu du petit groupe que formaient les hommes, il disait, d'une voix que des sanglots allaient couper

"Mes bons amis, je vous apporte une bien triste nouvelle"il est mort, le 5 mai après-midi, en l'isle de Sainte-Hélène"
Nous fumes tous debout à l'instant. Tous les yeux se remplirent de larmes.J'éprouvai un étourdissemet et Bérange me soutint; sans quoi je serai tombé.On me rassit, et je crus voir, au travers de mon trouble l'Empereur à cheval, devant sa Garde, la Garde à laquelle j'avais appartenu! Laure(épouse du narrateur) vint me consoler et essuyer mes larmes, qui coulèrent pendant longtemps ..Vernet fit éclairer et placer le buste de Napoléon sur une table.On mit un large crêpe sur les épaules de marbre du héros et on alluma deux cierges qui brulèrent jusqu'au matin.J'appris le 7 que le général Rapp, de service auprès de Louis XVIII, à Saint-Cloud, était tombé malade en apprenant la fin du grand capitaine.Mon jardinier bâtonna le 10, un individu qui criait à la grille"Demandez la mort du brigand Buonaparte, pour deux sols". Le 14 "le journal du commerce", seul organe bonapartiste à Paris, nous donna quelques renseignements .Auguste Renault ne voulait pourtant voir encore là qu'une fausse nouvelle.Mais le 22août, Marchand, valet de chambre de l'Empereur, nous donna des détails sur son agonie, et les "fidèles" pendant un an, ne portèrent que des habits noirs(memoires du Général BRO)
Le témoignage du colonel BRACK est mentionné dans le livre de Thierry Lentz : il précise que le général Foy vint s'incliner devant le buste de l'Empereur, chez Horace VERNET :salut:
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