Napoléon et la religion

Pour parler ici des habitudes de l'homme Napoléon, de ses préférences et de ses aversions, mais aussi de ses proches, des familiers, des contemporains, des militaires.
Pour aborder les habitudes, les grands évènements, le mode de vie...
Pour poser vos questions sur la période du Premier Empire.

Napoléon et la religion

Message par Jean » 12 Juil 2015 18:05

Napoléon croyait-il en Dieu ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 07/08/2004 08:43
Jean
 

Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:06

Il n'y a pas d'unanimité sur cette question. Comme bien souvent, Napoléon a fait des déclarations contradictoires. Dans son livre Napoléon et la pensée de son temps. Une histoire intellectuelle singulière (Paris, La Boutique de l'Histoire, 2000), Antoine Casanova citait plusieurs paroles de Napoléon qui tendait à démontrer que celui-ci était athée. Il citait notamment le récit où Napoléon expliquait qu'en entendant vers l'âge de 11 ou 13 ans, un prédicateur dire dans son prêche que Jules-César et Caton, n'ayant pas été baptisés, étaient nécessairement damnés, il avait été indigné et que cela l'avait amené à prendre distance par rapport aux croyances religieuses. D'autres passages confirmaient cette opinion.
Certaines citations connues de Napoléon montrent également son approche de la religion :
Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole.
Nulle société ne peut exister sans morale. Il n'y a pas de bonne morale sans religion. Il n'y a donc que la religion qui donne à l'Etat un appui ferme et durable.

La religion lui apparaît davantage comme un facteur d'ordre social que comme un moyen de répondre à des questions existentielles. Mais il a dit aussi :
L'homme n'est jamais si grand qu'à genoux devant Dieu.

Par ailleurs, certains témoignages font état des convictions religieuses de Napoléon.
Garcinion a écrit :Napoléon était Catholique, et sa dernière époque s'est caractérisée par un redoublement de sa sensibilité de croyant. Pour qui refuserait de le croire, je dirai qu'une bonne source sont les anecdotes racontées par le Lieutenant H.G. Wood du 20ème Régiment, qui nous apprend entre autres choses la préoccupation de certains Anglais face aux convictions très catégoriques de l'Empereur, qui, je cite "était très bigot", et croyait que "personne ne pouvait se sauver hors de l'Église Catholique Romaine", ce qui déjà à l'époque choquait quelques esprits apparement...

L'empereur "athée" utilisant la religion comme un instrument de gouvernement se serait-il transformé en exilé "bigot" ?
Les épreuves et l'approche de la mort peuvent modifier les hommes sur ce point. Un retour à la religion, une fois qu'il était retombé de là où il était monté si haut par ses propres forces, est donc une hypothèse envisageable.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 07/08/2004 09:23
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Message par Cipriani » 12 Juil 2015 18:06

il a tenu à mourir dans la religion catholique dans laquelle il avait été élevé pour la tradition et a déclaré peu de temps avant de mourir qu'il croyait en un dieu j'ai pas la citation en tête mais on sentait en gros l'influence du dieu voltairien, en gros c'est pas possible qu'un bazar comme celui la qu'est l'univers n'ait pas d'horloger


tiens je voudrais rebondir là-dessus dans l'émission des bogdanov avant-hier évoquant l'avant big bang et l'expansion de l'univers, celui ci était donc avant l'explosion initiale plus petit (beaucoup plus petit qu'une tête d'épingle : 1 milliard au moins plus petit qu'un grain de poussière c'est ce que les scientifiques appellent le mur de planck qui est la limite physique de l'extrêmement petit (l'infiniment petit n'existe donc pas stricto sensu il a une limite un truc dans le genre 10 puissance - 33 mètres ou centimètres bref c'est quand même pas bien grand) donc l'ensemble des galaxies, de l'univers tout ça potentiellement dans un truc aussi petit pas de matière mais un concentré d'informations et d'énergie, pas de temps non plus ni d'espace (parait que la fameuse formule d'einstein explique tout :oops:) qui pète et qui depuis ne finit pas de s'expanser (à tel point que l'univers pourrait un jour, pas demain je vous rassure "mourir" de cette expansion infinie à moins là aussi qu'il y ait une limite à l'infiniment grand) tout ça pour en venir à ceci : l'homme a créé des dieux, des mythologies qui ont emerveillé mais aussi rendu incrédules pas mal de monde qui ont rejetté ces fadaises des temps obscurs (c'est un peu les propos de karl par exemple) pourtant cette "réalité" scientifique (enfin ça reste quand même théorique les scientifiques sont prudents parlent plus d'une hypothèse que d'une réalité dure comme le marbre) est de mon point de vue encore plus fantastique et INCROYABLE que l'ensemble des mythologies de la cosmogènèse non ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Cipriani le 07/08/2004 09:47
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Message par Jean » 12 Juil 2015 18:06

