l'entourage de Napoléon à l'île d'Elbe - le médecin chef

L'Empereur a abdiqué. Il est à la tête d'une île ridiculement petite et cependant, il ne courbe pas l'échine.

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Diana
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l'entourage de Napoléon à l'île d'Elbe - le médecin chef

Message par Diana » 10 mai 2008 10:16

[…] Le docteur Foureau de Beauregard, dont la science médicale n’avait pas révélé le mérite, était à Paris, médecin des écuries impériales, et, à l’île d’Elbe, médecin en chef de l’Empereur. Il était ce qu’on appelle vulgairement « une commère »et, pour plaire à l’Empereur, il lui colportait exactement tous les caquetages bons ou mauvais, ce qui avait fini par le rendre suspect. Il était, d’ailleurs, trop obséquieux auprès de l’Empereur. Cette obséquiosité faisait contraste avec sa vanité envers les personnes qui lui étaient subordonnées. Disons un mot pris dans le domaine de la plaisanterie, ce sera une petite escapade d’historien.

L’Empereur était au bain : M. Foureau de Beauregard lui avait présenté un consommé, ce consommé était trop chaud, et, pour ne pas se brûler, l’Empereur le humait. Le médecin en chef voulut empêcher l’Empereur de humer son potage « parce qu’en le humant, il avalait des colonnes d’air, et que ces colonnes d’air pouvaient lui donner la colique ». L’Empereur, peut-être un peu impatienté, s’écria : « Docteur, quoi qu’en dise Aristote et sa docte cabale, à mon âge, l’on sait comment il faut boire, et vous pouvez m’épargner votre leçon. » M. Foureau de Beauregard dut cesser sa harangue. C’était, au fond, un brave homme, mais il ne savait pas se faire aimer, et, généralement on l’avait pris à tic, à ce que disait l’Empereur, défenseur-né de toutes les personnes impopulaires.[…]


Pons de l'Hérault
Le premier signe de l'ignorance, c'est présumer que l'on sait.
(Baltasar Gracián 1601-1646)
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