L'ambiance en 1810...

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L'ambiance en 1810...

Message par CC » 18 Avr 2009 14:59

Ambiance que de Villepin qualifie de détestable (et je veux bien le croire!)

Dominique de Villepin. La chute ou l'Empire de la solitude, p.166

Les courtisans tremblent de subir une des légendaires colères de l’Empereur : teint blême, œil foudroyant, gestes brusques, cris et insultes.
Pour essayer de comprendre l’ambiance détestable qui règne dans l’entourage impérial, on peut se reporter à la scène saisissante décrite par le général baron Thiébault dans ses vivants Mémoires. Elle se déroule à Compiègne en 1810.
Napoléon, après avoir passé en revue les courtisans prosternés sur son passage, s’arrête soudain. Croisant les bras sur sa poitrine, il fixe le parquet. Un silence de plomb s’établit, long, interminable pour les protagonistes. Soudain, le maréchal Masséna, duc de Rivoli, prince d’Essling, ose rompre le cercle et s’avance à pas lents vers l’Empereur :
« L’étonnement et la curiosité se peignirent sur toutes les figures ; la mienne ne put exprimer que la crainte ; l’attente, au reste, ne fut pas longue ; car à peine quelques mots, dits trop bas pour être entendus, eurent-ils été proférés par le maréchal que, sans lever ou détourner les yeux, sans faire un mouvement, l’Empereur articula d’une voix de tonnerre : « De quoi vous mêlez-vous ? » Et ce vieux maréchal, qui en dépit de sa gloire et de ses dignités, venait d’être humilié en face de l’Europe entière, au lieu de partir de suite et de rentrer chez lui cacher sa honte, regagna sa place sans répliquer et, ce qui acheva de me confondre, la regagna à reculons. Jamais je ne me suis senti plus mortifié, jamais le despote ne m’est apparu dans Napoléon avec plus d’arrogance et d’impudence. »
Pour finir, Napoléon « continua sa scène de statue encore quelques instants ; puis, comme sortant d’un rêve, il leva la tête, décroisa ses bras, jeta un coup d’œil examinateur sur tout ce qui l’entourait, se retourna sans rien dire à personne et rentra dans la salle de jeu. Sur un signe, l’impératrice jeta les cartes et se leva ; toutes les parties cessèrent et tout le monde fut debout. En passant devant Marie-Louise, il lui dit d’un ton assez sec : « Allons, Madame… » et continua à marcher, pendant qu’elle le suivait à trois pas en arrière de lui. »

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