Cipriani a écrit :un concentré d'informations et d'énergie, pas de temps non plus ni d'espace

En fait, il y a un "temps" mais le "concentré d'informations et d'énergie" ne subit pas le temps.
Cipriani a écrit :encore plus fantastique et INCROYABLE que l'ensemble des mythologies de la cosmogènèse non ?

Moi je crois à ce que je vois, à la réalité, à la science et à la démonstration logique. Je ne crois à rien d'autre. Sinon, je vous pose la question : comment est apparu Dieu, et là j'attends votre réponse ! J'ai même du mal lorsque les mathématiciens posent leurs conditions et hypothèses, ça prouve que ça ne marche pas tout le temps, donc ce sont des coïncidences.

La religion n'explique rien, c'est le contraire.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean le 07/08/2004 12:40
Jean
 

Message par Cipriani » 12 Juil 2015 18:06

dieu est incréé ça parait assez évident, de même la théorie du big bang n'explique pas qui a créé ce minuscule aggloméré d'énergie et d'information à l'origine de tout. Le zen (boudhiste donc "athée") dit en anglais IT IS ; qu'on l'appelle dieu ou tout autre chose ou même qu'on ne le nomme pas comme fais le zen la force ou l'ensemble des forces qui régissent l'univers sont certainement incrées parce que quelque chose qui nait du rien absolu ça défie tout entendement qu'il soit religieux ou scientifique

je peux me tromper mais justement je crois que le boudhisme est qualifié d'athée car il n'y a pas de théorie de la création chez lui il y a et ce il y a est en perpétuellement changement de là découle une philosophie du non attachement à ce qu'il y a puisque ce qu'il y a change tout le temps et que cet attachement à un objet impossible puisque temporel rend malheureux
là où ça devient compliqué c'est qu'il n'y a pas de penseurs mais des pensées qui générent l'illusion qu'il existe des penseurs (ce qu'on appelle en anglais (parce que les bouquins sur le zen je les ai lus principalement en anglais : steam of consciousness) et par exemple j'ai jamais bien compris ce qui se réincarnait ni donc ce qui subissait la loi karmique

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Cipriani le 08/08/2004 10:29
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:06

Ouais, mais avec tout ça, on est assez loin des convictions religieuses de Napoléon. :?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 08/08/2004 19:32
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Message par Cipriani » 12 Juil 2015 18:06

tulard dico napoléon "il est difficile de voir en lui (napo of course), sur le plan religieux, un croyant. Sa conception de Dieu et de la religion rejoint celle de voltaire : le christianisme est un facteur d'ordre social. il se fût fait musulman sans problème."



http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliotexte/html/france.napoleon.html

