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Le mépris de l'espèce humaine
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Pour l'Histoire



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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
Sujet du message: Le mépris de l'espèce humaine
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"Je méprisais les hommes comme de la boue. Eh bien je ne les méprisais pas encore assez" (déclaration faite par Napoléon à son aide de camp Anatole de Montesquiou).
"Je n'ai jamais estimé les hommes et je les ai toujours traités comme ils le méritent ; mais cependant les procédés des Français envers moi sont d'une si grande ingratitude, que je suis entièrement dégoûté de l'ambition de vouloir gouverner" (déclaration faite par Napoléon aux commissaires dépêchés par les alliés pour l'accompagner jusqu'à l'île d'Elbe).
Citations extraites de Dominique de Villepin, Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice, Perrin, 2001, p. 22.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 07/09/2004 11:39
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Voici quelques unes de ses paroles que j'ai trouvées sur le site de B. Coppens : http://www.1789-1815.com/voltigeurs.htm

"Les voltigeurs ont été créés par moi pour profiter des petits hommes que la conscription ne pouvait atteindre. J'en ai profité pour opposer les petits hommes aux grands, comme j?opposerais les blancs aux noirs, comme je formerais des compagnies de bossus, s'il y en avait beaucoup.? (Napoléon, le 6 mai 1819 cité par le général Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène, t. 2, p. 348).

"Dans un pays où les bossus seraient communs et nombreux, il serait convenable de former des compagnies de bossus ; excitant ainsi leur amour-propre, il est probable qu'elles seraient très braves et prodigueraient leur vie?. (Napoléon, Dix-huit notes sur l'Ouvrage intitulé : Considérations sur l'art de la guerre, dans Correspondance, t. XXXI, p. 310)

Mais la meilleure est celle ci : "C'était une idée heureuse : les petits hommes opposés aux grands. Je disais aux voltigeurs : ? vous êtes des couyons : un grenadier vaut soixante voltigeurs. ? Je disais aux grenadiers : ? Vous n'êtes que de grands capons, bons pour manger, mais vivent les voltigeurs pour se battre ! ? Avec cela, on fait tuer tout le monde. Voilà la véritable éloquence militaire..."

Il parlait des soldats qu'il disait tant aimer

Cordialement

Frédéric

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric le 10/09/2004 07:13
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Les mauvaises langues pourraient considérer qu'après avoir gaspillé tous les hommes valides des territoires sous sa domination, il n'aurait peut être pas hésité a engager les femmes à combattre histoire de complèter les effectifs

Cordialement

Frédéric

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric le 10/09/2004 07:15
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Ces extraits illustrent plutôt le "cynisme" ou le "machiavélisme" que Napoléon affichait avec une certaine fierté. Il était convaincu de connaître la bonne méthode pour faire faire aux hommes ce qu'il voulait qu'ils fassent. Ses astuces sont pourtant très classiques. Tenir un double discours comme il expose qu'il le faisait est une méthode qu'il n'a pas inventée. Un siècle plutôt par exemple, Fénelon suggérait pour convertir de manière plus efficace les protestants de s'adresser à eux sur un ton conciliant et ouvert tout en faisant agir en sous-main la force publique afin de leur rendre désagréable le fait de rester protestant. Dans l'Emile, Rousseau préconisait lui aussi des méthodes similaires pour l'éducation des enfants.
L'opposition entre blancs et noirs dont parle Napoléon montre également qu'il aurait été prêt à stimuler les penchants les plus sombres des hommes (le racisme en l'occurence) pour servir ses projets.
Enfin, il est surprenant de constater qu'à deux reprises et apparemment à deux périodes différentes, Napoléon revient sur cette idée assez idiote de "compagnies de bossus". Crying or Very sad
Frédéric a écrit:
il n'aurait peut être pas hésité a engager les femmes à combattre histoire de complèter les effectifs

Qu'allez-vous imaginer là ? :napofou: Serait-ce vous qui vous cachez derrière l'admiratrice de la Légion étrangère qui sévit chez Albert ? Embarassed

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 10/09/2004 10:00
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Cynisme et machiavélisme, certainement, mais cette forme de manipulation des hommes pour finalement "faire tuer tout le monde" ne dénote t'elle pas d'un certain mépris vis à vis de l'être humain

Cordialement

Frédéirc

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric le 10/09/2004 10:26
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Frédéric a écrit:
cette forme de manipulation des hommes pour finalement "faire tuer tout le monde" ne dénote t'elle pas d'un certain mépris vis à vis de l'être humain

C'est peut-être tout simplement de l'humour noir.
Napoléon a écrit:
Avec cela, on fait tuer tout le monde. Voilà la véritable éloquence militaire...

