Le départ: tout et son contraire.

L'Empereur a abdiqué. Il est à la tête d'une île ridiculement petite et cependant, il ne courbe pas l'échine.

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CC
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Le départ: tout et son contraire.

Message par CC » 25 août 2009 15:26

Le départ raconté par Pons de l'Hérault:

Sa Majesté était troublée ; cependant elle dit : « Bons Elbois. Adieu ! Je vous confie ma mère et ma sœur … Adieu, mes amis, vous êtes les braves de la Toscane ! » Et faisant un effort sur elle-même, elle se jeta presque machinalement dans le canot.
Toutes les embarcations du pays suivirent jusqu’au brick. Le brick appareilla immédiatement ; la flottille était déjà sous voile. C’est ainsi que finit le règne impérial de l’île d’Elbe.


Et voici ce même départ raconté par Georges Blond:

Un coup de canon venant de l’Inconstant : l’Empereur vient de monter à son bord.

Le brick devait appareiller aussitôt, mais pas un souffle de vent. La nuit est magnifique. La mer s’argente sous le bleu profond du ciel étoilé. La lune à son premier quartier s’est levée. De Porto Ferrajo toujours illuminée, on aperçoit la flottille immobile sur l’eau calme : l’Inconstant, le Saint-Esprit, la Caroline, les chebecs l’Etoile et le Saint-Joseph, plus deux felouques. Belle nuit, mais si ce calme se prolonge, ce peut être la ruine de tout espoir. Il faut à tout prix prendre une avance pour pas risquer de rencontrer la Partridge ramenant Campbell de Livourne. Or une heure s’écoule, deux heures, rien. Les voiles hissées pendent inertes. On attend. Napoléon va et vient sur le pont arrière, sans un mot. Des matelots travaillent en silence à ranger tout ce qui pourrait gêner les manœuvres. 11 heures, toujours pas un souffle. Napoléon adresse un signe à Bertrand et descend dans sa chambre. Il se couche dans un de ses petits lits de campagne qu’on lui a préparé. Bertrand s’étend à côté sur un matelas posé à terre.
Les lumières de Porto Ferrajo luisent toujours.. reflétées dans l’eau. Les habitants continuent à regarder la flottille. L’Inconstant sous ses voiles mortes, a l’air d’un vaisseau fantôme. Napoléon prétend affronter l’énorme puissance de l’Europe coalisée avec douze cents hommes, quatre canons et moins de deux millions de francs. Et il est allé dormir.

A minuit, la mer fait entendre comme un léger clapot. Les voiles pendantes bougent un peu, puis commencent à se gonfler. Le vent se lève.


Tout un paragraphe pour dire que Napoléon prend tout son temps et même qu'il va dormir. :|

Est-ce bien Napoléon qui est parti ce soir-là?

Pons était un témoin direct, Georges Blond évidemment pas.
Wikipedia ne le présente pas comme historien mais comme journaliste et un écrivain français. ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Blond )

Il doit peut-être y avoir un juste milieu entre le "immédiatement" et le "il s'est endormi". Je vais voir ça chez d'autres témoins ou biographes.
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général BERTRAND
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Message par général BERTRAND » 03 déc. 2009 2:32

Selon d'autres écrivains ( Bartel, Christophe, Gruyer... ) ce n'est qu'à hauteur de Capraia que le vent fit se gonfler les voiles de la petite flottille... :shock:
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