Retour en France et Congrès de Vienne.

L'Empereur a abdiqué. Il est à la tête d'une île ridiculement petite et cependant, il ne courbe pas l'échine.

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CC
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Retour en France et Congrès de Vienne.

Message par CC » 17 juil. 2006 10:52

Pour revenir à ce que disait Montholon, à propos de Cipriani:
Montholon a écrit : "l’Empereur prit sur l’heure la résolution de rentrer en France sans attendre le retour de Cipriani, qu’il avait expédié en mission spéciale. S’il l’eût attendu, il n’aurait quitté l’île d’Elbe qu’après la dissolution du congrès et le retour de l’empereur Alexandre en Russie. On reste confondu, quand on considère ce qui aurait pu arriver si les choses se fussent ainsi passées ; car alors, plus de déclarations de congrès, plus d’unité dans les résolutions des souverains ! Que de chances de plus pour l’Empereur !"
voici la déclaration dont question:
DECLARATION DU CONGRES DE VIENNE SUR L'INVASION DE NAPOLEON BONAPARTE DU 13 MARS 1815

Les puissances qui ont signé le Traité de Paris, réunies en congrès à Vienne, informées de l’évasion de Napoléon Bonaparte et de son entrée à main armée en France, doivent à leur propre dignité et à l’intérêt de l’ordre social une déclaration solennelle des sentiments que cet événement leur a fait éprouver.

En rompant ainsi la convention qui l’avait établi à l’île d’Elbe, Bonaparte détruit le seul titre légal auquel son existence se trouvait attachée. En reparaissant en France, avec des projets de troubles et de bouleversements, il s’est privé lui-même de la protection des lois, et a manifesté, à la face de l’Univers, qu’il ne saurait y avoir ni paix ni trêve avec lui.

Les puissances déclarent, en conséquence, que Napoléon Bonaparte s’est placé hors des relations civiles et sociales, et que, comme ennemi et perturbateur du repos du Monde, il s’est livré à la vindicte publique.
Or, Montholon toujours:
Montholon a écrit :L’Empereur était parti le 26 février au soir ; Cipriani arriva à Porto-Ferrajo le 27 ; il apportait des nouvelles du congrès et des dépêches de Vienne qui démontraient toute l’importance qu’il y avait à différer de quinze jours le départ de l’expédition.

L'Empereur n'avait-il aucune patience?
Ne faisait-il pas assez confiance à son espion Cipriani?
Il n'était tout simplement pas homme à se laisser dicter sa conduite, même s'il s'agissait du plus élémentaire conseil de prudence?
Ou alors se trouvait-il au-dessus des décisions de ce parterre de rois?
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Joker
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Message par Joker » 01 août 2006 15:27

La décision de prendre le départ avait été prise et Napoléon n'était pas homme à revenir aisément sur ce genre de choses.
Sans doute craignait-il aussi que les circonstances qui favorisèrent sa fuite ne se représenteraient pas de sitôt.
Il redoutait également que le Congrès de Vienne ne prenne des mesures plus radicales à son égard et il a sans doute préféré anticiper.
Les hypothèses susceptibles d'expliquer ce départ précipité ne manquent pas...
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Fabrice Hemery
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Message par Fabrice Hemery » 17 août 2006 21:24

Pouvez me dire quelle est le contenu du traité de Paris dont la déclaration du congrès de vienne du 13 mars 1815 fait état ?
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Joker
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Message par Joker » 17 août 2006 22:18

Le Traité de Paris date du 30 mai 1814.
Il vise à réorganiser l'Europe sur les ruines du Grand Empire de Napoléon et réunit les quatre grandes puissances de l'époque.
Si on le compare aux traités imposés par Napoléon à l'Autriche en 1805 et 1809 et à la Prusse en 1807, celui de 1814 est d'une incroyable modération pour la France.
On ne lui réclame aucune indeminité de guerre.
On lui rend ses colonies, à l'exception de l'île de France (Maurice), de Tobago et de Sainte-Lucie.
En revanche, Malte devient anglaise.
La France s'engage également à abolir la traite des esclaves dans un délai de cinq ans.
Territorialement, elle améliore ses positions défensives au nord et à l'est.
Elle est même un peu plus grande qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Par rapport à ses frontières de 1792, elle s'accroît d'un morceau de Sarre et de Palatinat, du pays de Gex, d'une partie de la Savoie avec Chambéry et Annecy.
Les alliés lui reconnaissent la propriété d'Avignon, de Montbéliard, de Mulhouse et, en Alsace, de toutes les enclaves allemandes dont elle s'értait emparée pendant la Révolution.
Talleyrand obtient même la conservation des tableaux et objets d'art "prélevés" dans toute l'Europe au fil des campagnes de la Révolution et de l'Empire.
Mais en contrepartie, la France doit abandonner la Belgique qui passe à la maison d'Orange et l'Italie.

Satisfait de ce qu'il avait pu obtenir à force de diplomatie, Talleyrand aura cette phrase : "Avec le retour des Bourbons, la France cesssait d'être gigantesque pour devenir grande."
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Message par fulub » 21 août 2006 7:17

L'année précédente, après l'abdication de l'empereur à Fontainebleau, les vainqueurs avaient permis à la France, par le premier traité de Paris (30 mai 1814), de conserver ses frontières de 1792. Ils s'étaient contentés de lui enlever les conquêtes de la Révolution tout en lui laissant Mulhouse, Montbéliard, le comtat Venaissin, la Savoie, les forteresses de Marienbourg, Philippeville, Sarrelouis et Landau, ainsi que la plupart de ses colonies à l'exception de l'île de France (qui deviendra l'île Maurice), Sainte-Lucie et Tobago, dans les Antilles.

En dépit de ses maladresses de langage, celui-ci se montre d'emblée prêt à tous les arrangements. Il définit par une Charte un gouvernement relativement démocratique et réfrène les ultras-royalistes, désireux d'en découdre avec les anciens révolutionnaires.

Cependant sur l'île d'Elbe dont il est devenu le prince, en conservant le titre d'empereur (!), Napoléon 1er cultive la nostalgie de sa famille, du pouvoir et de la guerre. Son épouse Marie-Louise n'a pas attendu son abdication de Fontainebleau pour s'enfuir à Vienne auprès de son père l'empereur d'Autriche, en emmenant le petit «Aiglon», son fils.

Malgré un revenu de 2 millions de francs octroyé par les vainqueurs, l'empereur appréhende l'avenir et se laisse convaincre que les Français n'attendent que son retour. C'est ainsi qu'il débarque par surprise à Golfe-Juan avec 900 grenadiers et profite du mécontentement latent chez les paysans pour s'emparer du pouvoir et chasser les Bourbons.

Malgré l'invocation de la Liberté et de la Révolution par l'ancien autocrate, cette escapade dure à peine Cent jours avant de s'achever à Waterloo par la défaite militaire (18 juin 1815).
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Frédéric Staps
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Message par Frédéric Staps » 21 août 2006 8:08

Quand on cite un texte, il faut en indiquer l'origine. :cry:
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Message par CC » 21 août 2006 12:40

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Message par Joker » 21 août 2006 14:02

Omission réparée avec la divulgation de mes sources.
L'ouvrage dont je me suis inspiré pour rédiger mon post sur le Traité de Paris est la biographie que Waresquiel a consacré à Talleyrand. :wink:
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Message par CC » 21 août 2006 14:06

Merci Joker!

:fleur:
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Message par Joker » 21 août 2006 14:15

Pas de quoi !
Le titre exact est "Talleyrand, le prince immobile" par Emmanuel de Waresquiel, paru aux éditions Arthème Fayard en 2003.
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