Il y a quelque chose d'ironique dans sa conclusion. Mais il faut effectivement ne pas avoir trop de considération pour la vie des hommes pour ironiser de cette manière. Comme Napoléon reconnaissait lui-même qu'il méprisait les hommes comme de la boue, on peut même y voir un réel mépris.
Mais ce mépris avait-il des limites ? Napoléon s'incluait-il lui-même dans ces hommes qu'il méprisait ou se considérait-il comme le seul être qui ne soit pas méprisable ? Rolling Eyes

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 10/09/2004 11:53
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Citation:
L'opposition entre blancs et noirs dont parle Napoléon montre également qu'il aurait été prêt à stimuler les penchants les plus sombres des hommes (le racisme en l'occurence) pour servir ses projets.

Je ne sais pas si c'est le racisme qu'il désirait stimuler ou plutôt les différence. Le fait de "dresser" les grands contre les petits n'a rien à voir avec le racisme.
Peut être est ce votre propre opinion au sujet des noirs qui vous fait considérer cette phrase dans ce sens :wink:
Il semble plutôt vouloir agir sur l'orgueil des gens ou éventuellement sur les complexes que l'on peut concevoir devant une différence physique.
Ou encore sur l'envie de vouloir montrer que l'on est le meilleur.
Cela peut se comprendre si l'on considère le fait que lui même se considérait comme le meilleur ou avait envie de se montrer comme tel.

Citation:
Enfin, il est surprenant de constater qu'à deux reprises et apparemment à deux périodes différentes, Napoléon revient sur cette idée assez idiote de "compagnies de bossus".

Cette idée nous éclaire peut être sur la façon dont Napoléon envisageait de mener une bataille.
L'efficacité du soldat n'était peut être pas la première nécessité, l'essentiel étant plutôt d'avoir des effectifs nombreux près à mourir en fonçant.
Conception diamétralement opposée à celle des anglais qui favorisaient la qualité sur la quantité.

Cordialement

Frédéric

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric le 11/09/2004 07:16
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Frédéric a écrit:
Je ne sais pas si c'est le racisme qu'il désirait stimuler ou plutôt les différence.

Napoléon dit assez clairement qu'il opposerait les blancs aux noirs, sous-entendu, il mettrait en avant la différence de couleur de peau pour inciter au combat les blancs ou les noirs. En utilisant une telle différence, on en arrive nécessairement à mettre en avant la supériorité d'une couleur par rapport à une autre. Ce n'est pas nécessairement du racisme de la part de la personne qui utilise cette opposition, mais c'est néanmoins une utilisation des tendances "racistes" des hommes que l'on oppose et cette utilisation ne peut avoir pour effet que de renforcer ces tendances.
Frédéric a écrit:
Le fait de "dresser" les grands contre les petits n'a rien à voir avec le racisme.

Pas sûr. Il y a les grandes et les petites "races". :napofou:
Frédéric a écrit:
Peut être est ce votre propre opinion au sujet des noirs qui vous fait considérer cette phrase dans ce sens :wink:

Certainement. Comme je ne vois pas en quoi on peut raisonnablement opposer un noir à un blanc, il me paraît nécessairement malsain de le faire.
Frédéric a écrit:
Il semble plutôt vouloir agir sur l'orgueil des gens ou éventuellement sur les complexes que l'on peut concevoir devant une différence physique. Ou encore sur l'envie de vouloir montrer que l'on est le meilleur.

Le racisme ne repose-t-il pas sur les mêmes éléments ?
Frédéric a écrit:
Cela peut se comprendre si l'on considère le fait que lui même se considérait comme le meilleur ou avait envie de se montrer comme tel.

Quelle était l'opinion réelle de Napoléon sur ce point ? S'il avait été absolument certain d'être le meilleur, aurait-il eu besoin de rabaisser les autres ?
Frédéric a écrit:
Cette idée nous éclaire peut être sur la façon dont Napoléon envisageait de mener une bataille.
L'efficacité du soldat n'était peut être pas la première nécessité, l'essentiel étant plutôt d'avoir des effectifs nombreux près à mourir en fonçant.
Conception diamétralement opposée à celle des anglais qui favorisaient la qualité sur la quantité.