BONAPARTE ET L'EGLISE CATHOLIQUE D'APRES THIBAUDEAU


« Le 21 prairial [an IX = 10 juin 1801], le conseiller d'Etat N... [ Thibaudeau ] dînait à la Malmaison. Après le dîner, le Premier Consul l'emmena seul avec lui dans le parc, et mit la conversation sur la religion. Il combattit longuement les différents systèmes des philosophes sur les cultes, le déisme, la religion naturelle, etc. Tout cela n'était, suivant lui, que de l'idéologie. Il cita plusieurs fois Garat à la tête des idéologues. « Tenez, dit-il, j'étais ici dimanche dernier, me promenant dans cette solitude, dans ce silence de la nature. Le son de la cloche de Rueil vint tout à coup frapper mon oreille. Je fus ému ; tant est forte la puissance des premières habitudes et de l'éducation. Je me dis alors : quelle impression cela ne doit-il pas faire sur les hommes simples et crédules ! Que vos philosophes, que vous idéologues répondent à cela ! Il faut une religion au peuple. Il faut que cette religion soit dans la main du gouvernement. Cinquante évêques émigrés et à la solde de l'Angleterre conduisent aujourd'hui le clergé français. Il faut détruire leur influence ; l'autorité du Pape est nécessaire pour cela. Il les destitue, ou leur fait donner leur démission. On déclare que la religion catholique étant celle de la majorité des Français, on doit en organiser l'exercice. Le Premier Consul nomme cinquante évêques, le pape les institue. Ils nomment les curés, l'Etat les salarie. Ils prêtent serment. On déporte les prêtres qui ne se soumettent pas. On défère aux supérieurs pour les punir ceux qui prêchent contre le gouvernement. Le pape confirme la vente des biens du clergé ; il sacre la République. On chantera : salvam fac rem gallicam. La bulle est arrivée. Il n'y a que quelques expressions à changer. On dira que je suis papiste ; je ne suis rien ; j'étais mahométan en Egypte, je serai catholique ici pour le bien du peuple. Je ne crois pas aux religions... Mais l'idée d'un Dieu... » et levant ses mains vers le ciel : « Qui est-ce qui a fait tout cela ? »

N...parla à son tour, car jusque-là il avait écouté sans dire mot. « Discuter la nécessité d'une religion, c'est déplacer la question. J'accorde même l'utilité du culte. Mais un culte peut exister sans clergé. Car des prêtres ou un clergé sont deux choses bien différentes. Il y a dans un clergé une hiérarchie, un même esprit, un même but ; c'est un corps, un pouvoir, un colosse. Si ce corps avait pour chef le chef de l'Etat, il n'y aurait que demi-mal ; mais s'il reconnaît pour chef un chef étranger, alors c'est un pouvoir. Jamais la situation de la France n'a été plus favorables pour faire une grande révolution religieuse. Vous avez maintenant les constitutionnels, les vicaires apostoliques du Pape, les évêques émigrés en Angleterre et bien des nuances dans ces trois divisions ; et la plus grande partie de la nation est dans l'indifférence. »

« - Vous vous trompez, le clergé existe toujours, il existera tant qu'il y aura dans le peuple un esprit religieux et cet esprit qui lui est inhérent. Nous avons vu des républiques, des démocraties, tout ce que nous voyons, et jamais d'Etat sans religion, sans culte, sans prêtres. Ne vaut-il mieux pas organiser le culte et discipliner les prêtres que de laisser les choses comme elles sont ? Maintenant les prêtres prêchent contre la République ; faut-il les déporter ? Non, car pour y parvenir, il faudrait changer tout le système de gouvernement. Ce qui le fait aimer, c'est son respect pour le culte. On déporte des Anglais et des Autrichiens ; mais des Français qui ont leurs familles et qui ne sont coupables que d'opinions religieuses, cela est impossible. Il faut donc les rattacher à la République. »



http://membres.lycos.fr/histoiredefrance/articles/evenementstextes/Testamentnapoleon.htm

1 - Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né, il y a plus de cinquante ans.


lu ça aussi ici : http://www.insecula.com/musee/M0119.html

Napoléon instituera les fondements des droits et devoirs de la Nation envers ses morts. Réglant le cas des mécréants, athées, suicidés et autres comédiens, trop souvent encore exclus de l'Eglise, il ordonne que "chaque citoyen a le droit d'être enterré quelle que soit sa race ou sa religion". Les sépultures des protestants, juifs, musulmans et orthodoxes côtoieront celle des catholiques


par contre pas trouvé ce que j'avais lu des déclarations de napoléon sur dieu à l'un des "évangélistes" de sainte-hélène...le jour où je tomberai dessus par hasard je compléterai la rubrique

