Coquereau.

Que se passe-t-il ensuite?

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Coquereau.

Message par CC » 01 Jan 2009 19:39

Coquereau par Claude M

Coquereau:
"Quels sentiments se pressaient alors dans nos âmes !
je n'essaierai pas de décrire la solennité de ce mo-
ment,- quelque effet qu'on pût rendre, on n'y attein-
drait pas. Je sais seulement que je tremblais, que toutes
les physionomies étaient émues, l'attitude recueillie ,
qu'un seul bruit pouvait s'entendre , le battement du
coeur. C'est qu'on ne trouble pas la mort dans son
oeuvre, môme pour un acte pie , sans qu'elle ne pèse
sur l'ame du poids de toutes ses terreurs : puis, qu'al-
lions«nous trouver ? Qu'avait fait la mort pendant vingt
années?

Pendant vingt années, la mort avait respecté Na-
poléon!

Le satin était enlevé, et Napoléon reposait douce-
Vue 118 sur 232


DE SAINTE-HÉLÈNE, 109

ment, habillé de son uniforme de chasseur de la garde,
avec son ruban, sa grande plaque de la légion d'hon-
neur, sa culotte de casimir blanc, ses bottes éperon-
nées et comme il dormait, sur ses genoux il avait posé
son chapeau.

Je l'avoue, qui aurait pu oublier ce qui s'était
passé, ce que nous faisions; qui n'aurait vu ni bière ,
ni sépulcre, et eût aperçu dans un certain jour à tra-
vers une gaze, et sur un lit, le corps de Napoléon, au-
rait certes pu croire qu'il reposait paisiblement. Telle
fut notre première impression qui se traduisit par un
mouvement indéfinissable. Nos regards interrogeaient
tour à tour les nobles témoins de sa mort, et leurs yeux
noyés de larmes nous disaient assez qu'ils avaient re-
trouvé leur maître. Nous imposâmes silence à nos
émotions pour voir et bien voir.

Tout le corps paraissait couvert comme d'une mousse
légère; on eût dit que nous l'apercevions à travers un
nuage diaphane. C'était bien sa tête : un oreiller l'ex-
haussait un peu ; son large front, ses yeux dont les or-
bites se dessinaient sous les paupières, garnies encore
de quelques cils; ses joues étaient bouffies, son nez seul
Vue 119 sur 232


110 SOUVENIRS

avait souffert uniquement dans la partie inférieure, sa
bouche entr'ouverte laissait apercevoir trois dents d'une
grande blancheur; sur son menton se distinguait parfai-
tement l'empreinte de îa barbe; ses deux mains surtout
paraissaient appartenir à quelqu'un de respirant encore,
tant elles étaient vives de ton et de coloris; l'une d'elles,
la main gauche, était un peu plus élevée que la droite.
J'en sus depuis la raison ; le grand maréchal, au mo-
ment où le cercueil se fermait, l'avait baisée et n'avait
pu la replacer dans sa position première. Ses ongles
avaient poussé après la mort; ils étaient longs et blancs.
Une de ses bottes était décousue, et laissait passer qua-
tre doigts de ses pieds d'un blanc mat; son habit,
nous l'avons dit, était celui des chasseurs de la garde,
avec sa forme échancrée sur le devant, ses parements
rouges, car les couleurs se reconnaissaient. Ses grosses
épauleltes d'or étaient noircies, ainsi que la grande
plaque et quelques autres décorations qu'on distinguait
sur sa poitrine. Le grand cordon de la Légion d'Hon-
neur tranchait de sa couleur rouge son gilet blanc;
sur sa culotte de Casimir se trouvait son petit chapeauj
entre ses jambes, les deux vases contenant son coeur
et ses entrailles : un aigle en argent les surmontait..."