Il y a probablement du vrai dans ce que vous dites, mais je ne suis pas absolument sûr qu'on peut le déduire de son idée bizarre d'armée de bossus. Personnellement, j'aurais plutôt vu dans cette répétition une tendance de Napoléon à privilégier ses idées sur la réalité. Un jour, cette idée lui serait venue à l'esprit, elle l'aurait séduit peut-être par son côté inattendu et il l'aurait reprise plusieurs fois sans vraiment s'interroger sur sa faisabilité. Mais mon explication n'est pas nécessairement meilleure que la vôtre.
Peut-être cette idée lui est-elle venue à l'esprit simplement parce qu'à l'époque on avait davantage d'occasions de voir des bossus que de nos jours.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 11/09/2004 13:11
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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La calomnie n'atteint pas les aigles impériaux malgré l'energie de certains, qu'on se le dise.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Benjamin le 11/09/2004 19:07
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Posté le: 12 Juil 2015 18:13
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Ce n'est pas non plus en fermant les yeux sur les réalités d'une époque que l'on contribue le mieux à la connaissance d'un personnage. Il ne fait aucun doute qu'à l'époque de Napoléon, le principe de la supériorité de la race blanche sur les autres races est couramment admis par la majorité des gens. Donc quand Napoléon dit qu'il aurait pu utiliser l'opposition entre noirs et blancs si cela lui avait été utile, c'est bien à de telles idées qu'il pense. Lui-même ne partage peut-être pas entièrement cette idée - le texte cité ne nous le dit pas -, il se dit néanmoins prêt à l'utiliser pour ses intérêts et ne se déclare nullement prêt à la combattre. Cette analyse qui vous dérange peut-être n'a rien de calomnieux.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 12/09/2004 07:30
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Posté le: 12 Juil 2015 18:14
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Citation:
L'homme connaît l'homme et ses faiblesses. Son jugement, toujours aussi sûr et rapide, a pris depuis la première chute une teinte fataliste dont il ne se départira plus. Il avait rêvé les Français aussi grand que la France. Dorénavant, il prend les hommes tels qu'ils sont, et ne veut les juger qu'à l'aune de leur capacité et de leur utilité. Or, en cet instant, l'appui de Ney s'avère indispensable. Napoléon sait qu'il ne reculera pas devant la menace, enocre moins devant la force, mais cèdera à la flatterie, à condition qu'on le rassure en le persuadant qu'il agit pour le salut du pays. Face à ce dangereux rival, Napoléon parvient à faire preuve du réalisme nécessaire. Non seulement il se montre capable de masquer son mépris quand le jeu en vaut la chandelle mais encore, pour s'attirer les bonnes grâces de son ancien lieutenant, il multiplie les ouvertures et les émissaires, prenant soin de lui faire parvenir ses proclamations et une lettre personnelle par laquelle il lui fait part de son désir de l'accueillir en frère d'armes : "Je vous recevrai comme le lendemain de la bataille de la Moskova."
[...]
En désarmant Ney, dont il juge le ralliement méprisable car dicté par le seul intérêt, Napoléon pense qu'il a définitivement gagné son pari.

C'est en ces termes que Dominique de Villepin analyse de manière assez fine l'attitude de Napoléon à l'égard du maréchal Ney lors du retour de l'île d'Elbe. Analyse fine, mais en même temps très partisane. Dominique de Villepin relève avec insistance le mépris qui caractérise l'attitude de Napoléon mais considère en même temps que ce mépris est amplement justifié, sortant en cela d'une attitude neutre que l'on attendrait d'un historien. Dans la foulée, il approuve également le recours à une relative manipulation de la part de Napoléon pour rallier le maréchal. Cette prise de position qui transparaît dans cette approche surprend un peu dans la mesure où l'analyse qu'il fait de l'attitude du maréchal est nettement moins sévère dès qu'elle est envisagée indépendamment du jugement de Napoléon, mais finalement Dominique de Villepin élude la difficile confrontation entre une compréhension plus actuelle du comportement de Ney et la vision qu'en avait Napoléon sur le moment.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 23/12/2004 20:53
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