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Cipriani le 08/08/2004 23:57
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Message par Cipriani » 12 Juil 2015 18:06

trouvé ça sur le forum d'albert martin :

"Je suis bien loin d'être athée"
(Bonaparte, 1802)


posté par l'ami cyril drouet

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Cipriani le 09/08/2004 01:06
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:06

Cipriani a écrit :Nous avons vu des républiques, des démocraties, tout ce que nous voyons, et jamais d'Etat sans religion, sans culte, sans prêtres.

Napoléon a-t-il signé le Concordat par manque d'imagination ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 12/08/2004 07:06
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Message par Cipriani » 12 Juil 2015 18:06

robespierre en son temps a bien tenté d'innover avec son culte de l'être suprême...on ne peut pas dire que ce fut une franche réussite...mieux valait en revenir aux fondamentaux, ça manque peut-être d'imagination, mais au niveau du pragmatisme "ça l'fait"

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Cipriani le 12/08/2004 23:03
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:06

Le petit père Combes avec sa loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat innovera peut-être davantage. Ce qui est dérangeant, me semble-t-il, dans l'attitude de Napoléon, c'est cette volonté d'instrumentaliser la religion pour en faire un des rouages de sa politique. Sa manière de considérer que ses sujets sont trop crétins pour pouvoir se comporter correctement sans la peur de l'enfer est extrêmement méprisante - mais ça, ce n'est pas nouveau, Napoléon n'avait pas d'estime pour grand monde - et passablement cynique. La religion et la politique sont deux domaines distincts. La récupération de la première par la seconde n'est pas nécessairement meilleure que la soumission de la seconde à la première.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 13/08/2004 07:05
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Message par Jean-Yves » 12 Juil 2015 18:06

Staps a dit : Sa manière de considérer que ses sujets sont trop crétins pour pouvoir se comporter correctement sans la peur de l'enfer est extrêmement méprisante
Le nombre de sectes , de nos jours, ne prouve t-il pas que l'homme a besoin de croire en un être supérieur et que ce beson est si fort que rsue a religion officelle finit par le décevoir il est prêt à se tourner vers n'importe quelle croyance pouvant lui donner satisfaction ? Attitude confirmant le jugement de Napoléon.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Jean-Yves le 28/12/2004 22:03
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:06

Jean-Yves a écrit :Le nombre de sectes , de nos jours, ne prouve t-il pas que l'homme a besoin de croire en un être supérieur et que ce beson est si fort que si la religion officielle finit par le décevoir il est prêt à se tourner vers n'importe quelle croyance pouvant lui donner satisfaction ?

De nos jours, le phénomène le plus marquant n'est pas l'apparition d'une multitude de "sectes" auxquelles les hommes adhèreraient en masse, mais plutôt le déclin persistant des pratiques religieuses. Malgré la phrase célèbre de Malraux (si je ne m'abuse) "le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas", on continue à assister à une augmentation du nombre de personnes qui ne se rattachent plus à aucune religion, ce qui ne veut pas dire nécessairement que ces mêmes personnes ne gardent pas parfois un fond de croyances à connotation religieuse que d'aucuns rangent parmi ce qu'on appelle les superstitions.
A propos des "sectes" comme vous les appelez, il faut peut-être souligner que pour les siècles passés, on parle plus volontiers de "dissidences religieuses", ce qui est moins connoté négativement.
Jean-Yves a écrit :Attitude confirmant le jugement de Napoléon.