Coquereau, d'après le document de Jiem:


Les quatre cercueils qui renfermaient la précieuse dépouille avaient été successivement ouverts. Le satin qui garnissait à l'intérieur les parois du dernier était enlevé; nous imposâmes silence à nos émotions pour voir et bien voir.
Tout le corps paraissait couvert comme d'une mousse légère : on eut dit que nous l'apercevions a travers un nuage diaphane, c'était bien sa tête; un oreiller l'exhaussait un peu, son front large, les yeux dont les orbites se dessinaient sous les paupières, garnies encore de quelques cils; ses joues étaient bouffies, son nez seul avait souffert uniquement dans la partie inférieure. Sa bouche entrouverte laissait apercevoir trois dents d'une grande blancheur; sur son menton se distinguait parfaitement l'empreinte de la barbe; ses deux mains surtout paraissaient appartenir à quelqu'un de respirant encore, tant elles étaient vives de ton et de coloris; l'une d'elle, la main gauche, était un peu plus élevée que la droite, le grand Maréchal, au moment où le cercueil se fermait l'avait baisée et n'avait pu la replacer dans sa position première. Ses ongles avaient poussé après la mort, ils étaient longs et blancs; une de ses bottes s'était décousue en laissait dépasser quatre doigts de ses pieds d'un blanc mat, son habit était celui des Chasseurs de la Garde avec sa forme échancrée sur le devant, ses parements rouges, car les couleurs se reconnaissaient. Ses grosses épaulettes d'or étaient noircies ainsi que la grande plaque et quelques autres décorations qu'on distinguait sur sa poitrine. Le grand cordon de la Légion d'honneur tranchait de sa couleur rouge son gilet blanc; sur sa culotte de Casimir se trouvait son chapeau.
Entre ses jambes les deux vases contenant son coeur et ses entrailles; un aigle en argent le surmontait.
Comme un homme mort de la veille tel nous trouvâmes le corps de l'Empereur. Pendant vingt années qu'avait donc fait la mort... Pendant vingt années la mort avait respecté sa dépouille.

___________________________________________

Tout mon problème est là: ces deux textes, malgré de grandes ressemblances et des parties de phrases identiques, ne sont pas les mêmes.

Quelqu'un a-t-il un autre livre reprenant le témoignage de Coquereau, et pourrait-il me dire lequel de ces deux textes est le bon?

Merci!


:fleur:
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Message par ClaudeM » 01 Jan 2009 20:50

Ces deux textes sont de Coquereau. Le texte que j'ai transmis provient du
livre, "Souvenirs du voyage à Sainte-Hélène / par M. l'abbé F. Coquereau,...
Éditeur : H.-L. Delloye (Paris) édition : 1841",
l'autre (de mémoire), serait un document manuscrit, lettre, ou document
préparatoire.
Désolé de n'être pas plus précis, je laisse le dernier mot à Albertuk ou Pierre
Desmarest.
Et, bien sûr, (':sante:')
J'aurais mieux fait de rester en Egypte. Napoleon
ClaudeM
 
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Message par Frédéric Staps » 01 Jan 2009 21:50

Moi, tout ce que je peux dire, c'est que le texte des Souvenirs du voyage de Sainte-Hélène de Coquereau cité par ClaudeM est disponible sur Gallica.
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Message par CC » 01 Jan 2009 23:07

Grand merci à vous deux! :chef:

Ça correspond à ce que je supposais, mais je n'en étais pas du tout certaine.

Je peux donc compléter les données avec ces deux textes.


:fleur:
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Message par NapNap » 05 Jan 2009 2:08

Ses grosses épaulettes d'or étaient noircies, ainsi que la grande
plaque et quelques autres décorations qu'on distinguait
sur sa poitrine.


L'or ne s'oxyde pas.

Encore des questions, toujours des questions... ;)

Les épaulettes étaient-elles réellement en fils d'or?

La fumée de la soudure aurait-elle laissé un gaz oxydant à l'intérieur du cercueil?

Comment s'appelle le gaz produit durant la soudure au plomb?

La grande plaque était-elle en or ou en argent?