On prête bien souvent à l'église du Moyen Age le noir projet d'avoir entretenu les hommes dans l'obscurantisme de la religion afin d'exercer un pouvoir totalitaire sur eux. Cela supposerait que les élites de l'époque n'auraient pas cru elles-mêmes à ce qu'elles essayaient d'inculquer au peuple. Rien ne permet pourtant de confirmer une telle théorie. En ce qui concerne Napoléon par contre, il a exprimé ouvertement cette idée que l'on pouvait utiliser la religion comme instrument de domination des masses sans y croire soi-même. Il se trompait pourtant. Le phénomène de déchristianisation avait déjà été enclenché et la récupération du pouvoir de la religion au profit de l'Etat qu'il envisageait allait à contre-courant de cette évolution contre laquelle il n'a rien pu faire.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 29/12/2004 06:58
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Message par savinien » 12 Juil 2015 18:07

Quoique l'Eglise essaie de se réformer et quand l'on voit des rassemblements tel que les JMJ , elle n'a pas encore perdu la partie !

Superstition, je n'irais pas jusque là ! J'ai l'impression que la mode actuelle est au "oui je crois en Dieu , mais la messe et les pratiques cathos m'ennuient " on assiste donc à une foie que je qualifierait de désordonnée ou les grands principes des grandes religions se mêlent allègrement .

Par contre l'islam n'est'il pas en train de vivre un renouveau ?

Posté sur le forum Pour l'Histoire par savinien le 29/12/2004 07:24
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Message par Frédéric Staps » 12 Juil 2015 18:07

savinien a écrit :Quoique l'Eglise essaie de se réformer

Alors que Jean XXIII avait inauguré avec le concile Vatican II une importante réforme de l'Eglise, il y avait déjà eu des premiers signes de raidissement avec la désignation de Paul VI et sous le pontificat de Jean-Paul II, "super-pape", on a plutôt assisté à un repli autoritaire. Plusieurs condamnations sont tombées : la théologie de la libération, le théologien Hans Kung, Mgr Gaillot et pour faire bonne mesure, le mouvement intégriste. La canonisation contestée et contestable du fondateur de l'Opus Dei est également un élément qui traduit cette tendance.
savinien a écrit :et quand l'on voit des rassemblements tel que les JMJ

Les JMJ relèvent plus du show médiatique et de la starification de la personne du pape que de l'événement spirituel et religieux.
savinien a écrit :elle n'a pas encore perdu la partie !

C'est bien là qu'est l'un des principaux problèmes. Tant que les enjeux religieux seront perçus comme relevant d'un combat ou d'une partie à gagner, on continuera à assister à des dérives intolérantes.
savinien a écrit :Superstition, je n'irais pas jusque là !

Moi bien. Je ne parviens pas à comprendre la persistance de croyances en des choses aussi absurdes que l'astrologie ou les prédictions de Nostradamus. J'avais apprécié le premier Poltergeist parce que j'y avais vu une parodie à prendre au second degré, mais j'ai constaté ensuite que ce n'était pas de cette manière que le percevaient la majorité des spectateurs.
savinien a écrit :J'ai l'impression que la mode actuelle est au "oui je crois en Dieu , mais la messe et les pratiques cathos m'ennuient " on assiste donc à une foie que je qualifierait de désordonnée ou les grands principes des grandes religions se mêlent allègrement .

J'ai pour ma part l'impression que cette approche était celle de la génération des années 1960-1970 qui avait eu une éducation religieuse encore assez traditionnelle, mais qui s'était en grande partie détournée de la religion. Les nouvelles générations nées de parents ayant justement connu cette évolution n'ont pour la plupart plus reçu d'éducation religieuse de leurs parents. Je ne sais pas très bien quelle peut être leur attitude à l'égard de la religion, mais j'ai néanmoins l'impression qu'elle doit être un peu différente de celle que vous décrivez.
savinien a écrit :Par contre l'islam n'est'il pas en train de vivre un renouveau ?

C'est surtout d'un point de vue politique que l'Islam semble connaître un regain dans un sens parfois assez radical, mais cette radicalisation politique peut traduire une crise profonde du point de vue religieux et apparaît comme une réponse assez inadaptée à la modernisation de la société. On a assisté de la même façon à une radicalisation dans le cadre des guerres de religion qui a agité la France au XVIe siècle et qui, à terme, a mené à un déclin de la religion.

Posté sur le forum Pour l'Histoire par Frédéric Staps le 29/12/2004 08:15
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