Oh là là... je n'avais pas pensez à cette affaire depuis fort longtemps.
Il faudrait réellement ouvrir le cercueil pour savoir. On pourrait en même temps faire le nécessaire pour préserver ce qui reste et faire une résonance magnétique ce qui nous permettrait de pouvoir reconstruire le squelette et les muscles du visage par la suite pour enfin se représenter Napoléon 1er comme il avait été à la fin de sa vie et encore plus...

Si la science peut le faire pour le papa d'Alexandre le Grand... je ne comprends pas pourquoi on s'obstine à ne pas le faire pour Napoléon.

Mais ils ne veulent pas, faut en faire son deuil... faut croire!
Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. -(Beaumarchais)
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Message par Albertuk » 07 Jan 2009 0:28

Cher NapNap

Comment va dans le grand froid canadien?

L'or ne s'oxyde pas.

C'est vrai mais les épaulettes n'ont pas dû être en or massif ! Leur coloration noircie pourrait venir du cuivre (alliage ou couche en dessous d'une pellicule d'or?) qui lui prend cette teinte en s'oxydant.

Encore des questions, toujours des questions...

Il y a pas mal de réponses plausibles toutefois à ces questions.

Les épaulettes étaient-elles réellement en fils d'or?

Vu la grosseur d'une épaulette, j'imagine que l'or n'était qu'une décoration superficielle. Voire cet or n'était pas à l'état brut mais plutôt un alliage genre vermeil ou autre. Il faudrait connaître les matériaux de cette époque pour fabriquer des épaulettes d'apparat.

La fumée de la soudure aurait-elle laissé un gaz oxydant à l'intérieur du cercueil?

Inutile de penser à cette fumée: l'air ambiant enfermé dans le cercueil était un oxydant.

Comment s'appelle le gaz produit durant la soudure au plomb?

La nocivité vient des émanations de plomb lui-même, je pense. D'un autre côté, tous ces métaux d'époque n'étaient pas purs donc selon l'alliage on peut penser à diverses émanations possibles, j'imagine. La soudure au plomb par exemple n'utilise pas du plomb à l'état pur mais plutôt mélangé à de l'étain (à notre époque, mais il faudrait vérifier celle des techniques de 1821).

La grande plaque était-elle en or ou en argent?

En or, je crois. Mais là encore il devait s'agir d'un alliage ou d'un placage or sur du cuivre, plutôt que de l'or massif. La rapport de Guillard dit: Les épaulettes, la plaque et les deux décorations attachées sur la poitrine n’avaient plus leur brillant ; elles étaient noircies. La couronne d’or de la croix d’officier de la légion d’honneur seule avait conservé son éclat.

Donc je pense que la grand plaque était un placage or sur cuivre (qui noircit en s'oxydant). Quant aux petites décorations, elles devaient être en or ou argent massif car elles avaient conservé leur brillant.

Oh là là... je n'avais pas pensez à cette affaire depuis fort longtemps.
Il faudrait réellement ouvrir le cercueil pour savoir. On pourrait en même temps faire le nécessaire pour préserver ce qui reste et faire une résonance magnétique ce qui nous permettrait de pouvoir reconstruire le squelette et les muscles du visage par la suite pour enfin se représenter Napoléon 1er comme il avait été à la fin de sa vie et encore plus...

Chacun se fait déjà une bonne idée de la représentation de Napoléon à la fin de sa vie, selon le masque mortuaire de son choix :D

Si la science peut le faire pour le papa d'Alexandre le Grand... je ne comprends pas pourquoi on s'obstine à ne pas le faire pour Napoléon.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme...

Mais ils ne veulent pas, faut en faire son deuil... faut croire

Attention "ils" nous écoutent (ou plutôt nous lisent)... Sans rire, je suis aussi d'accord avec BRH sur le point de l'ouverture, mais en fixant les règles, les buts et les moyens scientifiques bien au préalable par une commission médico-légalo-historique... car une fois ouvert, il ne restera plus rien du pauvre Nabulione ! Alors on lui doit bien quelques réflexions et consensus avant de le rendre définitivement à l'état de poussière.
Amicalement
Albert - UK
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